François Hollande, sommé de sortir du flou, entre dans le dur

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François Hollande, sommé de sortir du flou, entre dans le dur
François Hollande, sommé de sortir du flou, entre dans le dur

par Emmanuel Jarry et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Désormais nanti d'une majorité parlementaire confortable, François Hollande est sommé de sortir du flou qui lui a jusqu'à présent réussi et entre, sur la scène européenne, dans le dur des négociations sur la consolidation de la zone euro.

La première urgence, dit-on dans l'entourage du président français, au lendemain de la victoire du Parti socialiste aux élections législatives, est de réussir le Conseil européen des 28 et 29 juin -un sommet "décisif" de plus pour l'avenir d'une zone euro dont le sort inquiète jusqu'à Washington et Pékin.

Il devait en être question au sommet du G20, lundi et mardi à Los Cabos, au Mexique, premier d'une rafale de rendez-vous internationaux pour François Hollande, qui retrouvera vendredi à Rome ses partenaires allemand, italien et espagnol.

Au coeur des discussions: comment guérir les pays de la zone euro de leur endettement excessif sans tuer le patient.

Pour le président français, pas d'issue sans relance de la croissance, à laquelle il propose de consacrer 120 milliards d'euros, selon son projet de "pacte".

Les mesures qu'il propose -mobilisation des fonds structurels européens non utilisés, dotation de la Banque européenne d'investissement, "project bonds" pour financer des grands chantiers- font déjà consensus depuis des mois.

En revanche, Angela Merkel, arc-boutée sur la puissance économique allemande, reste opposée à une mutualisation des dettes des pays de la zone euro par le biais d'obligations européennes, dont François Hollande souhaite la création.

Il a cependant fait un pas vers la chancelière allemande en proposant que ces "eurobonds" soient un objectif à moyen terme.

"Ce qui serait nouveau, c'est que l'Allemagne accepte cette perspective", souligne-t-on à l'Elysée.

"Y VOIR CLAIR"

A Rome, puis à Bruxelles, il sera aussi question de taxe sur les transactions financières, d'union bancaire, de soutien à la Grèce, où les législatives de dimanche ont ouvert la voie à la formation d'un gouvernement de coalition.

"Si vous demandez à l'Allemagne de faire des pas en matière d'union bancaire et de mutualisation de la dette, la contrepartie est inévitablement des pas vers une union budgétaire", estime le directeur du think tank européen Bruegel, Jean Pisani-Ferry.

Sur le front intérieur, les résultats des législatives, qui ont donné une majorité absolue au PS et à ses alliés radicaux de gauche et divers gauche, donnent les coudées franches au chef de l'Etat pour mettre en oeuvre ses promesses et les adapter aux contraintes européennes et économiques.

Si l'objectif de résorber le déficit est connu, les moyens pour y parvenir sont jusqu'à présent restés flous.

"Il y a une très grande attente d'y voir clair de la part de beaucoup de gens, à la fois du côté des partenaires, des institutions européennes, des marchés, etc.", explique Jean Pisani-Ferry.

L'un des termes de l'équation est le ralentissement de l'économie, qui devrait s'être contractée de 0,1% au deuxième trimestre, selon la Banque de France.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a déclaré dimanche que le gouvernement était en train "d'ajuster" sa politique mais assuré que les objectifs de déficits -4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013- seraient tenus "sans austérité".

HAUSSES D'IMPÔTS

"Il faut savoir comment on les traduit dans les faits", souligne cependant Jean Pisani-Ferry. "Donc il va y avoir toute une séquence de clarification. Il faut savoir quoi couper, quel dosage entre impôts et dépenses."

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait donner au moins une partie de la réponse dans sa déclaration de politique générale le 3 juillet.

Le prochain budget rectificatif devrait faire la part belle aux hausses d'impôts, comme l'a annoncé François Hollande pendant la campagne électorale.

Ont été évoqués le plafonnement et la suppression de niches fiscales, la modulation de l'impôt sur les sociétés au bénéfice des PME et des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, une surtaxe sur les banques et sociétés pétrolières, le retour au barème antérieur de l'Impôt sur la fortune (ISF), la suppression de l'exonération sur les grosses successions et la taxation des revenus du capital comme ceux du travail.

La "TVA sociale" décidée sous le précédent gouvernement pourrait être annulée. En revanche, la tranche d'imposition à 75% au dessus d'un million d'euros, promise par François Hollande, ne viendrait que dans un second temps.

Jean Pisani-Ferry n'exclut pas un durcissement des objectifs en matière de dépenses de l'assurance maladie et de la fonction publique. "Mais il faut probablement aller au-delà et commencer à identifier les domaines dans lesquels il va falloir faire un réexamen des politiques publiques", ajoute-t-il.

François Hollande et le gouvernement sont aussi attendus sur l'amélioration de la compétitivité de l'économie française, dont Angela Merkel a dit vendredi dernier à quel point elle avait été distancée par l'Allemagne ces dix dernières années.

"La question est de savoir quels seront les moyens utilisés. Il y a une assez forte attente parmi les partenaires européens", souligne Jean Pisani-Ferry.

Edité par Yves Clarisse

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  • feniks le lundi 18 juin 2012 à 16:31

    Quand on est président de la Eépublique Française, on fait un noeud double à sa cravate, celà lui empêche de partir à droite ! Et c'est plus soigné. Ouvrir grand les yeux permet de cacher le vrai fond de la personne, et celà, fh le fait parfaitement !

  • M8435547 le lundi 18 juin 2012 à 16:12

    18 md de dettes supplémentaires engagées ce jour,et la journée n'est pas terminée, la ruine est pour bientot!trés bon début pour réduire la dette!

  • zoila5 le lundi 18 juin 2012 à 16:08

    quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup !! phrase d'experte... filouterie!!

  • mjjmimi le lundi 18 juin 2012 à 15:37

    Les électeurs de gauche sont les éternels cocus de l'histoire!

  • M4220692 le lundi 18 juin 2012 à 15:12

    @28351485, Es tu Mme Soleil ?