François Hollande ouvrira les travaux de la conférence sociale

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François Hollande ouvrira les travaux de la conférence sociale
François Hollande ouvrira les travaux de la conférence sociale

par Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le président François Hollande ouvrira le lundi 9 juillet les travaux de la grande conférence sociale qui doit permettre de lancer, en concertation avec le patronat et les syndicats, les premiers grands chantiers de son quinquennat.

La manifestation, prévue pour durer deux jours, sera marquée par la tenue de sept tables rondes, dont trois consacrées à l'emploi, qui s'annonce comme la grande priorité des travaux après 12 mois de hausse continue du chômage, ou aux sujets qui lui sont liés, a précisé le ministre du Travail Michel Sapin.

Le pouvoir d'achat et la protection sociale en seront les autres grands thèmes.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a réuni mardi après-midi les partenaires sociaux pour en caler l'ordre du jour et la méthode de travail.

Il est resté muet sur les deux premières décisions attendues de son gouvernement avant même ce grand rendez-vous social, un "coup de pouce" pour le smic et les modalités d'un retour partiel à la retraite à 60 ans, des sujets sur lesquels patronat et syndicat ont réaffirmé leurs points de vue divergents.

"La grande conférence, c'est le début d'un processus", a souligné Michel Sapin, en rendant compte des travaux de la réunion. "Tout commence en termes de discussions concrètes, de négociations, lorsque les partenaires sociaux se seront emparés eux-mêmes des sujets, tout commence en termes aussi de propositions de la part du gouvernement", a-t-il ajouté.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a une nouvelle fois plaidé pour qu'elle s'accompagne d'un "cadrage de la situation économique" qui permette d'évaluer ce qu'il est possible de faire et de ne pas faire sans nuire à la compétitivité des entreprises françaises.

"Il serait néfaste pour l'économie, dangereux pour les entreprises d'alourdir les prélèvements obligatoires qui reposent sur elles", a-t-elle dit après avoir comparé leur situation à celle qui prévalait lors de la crise de fin 2008.

DES DATES PRÉCISES POUR DES DÉCISIONS CONCRÈTES

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, s'est pour sa part félicité de la méthode du gouvernement mais a souhaité que la conférence ne se contente pas d'être le début d'un cycle de dialogue "sans qu'on ait à l'horizon des dates plus précises pour des décisions concrètes."

"La situation économique et la situation sociale imposent que le gouvernement, le législateur, sache prendre ses responsabilités lorsque la situation l'impose", a-t-il dit.

Toutes les parties ont été unanimes pour saluer la qualité du dialogue engagé pour préparer l'échéance des 9 et 10 juillet. Mais Laurence Parisot a regretté que le gouvernement n'ait pas utilisé la même méthode pour le retour partiel à la retraite à 60 ans, qui fera l'objet d'un décret présenté mercredi en conseil des ministres.

Ce dispositif, une des promesses de campagne de François Hollande, concerne les personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et qui ont suffisamment cotisé.

Le gouvernement s'est engagé à en limiter le coût à cinq milliards d'euros. Selon les dernières informations de la presse, il pourrait prendre en compte l'intégralité des congés maternité pour les femmes, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici.

Les syndicats réclament qu'il en soit de même pour l'intégralité des périodes de chômage, ce qui serait beaucoup plus coûteux.

S'agissant du smic, Jean-Marc Ayrault a indiqué la semaine passée que la hausse, "juste et mesurée", serait inférieure à 5%. Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, a souhaité qu'elle soit "la plus proche possible" de ce seuil. "Si c'est un coup de pouce de 0,3%, les gens diront on se moque de nous", a-t-il averti mardi.

Il s'agit, a dit Premier ministre, de ne pas déstabiliser les entreprises, notamment les PME.

Une forte hausse du smic mettrait aussi à mal les finances de l'Etat, avec ses répercussions sur la masse salariale de la fonction publique au sens large (Etat, collectivités, hôpitaux) - quelque 890.000 agents sont au niveau du salaire minimum - et surtout les allègements de charge sur les bas salaires.

Dans un rapport sur ces allègements récemment publié par Les Echos, l'inspection générale des Finances a ainsi chiffré à 1,4 milliard d'euros l'augmentation de l'enveloppe que provoquerait un coup de pouce du smic de 1,5 point au-dessus de l'inflation annuelle, estimée pour l'étude à 2,25%.

édité par Sophie Louet

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  • M6784830 le mardi 5 juin 2012 à 17:01

    On verra qui paiera?

  • M6784830 le mardi 5 juin 2012 à 17:00

    Il faut annoncer de bonnes nouvelles avant les législatives, si la gauche veut gagner, mais attention aprés, les impots vont augmentés et bien sur la vache à lait la csg qui depuis que cette impot existe depuis Mr Mitterrand devait etre supprimée, mais ne fait qu'augmenter, j'appelle ça un impot puisque on rabote le revenu meme des plus pauvre à une certaine échelle.