François Hollande réaffirme son credo européen à Varsovie

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VARSOVIE (Reuters) - François Hollande a réaffirmé vendredi en Pologne sa volonté de renégocier le pacte budgétaire européen et souhaité que l'élection présidentielle française marque le renouveau du centre-gauche en Europe.

Après Madrid, Bruxelles, Berlin, Rome et Londres, le candidat socialiste avait choisi Varsovie, qui a rallié l'Union européenne en 2004, afin de "saluer" les acteurs de l'Europe élargie et marquer sa volonté, s'il est élu, de relancer la coopération entre le couple franco-allemand et le nouvel entrant polonais dans le cadre du "Triangle de Weimar".

Les socialistes français estiment que Nicolas Sarkozy a "abandonné" ce forum de dialogue instauré en 1991.

François Hollande, qui a fait une brève halte au mémorial du ghetto de Varsovie, s'est entretenu avec le président polonais, le conservateur Bronislaw Komorowski, mais pas le Premier ministre Donald Tusk.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel s'est fait l'écho d'un accord qu'auraient scellé les dirigeants conservateurs européens, Angela Merkel et David Cameron en tête, pour ne pas recevoir François Hollande, coupable à leurs yeux de vouloir mettre à bas le traité européen. Les intéressés ont démenti.

Interrogé à ce sujet, le candidat socialiste a de nouveau relativisé l'hypothèse d'une "coalition" à son encontre.

"Il y a la solidarité qui existe en Europe. Les conservateurs soutiennent les conservateurs, les progressistes soutiennent les progressistes", a-t-il dit à des journalistes.

"Mais ce sont les peuples qui décident et ils n'ont pas besoin d'être influencés", a-t-il poursuivi, formulant le souhait "que les élections en France, celles qui arrivent et les législatives, puissent être le commencement du renouveau de la gauche et du centre-gauche en Europe".

"TERGIVERSATION"

François Hollande, qui était notamment accompagné de son directeur de campagne Pierre Moscovici et de sa compagne Valérie Trierweiler, a rencontré le chef de file de l'opposition polonaise, l'ancien Premier ministre Leszec Miller.

Lors de son entretien avec le président polonais, il a réitéré son engagement à réviser le pacte budgétaire européen "pour y ajouter les éléments qui manquent: la croissance, les grands projets en commun, les instruments financiers, comme les eurobonds qui pourraient nous donner la capacité de réactiver l'économie européenne".

Il a précisé avoir évoqué également des questions relatives à l'Otan, notamment la présence des troupes de la coalition occidentale en Afghanistan. François Hollande entend retirer les troupes françaises dès 2012.

"J'ai demandé au président de transmettre les positions qui étaient les miennes concernant les questions européennes au Premier ministre", a indiqué le candidat socialiste.

En déplacement électoral à Nice (Alpes-Maritimes), Nicolas Sarkozy a de nouveau dénoncé, sans citer son rival principal, l'attitude "irresponsable" qui "consiste à ne pas ratifier un traité aussi important pour la solution de problèmes qui sont ceux de toute l'Europe".

François Hollande a regretté l'"indécision" et la "tergiversation" de l'Europe dans la résolution de la crise grecque. "A quel prix pour les Grecs, à quel prix pour les pays européens", a-t-il déploré au lendemain de l'opération d'échange d'obligations grecques.

Sophie Louet avec Dan Flynn à Varsovie, édité par Yves Clarisse

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