François Hollande tend la main à des paysans inquiets

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AU SALON DE L?AGRICULTURE, FRANÇOIS HOLLANDE TEND LA MAIN À DES PAYSANS INQUIETS
AU SALON DE L?AGRICULTURE, FRANÇOIS HOLLANDE TEND LA MAIN À DES PAYSANS INQUIETS

par Sybille de La Hamaide et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le récent scandale de la viande de cheval a marqué samedi le passage de François Hollande au 50e Salon de l'agriculture, où le chef de l'Etat a dit vouloir redonner confiance à un monde paysan désorienté.

Arrivé à l'heure du coq, peu après 07h00, le président a assisté à la traite des vaches, déjeuné sur place, serré de multiples mains et embrassé les enfants.

Il devait passer une bonne partie de l'après-midi à arpenter les allées de "la plus grande ferme de France", où se pressent chaque année 700.000 visiteurs au milieu de 4.000 animaux.

"Je suis venu délivrer un message de confiance dans l'agriculture française", a dit le chef de l'Etat devant la presse.

Dès son arrivée, François Hollande est revenu sur le scandale de la viande chevaline insérée dans des plats cuisinés au boeuf vendus ces derniers mois dans toute l'Europe.

"Il y a eu ces derniers jours des interrogations, pour ne pas dire davantage, des fraudes parce que il n y avait pas l'étiquetage", a dit le président, partisan d'un "étiquetage obligatoire sur les viandes qui sont insérées, introduites dans les produits cuisinés".

"D'ici là je soutiendrai avec le ministre de l'Agriculture et les ministres concernés toutes les initiatives qui seront prises pour des démarches volontaires d'étiquetage de manière que le consommateur puisse être informé de la provenance des produits qu'il consomme, et notamment des viandes".

LE TAUREAU PAR LES CORNES

Pour Xavier Beulin, président de la FNSEA, principal syndicat agricole en France, "la question de la traçabilité et de la viande de cheval vient un peu polluer l'ambiance du salon.

"Les gens ont confiance dans les agriculteurs, mais pas forcement dans leur alimentation", a-t-il dit à Reuters.

Une inquiétude palpable chez les éleveurs.

"Quand ça arrive à quelques semaines du Salon, ça donne une mauvaise image", a ainsi regretté Florent Michard, 25 ans, devant les vaches Prim'Holstein de l'exploitation familiale.

Promoteur de "la qualité française, la production française, l'élevage français, l'ensemble des produits français", François Hollande s'est félicité d'avoir pu défendre l'enveloppe française de la Politique agricole commune (Pac) dans le budget de l'Union pour la période 2014-2020.

Les négociations sur l'utilisation de cet argent doivent commencer lundi à Bruxelles par un premier conseil des ministres européens de l'Agriculture.

Le ministre français, Stéphane Le Foll, accompagnait François Hollande, de même que Benoît Hamon (Consommation), Guillaume Garot (Agroalimentaire) et Frédéric Cullivier (Mer).

L'an dernier, le candidat socialiste à l'élection présidentielle avait passé une douzaine d'heures au Salon, à la manière de l'ancien président Jacques Chirac.

Samedi, François Hollande a fait connaissance avec quelques animaux, prenant un taureau de race Aubrac par les cornes, se faisant brouter le bas de veste par une petite chèvre. Il a goûté des fromages, bu des vins de divers cépages, goûté brochettes d'agneau et autres verrines de bar à la truffe.

SOLIDARITÉ AGRICOLE

L'accueil public a été plutôt bienveillant, à part quelques "Sarkozy reviens" entendus à un moment donné.

Le président a beaucoup discuté avec des éleveurs, très handicapés par la flambée de prix des céréales utilisés pour nourrir les animaux.

"Un éleveur nourrit les gens, mais il n'a plus de quoi manger, lui", a déploré un producteur de lait charentais.

Un autre s'est plaint d'être "sous pression" car "contrôlé sans arrêt" sur l'alimentation du bétail.

"Nous aussi on est sous pression", a répondu François Hollande. "En même temps quand il n'y a pas de contrôle, vous voyez..."

Selon des chiffres officiels, les éleveurs d'ovins et de bovins gagnent en moyenne 15.000 euros par an, contre 72.000 à 80.000 euros pour les céréaliers et les betteraviers.

Pour rééquilibrer les aides, beaucoup plus généreuses pour les grosses exploitations, le gouvernement défend le principe d'une prime plus importante donnée aux 50 premiers hectares.

"Nous devrons répartir les aides pour une meilleure solidarité entre les céréaliers et les producteurs de viande, et cela pour toutes les productions", a plaidé François Hollande. "Il faut une solidarité et nous l'encouragerons".

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