François Hollande le 17 mai 2012 au palais de l'Elysée à l'issue du premier Conseil des ministres

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Après ses premiers pas berlinois mardi avec la chancelière Angela Merkel, François Hollande va plonger vendredi dans le grand bain diplomatique international, avec une visite à la Maison Blanche, un sommet du G8 à Camp David puis un sommet de l'Otan à Chicago. Rarement nouveau chef de l'Etat avait connu baptême du feu aussi rapide et aussi attendu. A peine le temps de composer son gouvernement et de le réunir pour un premier Conseil des ministres et François Hollande prendra l'air jeudi en fin de journée pour rallier les Etats-Unis.Avant de retrouver en soirée ses pairs des grands pays industrialisés dans le cadre champêtre de Camp David (Maryland), le président fera étape vendredi à Washington pour un entretien préalable avec Barack Obama, qui a tenu à faire sa connaissance le temps d'un entretien à la Maison Blanche.Cette marque d'attention sonne comme une revanche pour un candidat qui avait été largement "snobé" avant son élection par les grands de ce monde, partisans plus ou moins ouvertement de son rival Nicolas Sarkozy.Pour le président américain, cette première "prise de contact" visera d'abord à prendre le pouls de son nouveau partenaire sur des dossiers difficiles qui seront discutés, aussi bien dans le cadre du G8 que celui de l'Otan.A commencer par l'Afghanistan. François Hollande l'a promis et répété tout au long de sa campagne présidentielle, les 3.500 soldats français qui y sont encore déployés quitteront le pays avant la fin 2012, avec deux ans d'avance sur le calendrier fixé par l'Otan.Sans viser la France, les Etats-Unis ont rappelé aux 28 pays de l'Otan leur engagement à maintenir leurs forces jusqu'à fin 2014.Dans les faits, les Américains semblent prêts à des accommodements. La décision prise par Nicolas Sarkozy en janvier d'avancer d'un an, à la fin 2013, le retrait des troupes de combat tricolores n'a pas suscité d'irritation majeure à Washington. Et les Pays-Bas en 2010 ou le Canada en 2011 ont eux aussi, déjà retiré unilatéralement leurs soldats.François Hollande, lui aussi, a affiné sa position. D'abord en n'évoquant plus qu'un retrait des troupes "combattantes". Ensuite en promettant de le faire "en bonne intelligence avec nos alliés". Enfin en convenant que, pour des raisons matérielles, ce mouvement prendrait "sans doute plus de temps"."Les Etats-Unis vont mettre la pression sur François Hollande. Il leur confirmera ses engagements de campagne, mais les rassurera en leur expliquant que, pour des raisons de logistique, une partie de nos soldats restera sûrement sur place jusqu'à la fin 2013", pronostique un diplomate de l'ex-équipe Sarkozy, "et tout le monde sera content".Autre sujet de préoccupation américaine, l'Iran. Le nouveau locataire de l'Elysée a promis une "grande fermeté" pour empêcher Téhéran d'accéder à l'arme nucléaire. Mais l'escapade iranienne, même "privée", de l'ex-Premier ministre Michel Rocard a suscité quelques inquiétudes. S'il s'en est désolidarisé, François Hollande ne devrait pas échapper à une mise au point. Sur les autres dossiers au menu du G8, les deux présidents paraissent plus proches. Barack Obama s'est ainsi réjoui de la volonté de François Hollande de remettre la croissance au coeur des priorités européennes, à rebours de la discipline budgétaire de fer défendue par l'Allemagne.Au final, s'il reconnaît des "divergences d'approche" sur certains sujets avec ses partenaires, l'entourage de François Hollande n'anticipe pas de "difficultés particulières" pendant son séjour américain. "Obama est en campagne électorale", note un expert, "il souhaite d'abord que ces sommets soient valorisants pour lui".Plus que sur le fond, la première grande sortie internationale du nouveau président français doit d'abord lui permettre de prendre contact avec ses pairs et de poser le style de sa diplomatie.

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