François Hollande sent monter "l'espoir calme" de la victoire

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FRANÇOIS HOLLANDE SENT MONTER "L'ESPOIR CALME" DE LA VICTOIRE
FRANÇOIS HOLLANDE SENT MONTER "L'ESPOIR CALME" DE LA VICTOIRE

par Elizabeth Pineau

VINCENNES (Reuters) - "La victoire, la voulez-vous ?" François Hollande a galvanisé ses troupes dimanche lors d'un grand meeting parisien, affirmant sentir monter "des profondeurs du pays", à une semaine du premier tour, un "espoir calme" et "lucide" vers une possible victoire.

Dans son discours de 50 minutes prononcé sur l'esplanade du château de Vincennes devant 100.000 personnes selon le PS - un chiffre impossible à vérifier -, le candidat socialiste a porté un "jugement sévère" sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait au même moment place de la Concorde.

"J'entends la clameur, je mesure la ferveur", a-t-déclaré à son arrivée sur la grande scène installée devant la demeure royale de l'Est parisien.

"J'imagine demain le bonheur qui pourrait être le nôtre si nous parvenons, vous et moi, à la victoire, le 6 mai !", a-t-il ajouté sous les "François président" et les "On va gagner" d'une foule enthousiaste, caressée par une forêt de drapeaux.

Favori des sondages depuis près d'un an, le député de Corrèze a évoqué un "grand espoir", à 21 jours de l'échéance.

"Je sens monter, mais vous aussi, un grand espoir, un espoir des profondeurs de notre pays, de vous. Un espoir calme, un espoir ferme, un espoir lucide, l'espoir du sursaut, du redressement, de la justice, de la jeunesse de France qui est là et qui nous encourage", a-t-il dit.

"Dans une semaine, dans trois semaines, nous allons prolonger ensemble la marche vers le progrès, vers les conquêtes, vers la fierté", a ajouté celui qui se présente comme le président "de la fin des privilèges" et de "la justice".

François Hollande s'est dit "prêt" à présider, faisant fi des attaques de l'UMP sur sa personnalité et la vacuité supposée de son programme.

"Ne craignez rien : ils sont sans doute prêts à tout mais nous, nous sommes prêts à diriger la France", a-t-il assuré. "Ils disent 'après nous le chaos'. Non, après eux ce sera le changement".

Face à la possible démobilisation, François Hollande a appelé à "vaincre le fatalisme, la résignation et le découragement qui nourrissent l'abstention".

"LEVÉE EN MASSE"

Au moment de voter, "ce qui compte ce n'est pas d'être les plus riches ou les plus puissants, ce qui compte c'est d'être les plus nombreux", a-t-il dit, appelant à une "levée en masse". "Le pouvoir, c'est celui du peuple français qui l'exerce".

François Hollande a mis en garde contre la tentation de "se réfugier dans les votes sans lendemain ou pire encore, de se perdre dans des votes indignes de la République".

A ceux séduits par le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, crédité de plus de 15% des voix et auteur d'un meeting géant samedi à Marseille, il s'est présenté en "candidat de la gauche qui veut diriger la France" et doit "traduire ses colères en acte de gouvernement".

"La gauche, elle est diverse, elle ne sera pas désunie. C'est le pari de la droite (mais) la gauche se rassemblera tout entière", a-t-il ajouté en prévision de l'entre-deux tours.

Celui qui s'est présenté dès janvier comme l'adversaire de la finance a dénoncé un "président qui spécule contre son propre pays" et appelé à libérer le pays "des marchés financiers, en tout cas de leur influence".

"Je vous appelle à un jugement sévère sur un quinquennat qui s'achève", a-t-il dit à l'adresse de Nicolas Sarkozy, évoquant une "sanction morale" après "tant d'échecs non assumés".

Alors que nuages et éclaircies alternaient par grand vent, le candidat PS a tendu plusieurs fois la main vers le ciel. "Ça se réchauffe, même en haut ils nous écoutent", a-t-il plaisanté.

Devant la première secrétaire du PS Martine Aubry, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault et le président du Sénat Jean-Pierre Bel, François Hollande a rendu hommage aux figures de la gauche, de Léon Blum à François Mitterrand, ainsi qu'au résistant Raymond Aubrac décédé la semaine dernière.

François Hollande "n'a d'ambition que pour notre pays, la France", avait déclaré avant lui à la tribune le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë.

La candidate de 2007, Ségolène Royal, s'est elle aussi placé dans "l'après", déclarant à la presse qu'elle serait "vigilante sur le respect de la parole donnée" et sur "la volonté d'associer les Français aux décisions qui les concernent".

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