François Hollande prône pour l'instant le "non" au TTIP

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FRANÇOIS HOLLANDE CONTRE LE TRAITÉ TRANSATLANTIQUE POUR L'INSTANT
FRANÇOIS HOLLANDE CONTRE LE TRAITÉ TRANSATLANTIQUE POUR L'INSTANT

PARIS (Reuters) - François Hollande s'est déclaré mardi opposé "à ce stade" à la conclusion d'un traité de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, une position loin d'être partagée par ses grands partenaires européens, beaucoup plus allants.

L'exécutif français a récemment multiplié les déclarations dans ce sens mais le chef de l'Etat n'avait encore jamais formulé un tel "non" à un accord qui pourrait se révéler politiquement périlleux à l'approche de la présidentielle.

"A ce stade, la France dit 'non' dans l'étape que nous connaissons des négociations commerciales internationales", a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé devant un parterre de socialistes.

Ce faisant, il a fait écho à son secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl, selon qui un arrêt des discussions Etats-Unis-UE apparaît aujourd'hui comme "l'option la plus probable".

A droite, le TTIP - également appelé Tafta, pour Trans Atlantic Free Trade agreement - ne recueille pas non plus les faveurs de François Fillon, Bruno le Maire ou Nicolas Sarkozy, tous trois candidats réels ou pressentis à la primaire.

Ailleurs, les opinions publiques font preuve de méfiance à l'égard d'un éventuel accord, parfois perçu comme un instrument de la domination américaine et/ou une menace pour la sécurité alimentaire et environnementale en Europe.

Mais les gouvernements, qui ont confié les négociations à la Commission européenne, penchent pour certains pour le "oui" à un compromis, à même selon eux de doper la croissance en favorisant les échanges entre les deux rives de l'Atlantique.

Ses partisans parlent de 100 milliards de dollars d'activités supplémentaires générées aux Etats-Unis et en Europe.

"AUGMENTER LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT"

En Allemagne, Angela Merkel y est favorable et, au Royaume-Uni, David Cameron a plusieurs fois apporté son soutien à la poursuite de ces négociations-marathon, entamées en 2013.

"Certes, il faut être vigilant", a déclaré mardi le secrétaire d'Etat italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, sur Europe 1.

Toutefois, "nous pensons que nous allons augmenter le Produit intérieur brut, les opportunités pour les entreprises italiennes et européennes grâce à cet accord", a ajouté ce collaborateur de Matteo Renzi.

"Il faut tout faire pour avancer", a encore estimé Sandro Gozi.

Il rejoint en revanche le gouvernement français sur l'idée qu'il sera difficile d'arracher un accord avant la fin du mandat de Barack Obama, partisan résolu du TTIP, en janvier 2017 compte tenu des divergences persistantes entre négociateurs.

Lundi, Greenpeace a affirmé que le Tafta accorderait trop de poids aux multinationales, au détriment des consommateurs et des gouvernements, et altérerait les normes de sécurité en vigueur dans l'UE.

Selon l'ONG, qui s'appuie sur des documents confidentiels portant sur une partie des négociations, les Etats-Unis veulent substituer une approche plus souple au "principe de précaution européen", lequel interdit la commercialisation de produits lorsqu'il existe un doute sur leurs effets.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a répondu à ces allégations, selon elle fausses, en disant que le principe de précaution était un acquis communautaire.

Elle a par ailleurs appelé les gouvernements européens à faire preuve de pédagogie sur le sujet auprès de leurs citoyens.

(Elizabeth Pineau et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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  • ZvR il y a 11 mois

    on notera le "pour l'instant"