François Hollande, retour sur la scène intérieure

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FRANÇOIS HOLLANDE DE NOUVEAU FACE AUX QUESTIONS ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
FRANÇOIS HOLLANDE DE NOUVEAU FACE AUX QUESTIONS ÉCONOMIQUES ET SOCIALES

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Loin du désert malien, victimes de plans sociaux et fonctionnaires français ramènent François Hollande sur le terrain intérieur, où le président affronte la grogne croissante de ceux qui lui ont permis d'entrer à l'Elysée.

La "bataille" contre les islamistes en passe d'être "gagnée" au Mali, selon l'Elysée, ne saurait effacer celle du chômage que le président a promis de faire reculer d'ici fin 2013.

De fait, les piqûres de rappel des engagements présidentiels venant notamment de la gauche du PS continuent de cibler un François Hollande mué ces dernières semaines en "chef de guerre" au Mali, où Paris a engagé 3.500 hommes.

"Quid des promesses de campagne ?", ont demandé en substance ce mardi les salariés menacés d'ArcelorMittal, Sanofi, Peugeot ou Virgin réunis près du ministère du Travail

"Il faut que le monde du travail se mette ensemble pour qu'on fasse tous cause commune contre les licenciements, c'est la seule manière de faire reculer les patrons, de faire reculer le gouvernement", a estimé Jean-Pierre Mercier, militant CGT en lutte pour la sauvegarde du site PSA d'Aulnay.

Jeudi, ce sera au tour des cinq millions de fonctionnaires, dont une bonne partie a voté Hollande le 6 mai 2012, de montrer leur impatience, sur les salaires notamment, à l'appel des syndicats CGT, FSU et Solidaire.

"Qu'il y ait l'organisation d'une journée d'action, ça fait partie de la vie, pour le reste le gouvernement n'a qu'à se féliciter du grand esprit de dialogue qu'il rencontre du côté des organisations de fonctionnaires", temporise-t-on à Matignon.

Invité de BFM-TV, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, doutait mardi des chances d'inverser la courbe du chômage d'ici un an : "Je pense que c'est très difficile, pour recréer de l'emploi, il faut 1,5 de croissance".

Or, toutes les institutions économiques internationales prédisent que l'objectif gouvernemental d'une croissance de 0,8% en 2013 est hors de portée.

EMBELLIE RELATIVE DANS LES SONDAGES

Le signataire de l'accord sur la sécurisation du travail ne sous-estime pas non plus la difficultés des débats à venir sur l'avenir des systèmes de retraite ou d'assurance-chômage, décrits comme trop généreux pour un Etat "totalement en faillite" selon le ministre du Travail Michel Sapin.

"La réforme de 2010 n'a rien réglé sur le financement. Il y a un problème de financement et d'inégalité", pense Laurent Berger. "L'augmentation des cotisations sera sur la table".

Les déçus de François Hollande se font aussi entendre sur les débats de société comme le mariage pour tous, dont le débat annoncé houleux a commencé mardi à l'Assemblée nationale.

Les défenseurs de la loi ont pointé dimanche les hésitations du président, qui a personnellement reçu des opposants au mariage et à l'adoption entre personnes de même sexe.

"Trahison socialiste, les homophobes à l'Elysée", pouvait-on entendre dans la manifestation parisienne, de même que : "PMA : pour moi aussi", reproche adressé au gouvernement pour avoir reporté la question de la procréation médicalement assistée pour les homosexuelles, qui fait débat au sein du groupe socialiste.

Le sujet a divisé une partie du pays, tandis qu'une autre jugeait dérisoire une mesure certes très symbolique mais qui ne concernera que quelques milliers de personnes, alors que 5,6 millions de Français étaient inscrits à pôle Emploi fin 2012.

Un sondage BVA paru lundi signale un gain de quatre points pour François Hollande, de trois points pour Jean-Marc Ayrault, ce que l'institut attribue à l'entrée en guerre au Mali le 11 janvier et au récent retour en France de Florence Cassez après sept ans d'emprisonnement au Mexique.

AYRAULT AU BUREAU NATIONAL DU PS

Les services du Premier ministre y voient pour leur part les fruits d'une cohérence sur la mise en oeuvre des réformes.

"Toute la petite musique qu'on entendait jusqu'à novembre sur le thème 'le gouvernement temporise', 'il ne fait rien quand la situation est grave', 'il danse sur le volcan', c'est terminé", juge un proche de Jean-Marc Ayrault.

"On est en train de montrer qu'on fait ce qu'on avait dit qu'on ferait", ajoute ce conseiller, alors que le Premier ministre a annoncé la consultation des groupes politiques pour tenter de réunir la majorité requise sur l'une des promesses les plus délicates, le droit de vote des étrangers.

Les Français restent quoi qu'il en soit sévères sur les engagements de campagne, une courte majorité des sondés de BVA (50% contre 48%) estimant qu'ils ne sont pas respectés.

Dans un sondage réalisé pour Metro et LCI publié ce mardi, OpinionWay comptabilise pour sa part 2% de "mécontents" de plus de l'action de François Hollande en un mois, à 60%.

Ce contexte difficile rend encore plus nécessaire un resserrement des rangs au Parti socialiste. Jean-Marc Ayrault s'y emploiera en assistant mardi soir au Bureau national du parti, une première depuis son arrivée à Matignon.

"Le Premier ministre est chef de la majorité et il y a simplement une explication sur les dossiers en cours", minimise son entourage.

A l'Elysée, on se dit conscient que l'emploi et le mieux-vivre sont les seuls critères qui vaillent pour les électeurs face un exécutif, quel qu'il soit.

"L'élément international peut discréditer ou créditer mais ce n'est pas décisif au moment des élections", explique-t-on dans l'entourage du président.

"La guerre en Libye n'a pas fait gagner Sarkozy. La réélection d'Obama s'est jouée sur l'économie, pas sur l'Irak ou la fin de Ben Laden", ajoute-t-on.

"Mitterrand a eu le Liban, Chirac la non guerre en Irak, mais une élection se joue toujours sur des questions économiques et sociales. Ça restera toujours le chômage".

Avec Julien Ponthus et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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  • frivet le mardi 29 jan 2013 à 18:02

    Cette équipe au pouvoir qui fait fuir tous les riches et tous les talents est affligeante.La fraude, l'insécurité, le laxisme, le chômage et le marasme augmentent , et de quoi s'occupent-ils ? De l'union GAY, du vote des étrangers, d'amnistier les délinquants, de harceler les entrepreneurs et les artistes, voire de les insulter . Totalement affligeant !!