François Hollande prône la fermeté face à la "boue" antisémite

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FRANÇOIS HOLLANDE AU CIMETIÈRE JUIF DE SARRE-UNION
FRANÇOIS HOLLANDE AU CIMETIÈRE JUIF DE SARRE-UNION

SARRE-UNION, Bas-Rhin (Reuters) - La profanation de 250 tombes dans un cimetière juif du Bas-Rhin n'est pas un énième fait divers mais témoigne au contraire des maux auxquels la France est confrontée, a dit mardi François Hollande appelant la communauté juive à ne pas avoir peur.

"Le pire aurait été pour les plus hautes autorités de l'Etat de traiter l'atteinte faite à ces morts comme un simple fait divers, un de plus", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours dans le cimetière de Sarre-Union, où s'est produite jeudi dernier la profanation, qui a été découverte dimanche.

Cinq adolescents ont été placés en garde à vue après la profanation des tombes au cimetière juif de Sarre-Union.

Les motivations des jeunes gens, âgés de 15 ans et demi à 17 ans, ne sont pas connues. Ils n'avaient pas d'antécédents judiciaires et ne s'étaient pas non plus fait remarquer jusqu'à présent pour des opinions quelconques mais François Hollande a refusé de minimiser ces actes.

"La justice dira ce qui relève de l'inconscience, de l'ignorance ou de l'intolérance mais le mal est d'ores et déjà fait", a-t-il ajouté, entouré des plus hautes autorités de l'Etat, dont les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Claude Bartolone et Gérard Larcher.

"Derrière cet acte, il ne s'agit pas d'un fait divers, il ne s'agit pas d'un incident, il ne s'agit pas d'une banale agression. Derrière ce qu'il s'est produit ici dans ce cimetière il y a l'expression des maux qui rongent notre République."

Car au-delà des attentats qui ont frappé la France début janvier et le Danemark ce week-end, il y a "les insultes, les cris proférés au milieu de la foule, les inscriptions sur les synagogues, les agressions commises contre ceux qui portent la kippa", a-t-il dit.

"Il y a les menaces lancées sur internet, les théories du complot, le déni des crimes, les insinuations : voilà toute cette boue qui se déverse depuis trop d'années sur notre pays."

A l'heure où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu appelle les juifs des pays touchés par des attentats antisémites à venir en Israël, François Hollande a une nouvelle fois réaffirmé que la place des juifs de France était en France.

"Dans la République, aucun Français ne doit avoir peur", a-t-il souligné. "La fermeté est dans ces circonstances la seule réponse. Quiconque persistera en France à commettre des actes ou à proférer des messages de haine et d'incitation à la violence verra se dresser contre lui la République et ses lois".

"Quiconque se rendra coupable d'actes antisémites ou racistes sera inlassablement recherché, interpellé et condamné", a-t-il assuré.

(Gilbert Reilhac, avec Marine Pennetier à Paris, édité par Yves Clarisse)

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