François Hollande promet toute la vérité sur l'affaire Merah

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FRANÇOIS HOLLANDE PROMET TOUTE LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE MERAH
FRANÇOIS HOLLANDE PROMET TOUTE LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE MERAH

PARIS/TOULOUSE (Reuters) - François Hollande a une nouvelle fois promis jeudi que toute la lumière serait faite sur l'affaire Merah, au moment où des témoignages cités dans la presse relancent les interrogations sur l'attitude des services de renseignements intérieurs (DCRI).

S'exprimant lors d'une cérémonie à la mémoire des quatre victimes juives de Mohamed Merah, qui a également abattu trois soldats en mars dernier à Toulouse et Montauban, le chef de l'Etat a reconnu que le drame avait "révélé certaines failles dans l'organisation de notre renseignement."

"Toute la lumière sur ce qui s'est passé sera faite. Je m'engage une nouvelle fois devant vous, c'est-à-dire devant les familles, devant les Français, pour que toute la vérité soit faite", a-t-il dit. "Nous devons tirer toutes les leçons de cette tragédie et briser le plus tôt possible les engrenages qui conduisent au terrorisme".

Libération et Le Parisien-Aujourd'hui en France font état de dépositions devant le juge d'instruction chargé de l'affaire montrant que la dangerosité de Mohamed Merah, qui s'était rendu ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan, ne semble pas avoir été perçue par la hiérarchie de la DCRI.

Ces informations ont amené des avocats des familles des victimes à réclamer une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls leur a répondu que "la mise à jour complète de l'enchaînement des faits et de la responsabilité de leurs auteurs relève de la justice, qui bénéficie seule des pouvoirs d'investigations nécessaires".

"Elle est assurée de l'entier concours du ministère de l'Intérieur", a-t-il ajouté dans un communiqué, en rappelant que ses services ont déjà publié un rapport sur cette affaire.

Selon Libération et Le Parisien, les agents toulousains chargés du suivi de Mohamed Merah, le patron local de la DCRI et un brigadier du nom d'Hassan, avaient demandé sans succès en juin 2011 à leurs supérieurs parisiens l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre.

Les deux quotidiens, qui s'appuient sur des procès-verbaux d'audition de ces agents toulousains devant le juge antiterroriste Christophe Teissier, indiquent que ceux-ci n'ont reçu aucune réponse.

DEUX VERSIONS CONTRADICTOIRES

Selon ces procès-verbaux, Mohamed Merah, qui tué trois militaires puis trois enfants et un adulte dans une école juive, à Montauban et Toulouse en mars dernier, était surveillé depuis début 2011 après un séjour en Afghanistan.

Cité par Le Parisien, "Hassan" a déclaré au juge qu'il avait signalé "une personne paranoïaque, dangereuse en raison de ses séjours et de son engagement religieux radical" à l'appui de sa demande d'enquête.

Cinq mois plus tard, de retour d'un séjour au Pakistan, Mohamed Merah sera entendu par des policiers de la DCRI venus de Paris, qui déclarent n'avoir pu établir aucun lien avec un réseau djihadiste, avec pour conséquence un arrêt de sa surveillance.

Ces policiers vont jusqu'à demander à la DCRI de Toulouse une évaluation de Mohamed Merah en vue d'un éventuel recrutement comme indicateur.

Dernier élément du dossier, la hiérarchie de la DCRI demandera au responsable de l'antenne régionale de se concentrer sur la piste d'extrême droite après les sept meurtres de Toulouse et Montauban alors qu'il avait fait part de ses soupçons sur le profil "islamiste" du tueur recherché.

"Dans cette affaire, on a le sentiment que, plus on avance, plus on a de questions", a déclaré à Libération Patrick Klugman, un avocat des familles des victimes de l'école juive.

"L'Inspection générale de la police nationale fait un rapport, mais sans avoir eu accès au dossier judiciaire. Les juges enquêtent, mais ils doivent fonctionner sans avoir accès à la totalité des éléments de la DCRI. La DCRI, de son côté, présente deux versions contradictoires, une toulousaine, une autre nationale (...) on ne peut plus fonctionner comme cela!"

Interrogé sur RTL, l'ancien ministre de l'intérieur Claude Guéant est venu au secours de la DCRI.

"Il est vrai que Merah a fait l'objet de beaucoup d'observations, ça veut dire que les services étaient sur ses traces, mais que jamais son comportement n'a révélé de dangerosité", a-t-il assuré.

"Il peut y avoir des hésitations, il peut y avoir après coup une réécriture de l'histoire. C'est vrai qu'un signal qui n'a pas de signification il y a un an, il y a deux ans, peut en trouver plus tard quand un drame comme celui-là s'est passé", a ajouté Claude Guéant.

Yann Le Guernigou, avec Jean Décotte à Toulouse, édité par Jean-Stéphane Brosse

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  • JODHY le jeudi 1 nov 2012 à 18:03

    il va casser du flic au lieu de remettre en cause une politique laxiste

  • ks81 le jeudi 1 nov 2012 à 17:57

    Interessant mais bon j'avais aucun doute la dessus :)

  • breco le jeudi 1 nov 2012 à 17:44

    Je pense que tous ceci est du blabla. La vérité sur l'affaire MERAH est que notre démocratie doit avoir la poigne pour virer le plus vite possible le moindre extremiste musulman qui prêche le malheur de la France, des Chétiens et du monde occidental ( où il vit douilletement d'ailleurs)

  • ANOSRA le jeudi 1 nov 2012 à 17:23

    Le Président normal promet beaucoup, il avait aussi promis de ré enchanter les Français!!!