François Hollande tente de prendre la main dans la campagne

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FRANÇOIS HOLLANDE TENTE DE REPRENDRE LA MAIN DANS LES SONDAGES
FRANÇOIS HOLLANDE TENTE DE REPRENDRE LA MAIN DANS LES SONDAGES

PARIS (Reuters) - François Hollande a dévoilé mercredi son "agenda du changement" pour redonner du nerf à sa campagne à la veille de l'annonce par son grand rival, Nicolas Sarkozy, de son propre programme.

Le candidat socialiste, désormais au coude à coude avec le président sortant dans les sondages pour le premier tour de l'élection présidentielle, après avoir longtemps fait la course en tête, a détaillé le calendrier de mise en oeuvre des mesures qu'il entendait rapidement appliquer en cas de victoire.

Elaboré par son équipe de campagne sous la houlette de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, le document, basé sur les "60 engagements" pris dès janvier par François Hollande, a été diffusé avant un grand meeting prévu en fin de journée à Rennes, avec son ancienne compagne Ségolène Royal, présenté par son entourage comme un "temps fort".

Parmi les mesures considérées comme prioritaires, sont citées notamment la réduction de 30% des rémunérations des ministres et du chef de l'Etat, la signature d'une "charte de déontologie" plafonnant les effectifs des ministères, l'augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire et le blocage pour trois mois des prix du carburant.

Même s'il n'y a dans cet agenda aucune mesure qui n'ait pas déjà été annoncée auparavant, la réaction de la majorité n'a pas traîné, par la voix du secrétaire général de l'UMP.

"C'est un projet totalement décalé des exigences de notre pays dans cette crise et totalement irresponsable", a jugé Jean-François Copé sur LCI. "L'énorme avantage, c'est que maintenant le sérum de vérité est sur la table, il ne peut plus se dissimuler."

SARKOZY IRONISE

Nicolas Sarkozy, qui détaillera jeudi son programme lors d'une conférence de presse à Paris, s'est amusé pour sa part du moment choisi par son adversaire pour annoncer ce que serait l'emploi du temps des premières semaines de sa présidence.

"Il a dû se presser", a commenté le président sortant lors d'un court département à la Réunion, département français de l'océan Indien et fief de la gauche. "Ce n'était pas prévu à son calendrier, j'ai dû l'inspirer".

En progression dans les sondages mais toujours donné largement battu par François Hollande au second tour, Nicolas Sarkozy est porté, selon ses partisans, par une dynamique qu'il tentera de prolonger jeudi.

Le projet qu'il présentera sera "construit autour de trois valeurs : travail, autorité, responsabilité", confie sa porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, dans un entretien accordé au quotidien économique Les Echos à paraître jeudi.

L'ancienne ministre de l'Ecologie profite de l'occasion pour adresser un nouvel appel du pied au candidat centriste François Bayrou, dont le souhait de rejouer le rôle du "troisième homme" paraît compromis.

"Je constate que François Bayrou met en avant la lutte contre la dette et les déficits", dit-elle. "S'il compare le projet de Nicolas Sarkozy et celui de François Hollande, il n'aura pas à hésiter très longtemps. D'un côté, il trouvera une exigence de vérité sur la situation du pays et de constance dans l'action pour rétablir l'équilibre des finances publiques. De l'autre, il ne trouvera que flou et addiction à l'impôt".

BATAILLE DE "CHEFS"

Le chef de l'Etat s'est évertué ces derniers jours non seulement à railler le projet socialiste mais aussi à contester la capacité de décision de François Hollande.

Dans une longue interview à Paris Match, l'ancien patron du Parti socialiste répond en livrant sa description de l'autorité.

"J'ai toujours exercé un leadership", dit-il. "Il y a le chef qui fait peur, qui brutalise, qui soumet, et le chef qui fixe la direction à suivre, rassemble et donne confiance. Ce qui fait l'autorité, c'est l'espérance que celle-ci permet de lever, le respect qu'elle confère. Pas sa proclamation".

François Hollande, qui dit avoir été inspiré par Nelson Mandela, Barack Obama et, plus original, Helmut Kohl, a d'autres chats à fouetter que Nicolas Sarkozy ces temps-ci.

Il doit se méfier, sur sa gauche, de la poussée de Jean-Luc Mélenchon, qui explique en partie le recul du candidat socialiste en intentions de vote pour le premier tour.

Le président du Front de gauche prendra un bain de foule jeudi place du Capitole, à Toulouse, où il tentera une nouvelle démonstration de force sous la forme d'un meeting géant.

François Hollande, pendant ce temps, rêve sûrement déjà de l'Elysée, mais pas nécessairement pour y vivre.

"Etre président, sauf pour des raisons impérieuses de sécurité, ne suppose pas de vivre à l'Elysée", dit-il à Paris Match. "Je veux garder la simplicité qui est la mienne aujourd'hui".

Patrick Vignal, avec le service France, édité par Yves Clarisse

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  • M1617344 le mercredi 4 avr 2012 à 20:20

    Reagan le plus grand , qui a fait la chasse aux cocos

  • dhote le mercredi 4 avr 2012 à 20:13

    Il veut prendre la main? ça c'est le pied! mais il prendra ce que son adversaire lui laissera.

  • baljo le mercredi 4 avr 2012 à 19:57

    Parce que Reagan était un clown d'Hollywood .Actuellement à l’Élysée c'est soirée de gala avec la piste aux étoiles tout les jours.

  • M1617344 le mercredi 4 avr 2012 à 19:05

    ....mais c'est à mourir de rire , voilà que le député de Correze se prend pour Helmut Kohl.... c'est vraiment mélanger les torchons et les serviettes ! le militant PS qui se compare au grand homme d'état que fut H. Kohl pourquoi pas le Président Reagan ! De plus il ne voudrait pas vivre à l'Elysée , c'est très bien il salirait les moquettes ......