François Hollande salue les propos de la BCE sur la croissance

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François Hollande salue les propos de la BCE sur la croissance
François Hollande salue les propos de la BCE sur la croissance

par Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - François Hollande a salué mercredi les propos tenus par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, sur la nécessité d'un pacte de croissance, qui prouvent selon lui que ses idées cheminent au sein de l'Union européenne.

Le candidat socialiste, favori des sondages à onze jours du second tour de l'élection présidentielle, a fait de la renégociation du pacte budgétaire signé en mars dernier par 25 des 27 pays membres de l'UE une priorité de son éventuel mandat.

"Nous avons un pacte budgétaire", a déclaré Mario Draghi devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen à Bruxelles. "En ce moment, ce qui domine à mes yeux, c'est d'avoir un pacte de croissance (...) donc nous devons revenir en arrière et en faire un pacte."

Pour le président de la BCE, il ne s'agit pas de renégocier le traité européen de discipline budgétaire pour obliger les Etats membres à réduire leurs déficits, avec des sanctions à la clé, mais plutôt de prendre une initiative séparée sur la croissance par le biais notamment de réformes structurelles.

Même si la BCE et de nombreux gouvernements conservateurs de l'UE n'ont pas la même vision du contenu de cet éventuel futur "pacte", François Hollande a voulu voir dans ces propos un signe que ses idées progressaient parmi les décideurs européens.

"Les idées cheminent et le vote des Français y est sans doute pour beaucoup", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "(La déclaration de Mario Draghi) va plutôt dans le sens que j'ai indiqué, je ne veux pas tirer (des conclusions de) ses propos, parce qu'il ne met pas forcément la même chose que moi dans les mesures qui pourront soutenir la croissance."

François Hollande entend dès le lendemain de son éventuelle élection adresser un mémorandum à tous les chefs d'Etat et de gouvernement pour préciser ses ambitions dans la renégociation.

Il veut inclure dans le nouveau pacte des euro-obligations pour financer des projets d'avenir, donner à la Banque européenne d'investissement (BEI) plus de possibilités de financement, introduire une taxe sur les transactions financières et mobiliser les fonds structurels non utilisés.

UN TEXTE SÉPARÉ ?

Pour la première fois, il a également laissé entendre que ces revendications pourraient être satisfaites dans un texte séparé sur la croissance, sans rouvrir le pacte budgétaire déjà ratifié par la Grèce et le Portugal : cela dépendra de la négociation, a-t-il dit lors de sa conférence de presse.

Des diplomates allemands ont approché François Hollande pour lui demander de renoncer à sa requête, soulignant qu'il serait plus aisé pour Berlin de négocier un pacte de croissance si le préalable de la discipline budgétaire était entériné par Paris avant d'entamer les pourparlers sur la croissance.

Quelle qu'en soit l'issue, Mario Draghi a visiblement pris la mesure des difficultés rencontrées par plusieurs pays de la zone euro, Italie et Espagne en tête, qui voient leurs projets d'assainissement budgétaire sapés par la récession.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a ainsi affirmé à la mi-avril qu'il donnerait désormais la priorité à la croissance sur une politique d'austérité susceptible de faire empirer le sort de l'Italie.

"Tout, tout, tout ce que nous faisons maintenant doit bénéficier à la croissance", a annoncé le chef du gouvernement italien. Rome prévoit désormais une contraction de 1,2% de l'activité pour 2012, contre 0,4% dans ses précédentes prévisions, en décembre dernier.

Il s'agit d'un tournant dans la politique menée par Mario Monti, qui défendait l'austérité depuis son arrivée à la tête d'un gouvernement de technocrates en novembre 2011.

Dans une note d'analyse publiée quelques minutes à peine après l'intervention de Mario Draghi, la banque Barclays soulignait l'importance de sa prise de position.

DISSENSIONS SUR LE RÔLE DE LA BCE

"C'était une intervention surprenante et elle illustre l'ampleur des préoccupations de la BCE sur les perspectives de l'économie de la zone euro", peut-on y lire.

Barclays note que le président de la BCE avait été le premier à parler de la nécessité d'un pacte budgétaire européen à la fin de 2011 et que cela avait été rapidement suivi d'effet.

Mario Draghi n'a en outre pas hésité à se faire des ennemis en Allemagne en ouvrant toutes grandes les vannes du crédit aux banques pour éviter une crise de liquidités.

François Hollande compte sur le nouveau rapport de forces que créerait son élection dans l'Union européenne, première étape selon lui d'un changement de majorité en Allemagne, où des élections législatives auront lieu en 2013.

Mais d'autres revendications formulées par le candidat risquent de rendre un compromis plus délicat à atteindre.

La favori des sondages se dit ainsi favorable à une baisse des taux de la BCE pour soutenir la croissance et à des prêts directs aux Etats en difficulté, plutôt que de passer par le soutien aux banques.

"Je sais que les Allemands y sont tout à fait hostiles, eh bien ça fait partie de la discussion. Si on pense que ce n'est pas utile de voter et que ce n'est pas utile de renégocier, autant rester chez soi", a-t-il déclaré vendredi dernier.

Même si Jérôme Cahuzac, chargé du budget auprès de François Hollande, a estimé dans un entretien à Reuters que cela pourrait se faire sans remettre en cause les statuts de la BCE, l'Allemagne et la BCE estiment que cela écornerait l'indépendance de l'institut de Francfort.

"La BCE doit agir dans les limites de son mandat de base et du traité", qui lui assignent la stabilité des prix comme priorité, a dit Mario Draghi. "Les limites du traité interdisent le financement monétaire (des dettes des Etats)."

Avec Robin Emmott à Bruxelles, édité par Gilles Trequesser

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  • M8931549 le mercredi 25 avr 2012 à 19:31

    Une vrai girouette...On se prépare 5 belles années........

  • Feradur le mercredi 25 avr 2012 à 18:57

    J'ai senti une odeur de gaz d'échappement aux portes de Paris.C'est peut être les chars soviétiques qui s'apprétaient de rentrer dans la capitale en 1981 et qui avaient marres d'attendre?

  • M3680706 le mercredi 25 avr 2012 à 18:41

    Il est pour les euro-bonds cet abru.ti de FH. Eurobonds ca veut dire transfert de fiscalité des pays pauvres d'europe vers les pays riches, dont la france. Déja en France on en a ras le bol de payer pour nos asticots, en plus on devra payer les impots des grecques, espagnols et portugais. Non mais ca va bien un moment le socialisme, aprés faut redescendre sur terre.

  • lelis le mercredi 25 avr 2012 à 16:00

    M89 : FH est tellement manipulabe ? Et il dit zut aux Allemands ?! Je voudrais qu'on m'explique, hein.

  • lelis le mercredi 25 avr 2012 à 15:59

    Extraordinaire, la haine pour Hollande qu'on observe ici. Quoi, on parle de stimuler la croissance ? Ah mais non, pas question, dès lors que lui en a parlé !!! Ne changeons rien, soyons conservateurs à fond, suivons Sarko le champion des promesses non tenues, ça c'est bien. Le reste, c'est juste les chars soviétiques dans Paris et la misère générale dans quelques mois. Hum...

  • M8951316 le mercredi 25 avr 2012 à 15:56

    très facile a manipuler le flanby , il n'a aucun caractère , Bruxelles l'a renifler !

  • LeRaleur le mercredi 25 avr 2012 à 15:15

    Venant d'un ancien Goldman Sac mondialiste à souhait pour un Européiste et mondialiste. C'est normal.