François Hollande prend "60 engagements pour la France"

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FRANÇOIS HOLLANDE DÉVOILE SES SOIXANTE PROPOSITIONS
FRANÇOIS HOLLANDE DÉVOILE SES SOIXANTE PROPOSITIONS

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Lucidité, volonté, justice et clarté : François Hollande a présenté jeudi un projet présidentiel chiffré conçu pour mettre à contribution les Français les plus favorisés en période de crise, tout en préservant selon lui les classes moyennes.

Les "60 engagements pour la France" du candidat socialiste, contenues dans un livret tiré à 15 millions d'exemplaires, prévoient 20 milliards d'euros de dépenses nouvelles sur cinq ans et le retour à l'équilibre budgétaire en 2017, financés par 29 milliards d'euros de réduction de niches fiscales.

Quatre jours après son premier grand discours de campagne, François Hollande a exposé le détail de son projet lors d'une conférence de presse avant d'être dans la soirée l'invité de l'émission de France 2 "Des paroles et des actes", où il débattra avec le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Debout à la tribune devant les centaines de personnes venues l'écouter, dont la première secrétaire du PS Martine Aubry et l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, le député de Corrèze a redit son obsession de la justice.

"Si nous voulons réussir, nous devons faire de la justice le seul de nos critères, a-t-il déclaré. Ce qui est juste sera décidé. Ce qui ne l'est pas sera écarté."

François Hollande a évoqué quatre principes : lucidité sur la "gravité de la situation économique", volonté de changement pour redresser l'économie et les comptes publics, justice pour les Français et le monde économique, clarté sur le financement, la méthode et le calendrier de mise en oeuvre.

"TOUT CE QUI EST DIT SERA FAIT"

"Toutes les mesures présentées sont intégralement financées, a-t-il assuré. Je ne promets que ce que je suis capable de tenir. Pas moins, pas plus. Tout ce qui est dit sera fait dans le quinquennat."

En réponse aux critiques de la droite, toujours dans l'attente de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, François Hollande a assuré que les classes moyennes seraient préservées par son projet.

"Elles seront protégées, a-t-il dit. Les seuls qui seront concernés par nos mesures sont les plus gros revenus, c'est-à-dire tous ceux qui ont bénéficié des 75 milliards cumulés de cadeaux fiscaux depuis 2007".

Le candidat a pris comme exemple la modification du quotient familial, qui se traduira par des baisses d'exonérations pour les familles touchant l'équivalent de plus de six smic.

Il promet 20 milliards d'euros de dépenses nouvelles, qui seront financées notamment par l'annulation de 29 des 50 milliards d'euros de "cadeaux fiscaux" et une augmentation du taux de prélèvements obligatoires, qui passera à 46,9% en 2017.

"Il n'est pas normal qu'un salarié par son travail ait un taux d'imposition plus élevé qu'un rentier", a-t-il fait valoir.

L'effort de 29 milliards d'euros sera réparti à hauteur de 11,8 milliards d'euros sur les ménages les plus favorisés et de 17,3 milliards d'euros sur les entreprises.

Le candidat socialiste prévoit le retour à l'équilibre budgétaire en 2017 et entend réduire la dette publique à 80,2% du PIB à cette date contre 88,7% en 2012. Il a construit son projet sur une hypothèse de croissance à 2 à 2,5% à partir de 2015.

QUINQUENNAT EN DEUX TEMPS

Le quinquennat envisagé sera divisé en deux temps.

"Le premier temps, c'est le temps des réformes structurelles, a expliqué François Hollande. Toutes ces mesures prises immédiatement au lendemain de l'élection".

Dans un second temps seulement, "nous pourrons aller plus loin dans la redistribution", a-t-il ajouté.

Parmi les mesures d'urgence figure le plan pour le logement, qui comprend un encadrement des loyers, la mise à disposition gratuite pour les collectivités locales des terrains de l'Etat pour la construction et le doublement du plafond du Livret A.

Autre priorité : les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant suffisamment cotisé depuis pourront partir à la retraite à taux plein à 60 ans. Coût de l'opération : un milliard par an, financé par un relèvement des cotisations de 0,1% pour les salariés et le patronat.

Le projet inclut la création d'une Banque publique d'investissement, une réforme de la fiscalité des sociétés et la création de 150.000 "emplois d'avenir" à destination des jeunes, pour un coût évalué à 1,5 milliard par année pleine.

