François Hollande pose des jalons à l'international

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FRANÇOIS HOLLANDE POSE DES JALONS À L'INTERNATIONAL
FRANÇOIS HOLLANDE POSE DES JALONS À L'INTERNATIONAL

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Malgré la prudence affichée avant le premier tour, l'équipe de François Hollande prépare activement en coulisses les rendez-vous internationaux de celui qui pourrait devenir président de la République dans trois semaines.

La récente polémique sur la visite au Mexique de l'ancien ministre socialiste Michel Vauzelle, dénoncée à droite, traduit la nervosité qui gagne les deux camps à l'approche des échéances électorales.

L'équipe de François Hollande répète que les contacts pris servent à expliquer les positions du candidat en vue d'une éventuelle alternance, sans négocier quoi que ce soit.

"Partout, en Europe et ailleurs, on attend le vote de la France", déclarait François Hollande dimanche à Vincennes.

"On attend le changement, chacun sait que si je suis demain le prochain président de la République, il y aura une renégociation du traité", ajoutait le candidat socialiste à propos du texte européen de discipline budgétaire signé par 25 pays auquel il souhaite ajouter une dimension de croissance.

Qu'il s'agisse de l'Iran, de la Syrie ou du réchauffement climatique, "nous reprendrons l'initiative et l'offensive".

Dès qu'il en a l'occasion, François Hollande aime parler diplomatie, évoquant en aparté une récente rencontre avec le président du Niger, s'inquiétant d'un danger de "somalisation" au Mali ou considérant que "ce sera plus facile avec Obama" pour le prochain président français que ça ne l'a été pour Nicolas Sarkozy avec George W. Bush à son arrivée au pouvoir.

"Les Français n'élisent pas un président sur l'action extérieure, mais ils reconnaissent un président à sa politique extérieure", fait-il observer.

PEU CONNU À L'ÉTRANGER

Pour l'heure, les questions internationales restent le domaine réservé du chef de l'Etat en place, comme l'a souligné Nicolas Sarkozy en s'affichant la semaine dernière avec le président américain Barack Obama.

"Il y a toujours une solidarité entre chefs d'Etat et de gouvernement", a simplement commenté François Hollande.

"Les Français sont parfaitement lucides", ajoutait-il, notant que la visite annoncée de la chancelière Angela Merkel en soutien à la campagne de Nicolas Sarkozy "n'a pas eu lieu, tout simplement parce que ça n'a pas d'influence".

Jamais ministre, peu connu à l'étranger, François Hollande devra faire ses preuves sur la scène internationale si les Français l'élisent.

A part la Tunisie l'été dernier, sa campagne hors de France s'est limitée à une poignée de capitales européennes - Madrid, Rome, Londres, Bruxelles, Varsovie et Berlin -, mais il n'y a pas rencontré de chef de gouvernement.

S'il l'emporte le 6 mai, sa première visite sera pour l'Allemagne, selon sa volonté. Il sera ensuite attendu le 18 mai à Camp David, aux Etats-Unis, pour un sommet du G8 suivi deux jours plus tard par une réunion de l'Otan à Chicago.

Rien que de plus normal, souligne-t-on dans l'entourage de Hollande, qui rappelle que François Mitterrand avait lui aussi un agenda international chargé à son arrivée au pouvoir en 1981, au point d'être surnommé "la madone des aéroports" par le conservateur Michel Poniatowski.

A Chicago, François Hollande annoncerait officiellement aux alliés sa décision de retirer les troupes françaises d'Afghanistan d'ici la fin de l'année.

MÉMORANDUM EUROPÉEN

Jean-Yves Le Drian, possible futur ministre de la Défense, a préparé le terrain lors de voyages à Londres et Washington.

"Je n'ai pas été applaudi ni à Londres ni aux Etats-Unis mais d'un autre côté je ne pense pas que ni les uns ni les autres aient été surpris", a dit à Reuters ce proche de François Hollande, président de la région Bretagne.

Le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, s'est lui aussi rendu à Washington. Quant au directeur de campagne du candidat, Pierre Moscovici, il a rencontré fin mars à Paris Philip Gordon, secrétaire d'Etat adjoint.

La première secrétaire du PS Martine Aubry, qui figure sur la liste des "premiers ministrables" a été reçue au Maroc par le roi Mohammed VI. Laurent Fabius, cité pour entrer à Matignon ou au Quai d'Orsay, est allé pour sa part au Proche-Orient, puis au Japon et en Chine.

Le pôle "Europe" du candidat présidé par l'ancienne ministre Catherine Trautmann planche quant à lui sur le "mémorandum détaillé proposant un pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance" que le président socialiste remettrait à ses partenaires fin mai, conformément à "l'agenda du changement" résumant sa première année de présidence.

La rédaction du document, préparé en prévision du sommet européen de fin juin à Bruxelles, "est bien avancée", a dit Catherine Trautmann à Reuters.

Edité par Yves Clarisse

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  • ahariga1 le mardi 17 avr 2012 à 13:45

    Tiens cela existe l'internationale, mis à part hymne bien connu. Je croyais que Hollande n'en avait pas besoin, sa personne sufisant pour tout dominer.

  • dhote le mardi 17 avr 2012 à 11:57

    Il parle de modifier le traité europeen comme s'il s'agissait d'une simple formalité, il risque de tomber de haut notre François national.Quant au déplacement de Fabius en chine et au Japon il n'a pas reçu l'accueil réservé aux grands...