François Hollande persiste et signe contre le chômage

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FRANÇOIS HOLLANDE PERSISTE ET SIGNE SUR SON OBJECTIF CONTRE LE CHÔMAGE
FRANÇOIS HOLLANDE PERSISTE ET SIGNE SUR SON OBJECTIF CONTRE LE CHÔMAGE

par Yann Le Guernigou et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande a réaffirmé jeudi son objectif d'inverser "durablement" la courbe du chômage à partir de la fin 2013 et a annoncé pour y parvenir une initiative visant à satisfaire les 200.000 à 300.000 offres d'emploi non pourvues chaque année.

Ouvrant les travaux de la deuxième conférence sociale de son quinquennat, le chef de l'Etat a évoqué en outre la réforme à venir des retraites, pour estimer qu'un allongement de la durée de cotisations était la solution "la plus juste".

Cette grand-messe annuelle de deux jours se déroule dans un climat moins consensuel que la première édition de juillet 2012 dans la foulée du retour des socialistes au pouvoir, sur fond de dégradation de la situation économique et de poursuite de la progression du chômage depuis un an.

Le gouvernement a contribué à en plomber l'atmosphère en annonçant en début de semaine que le gel du point d'indice de la grille salariale des fonctionnaires serait reconduit en 2014, provoquant un tollé syndical.

Face à la grogne, alimentée également par les profonds désaccords sur les solutions permettant de rééquilibrer les retraites, François Hollande a défendu sa méthode de dialogue illustrée par cette conférence. "La France n'avancera et ne réussira que si elle respecte les acteurs sociaux", a-t-il dit.

Rendant compte des travaux de la journée devant la presse, le ministre du Travail, Michel Sapin, a insisté sur la bonne tenue des discussions.

"Il n'y a pas eu d'explosion, même pas de tension. Ce que j'ai pu lire ou entendre ce matin ne s'est pas retrouvé ici. Tout s'est passé dans une ambiance détendue, même dans les tables rondes retraite et service public", a-t-il dit.

François Hollande a évoqué des "signes de reprise économique en France et en Europe" pour justifier le maintien de son objectif d'inversion de la courbe du chômage, auquel les économistes ne croient pourtant pas.

SIMPLE CONSULTATION

Le chef de l'Etat a invité les collectivités et les associations mais aussi le secteur privé à presser le pas sur les emplois d'avenir et les partenaires sociaux à engager "au plus vite" des négociations sur les contrats de génération, l'autre grand dispositif du plan emploi du gouvernement.

Il y a ajouté jeudi la nécessité de s'attaquer aux offres d'emploi non pourvues par manque de candidats qualifiés, via des actions de formation et des incitations financières à la mobilité des chômeurs.

Une réunion aura lieu rapidement pour en recenser le nombre exact, le Medef avançant le chiffre de 136.000 pour le premier trimestre, et des actions seront engagées à la fin de l'été.

Le gouvernement compte aussi pour cela sur la réforme de la formation professionnelle, un chantier ouvert par cette conférence sociale qu'il souhaite voir aboutir d'ici fin 2013.

S'agissant des retraites, le gouvernement a renoncé à obtenir un accord entre partenaires sociaux au vu de leurs positions antagonistes sur une réforme qui doit permettre de trouver les sept milliards d'euros nécessaires au rééquilibrage du régime général à l'horizon 2020.

La conférence sociale servira à lancer une simple consultation qui se prolongera jusqu'à la fin de l'été, quand le gouvernement prendra ses décisions.

PLUS EFFICACE

La CGT et FO ont rejeté par avance tout allongement de la durée de cotisation, une solution présentée pourtant comme "la plus juste" par le chef de l'Etat, et le patronat ne veut pas entendre parler d'une hausse des cotisations qui porterait atteinte à la compétitivité des entreprises.

La présidente sortante du Medef, Laurence Parisot, qui cédera la place début juillet à Pierre Gattaz, a reproché à François Hollande de ne pas vouloir toucher à l'âge légal de départ à la retraite. "C'est plus efficace, c'est des choses qui se démontrent avec les chiffres", a-elle déclaré.

Elle a regretté d'autre part que "la conférence soit uniquement sociale, comme si le social et l'économie étaient séparés". "L'économie n'est pas mise à sa juste place dans les débats", a-t-elle dit en insistant sur la situation difficile des entreprises.

FO et la CGT, qui ont stigmatisé l'absence de discussions sur les salaires, ont réclamé à l'unisson un changement de politique économique.

"On ne peut pas dire d'un côté la priorité c'est l'emploi et on continue la même politique économique, parce qu'austérité et emploi, ça ne va pas ensemble", a dit le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

Avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • nayara10 le jeudi 20 juin 2013 à 20:39

    Si j'avais son cerveau ,je voterai une nouvelle TAXE AntiChômge..Alors ,on est responsable ou ,on ne l'est pas.....

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