Le nombre de fonctionnaires n'augmentera pas, mais la règle du non remplacement d'un agent sur deux partant à la retraite sera révisée. Un redéploiement permettra d'affecter 60.000 emplois supplémentaires à l'Education nationale.

Les réactions n'ont pas tardé.

La candidate du Front national, Marine Le Pen, a ainsi dénoncé des "mesurettes" et un programme "totalement incohérent". Pour François Bayrou, candidat du MoDem, "on ne reviendra pas à l'équilibre avec ce programme-là".

"Il n'y a pas dans ce programme une seule mesure d'économie", a-t-il dit sur Radio Classique.

Trois mois séparent les candidats du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril.

Interrogé sur sa santé, François Hollande a promis la transparence sur ce point s'il entre à l'Elysée, ajoutant dans un sourire : "La seule chose que je peux dire au moment où je vous parle, c'est que je vais bien".

Avec service France, édité par Yves Clarisse

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  • M7989149 le jeudi 26 jan 2012 à 18:31

    C'est naturel, créer un système de distribution et l'assistanat est créé... Il faut en plus embaucher les gens qui vont faire grandir cet assistanat... une vraie structure...

  • M1310580 le jeudi 26 jan 2012 à 17:53

    plus de redistribution = plus d'assistanatCeux qui travaillent vont encore payer pluson est pas sorti de l'auberge !

  • wanda6 le jeudi 26 jan 2012 à 17:17

    On ne sortira pas de cette crise avec les mêmes politiciens, le changement radical est indispensable. Il ne faut pas avoir peur de voter pour les idées populaire au lieu de « changer »: gauche-droite, droite-gauche et avoir toujours les mêmes nantis au pouvoir

  • wanda6 le jeudi 26 jan 2012 à 17:16

    l'Europe ne fonctionne pas pour arriver à un accord de principe il faut organiser pendant des mois des réunions, des sommets, des diners etc.vu l’état des finances c’est exagérant et pendant ce temps là les gens meurt de faim et de froid On file des milliers de milliards aux banksters et on ne trouve pas quelques millions pour donner un repas aux plus démunis

  • wanda6 le jeudi 26 jan 2012 à 17:16

    La crise européenne "reflète une faible gestion financière, un manque de transparence ainsi qu'une mauvaise utilisation des fonds publics", a estimé Robin Hodess, directrice de recherche au sein de Transparency.

  • M1961G le jeudi 26 jan 2012 à 17:05

    fabius ne fait rien pour sauver pétroplus ,d'après la gauche c'est la faute de l'autre.pour la critique ,il sont excellents ces socialistes ,mais pour la gestion ce n'est pas leur truc.hollande n'aime pas la finance ,et pourtant celle_ci lui donnera le ton pour 2012.nouveau krach en 2012 ,dégradation de la note , chômage de masse feront que les 60 propositions seront revues à la baisse.et si en 2017 les salaires des fonctionnaires baissaient de 20% comme la grèce.

  • fouche15 le jeudi 26 jan 2012 à 16:39

    wanda6- vous avez raison sur tout sauf Marine Lepen dont le programme éco est voisin de zéro comme tous les partis d'extrême qui très crapidement en arrivent à des méthodes totalitaires. Pour le changement de système éco et financier, c'est non. Car sortir de l'euro c'est de la folie, car pour sortir il faut que cela soit organisé et il n'y a rien de prévu dans le traité de Maastricht. Pour le protectionnisme, l'histroie éco s'est déjà écrite et a démontré l'ineptie de cette thèse.

  • wanda6 le jeudi 26 jan 2012 à 16:01

    "60 engagements pour la France" un livret tiré à 15 millions d'exemplaires = dépenses nouvelles

  • wanda6 le jeudi 26 jan 2012 à 15:54

    suite L'humanisme est possible quand on n'en a les moyens, malheureusement la France ne peut plus. Il faut absolument changer cette politique européenne, et cet euro moribond, qui nous mène droit dans le mur.

  • wanda6 le jeudi 26 jan 2012 à 15:54

    suite Les deux partis traditionnels sont intimement liés à la dette, au chômage, et à la détresse de millions de français. Et les français sont encore capables de gober leurs belles paroles. Je ne dis pas que le Front National et la panacée universelle, mais au moins Marine Lepen veut changer de système politique, le système financier, arrêter cette hémorragie financière que l'on passe au nom de l'humanisme. suite...