François Hollande portera en Afrique sa propre vision

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PREMIÈRE TOURNÉE AFRICAINE POUR FRANÇOIS HOLLANDE
PREMIÈRE TOURNÉE AFRICAINE POUR FRANÇOIS HOLLANDE

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande s'envole vendredi pour sa première tournée en Afrique où il marquera, même s'il s'en défend, sa différence avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy tout en tenant un langage de vérité sur la question des droits de l'homme.

La crise au Mali constituera le fil rouge des entretiens du président français, notamment avec le Sénégalais Macky Sall à Dakar et la vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement annoncés au XIVe sommet de la Francophonie de Kinshasa.

La France entend jouer les chefs de file sur ce dossier qui pourrait déboucher sur le déploiement d'une force panafricaine visant à réunifier un pays dont la partie Nord est occupée par des islamistes radicaux.

Ancienne colonie française dont Paris salue le processus démocratique depuis l'indépendance, le Sénégal est la première étape du chef de l'Etat, qui sera notamment accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Le discours que François Hollande doit prononcer vendredi à l'Assemblée nationale sera analysé comme une réplique au discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy en juillet 2007 à l'université de Dakar.

"L'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire", avait-il déclaré, provoquant une polémique sur le regard porté par la France sur le continent et ses anciennes colonies.

L'idée d'un "contre-discours" est contestée à l'Elysée, où l'on affirme que ce n'est "pas un sujet".

"Il ne s'agit pas de réparer, mais de porter notre vision de l'Afrique", assure un conseiller élyséen, même si la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, a déclaré jeudi dernier que "l'Afrique a été humiliée et la France a aussi été humiliée par le discours de Dakar".

"Tout le monde a vu que le style du président n'était pas celui de Nicolas Sarkozy", ajoute un autre proche.

DROITS DE l'HOMME

François Hollande s'en est lui-même expliqué mardi lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.

"Je ne vais pas en Afrique pour me différencier", a-t-il dit. "Je vais en Afrique pour porter un message, celui de la France, aux Africains. Un message de confiance en leur avenir, de solidarité en faveur de leur développement, un message de d'amitié car nous avons besoin d'une Afrique dynamique".

Autre contraste avec son prédécesseur, le président français ne sera pas accompagné de chefs d'entreprises lors de son court voyage, qui ne comprend qu'une longue journée dans chaque pays.

Ajouter une dimension économique à ce voyage "brouillerait le message", explique une conseillère du président.

François Hollande est attendu de pied ferme à Kinshasa, où il compte tenir un discours de fermeté sur la défense des libertés dans un pays en proie à l'instabilité depuis une quinzaine d'années.

Signe qu'il ne compte pas mâcher ses mots dans la capitale congolaise, où il s'entretiendra avec le président Joseph Kabila, François Hollande a évoqué mardi à propos de la RDC une situation "tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l'opposition".

DOUCHE FROIDE EN RDC

Des propos qui ont fait l'effet d'une douche froide en RDC, où le porte-parole du gouvernement a déploré "une évaluation qui ne correspond à aucune réalité".

"Nous pensons qu'il a besoin de compléter son information, ce qui rend son voyage très utile parce qu'il se rendra compte qu'il n'y a pas un pays en Afrique qui donne d'aussi larges possibilités d'expression et d'organisation à l'opposition", a ajouté Lambert Mende.

François Hollande avait conditionné sa venue en RDC à une amélioration de la situation des droits de l'homme dans ce pays, théâtre en 2011 d'élections controversées sur fond d'instabilité à la frontière Est, où sont massés deux millions de réfugiés.

Le président français a finalement choisi d'y aller, estimant plus utile de s'exprimer sur place plutôt que de pratiquer la politique de la chaise vide.

Il entend insister sur les valeurs défendues par la France et le monde francophone -bonne gouvernance, démocratie, lutte contre la corruption et respect des droits de l'Homme.

"On espère faire en sorte que la trajectoire s'inverse, et que les prochaines élections se passent mieux", dit-on à Paris.

Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, sera du voyage. Son programme prévoit notamment, à Dakar, un déjeuner avec l'épouse du président sénégalais. Elle rencontrera à Kinshasa des représentants des enfants des rues et visitera un hôpital spécialisé dans les soins contre le paludisme.

Edité par Yves Clarisse

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  • M7361806 le vendredi 12 oct 2012 à 09:19

    Qu'l s'occupe aussi du chomage en France!