François Hollande lance une prudente offensive sur la sécurité

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FRANÇOIS HOLLANDE LANCE UNE PRUDENTE OFFENSIVE SUR LA SÉCURITÉ
FRANÇOIS HOLLANDE LANCE UNE PRUDENTE OFFENSIVE SUR LA SÉCURITÉ

par Thierry Lévêque

DIJON, Côte-d'Or (Reuters) - François Hollande a engagé lundi la bataille avec la majorité sur le thème de la sécurité et de la justice des mineurs, un terrain sur lequel la gauche est traditionnellement moins à l'aise que la droite.

Lors d'un déplacement à Dijon (Côte-d'Or) à trois mois de l'élection présidentielle, le candidat socialiste a présenté une voie combinant prévention et répression, exprimant sa volonté de "protéger à la fois les jeunes (délinquants) et la société".

Pour y parvenir, il a annoncé le doublement du nombre de centres éducatifs fermés, à moyens budgétaires constants.

François Hollande s'est posé en rassembleur, rejetant les formules-choc, comme celles employées par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007.

"Je ne ferai pas de formule à l'emporte-pièce', a-t-il dit. "Je crois que ça a fait assez de bruit, sans efficacité, pour ne pas répéter les erreurs. Celui qui doit représenter l'Etat doit être capable de réunir la Nation sur ces objectifs. Pas besoin de stigmatiser, pas besoin de diviser, au contraire."

Le thème de la sécurité, sur lequel la gauche a, dans les années 1970 et 1980, fait prévaloir les idées de prévention et de traitement social, est considéré comme une des raisons de la défaite au premier tour du socialiste Lionel Jospin en 2002.

Le candidat socialiste avait pâti de son aveu public de "naïveté" sur le sujet et d'un bilan jugé médiocre. En 2007, Ségolène Royal avait tenté sans succès de batailler sur des conceptions plus répressives, comme l'idée de "camps à encadrement militaire" pour les jeunes délinquants.

A Dijon, François Hollande a expliqué sa proposition de doubler de 40 à 80 le nombre de "centres éducatifs fermés" (CEF). Structure pour mineurs délinquants multirécidivistes et alternative à l'incarcération, elle fut créée sous le dernier mandat de Jacques Chirac, à l'origine combattue par la gauche. Son coût est très élevé.

LA "VIDÉOPROTECTION", DE GAUCHE ?

Interrogé par Reuters, le candidat PS a admis qu'il ne consacrerait pas de crédits ou d'effectifs nouveaux à cette mesure : "Ça se fait dans le cadre du budget de la justice".

Il envisage un redéploiement de crédits, et notamment de revoir le programme de nouvelles places de prison, a-t-il dit. "Nous ferons moins cher et mieux."

Il n'est question dans son programme que de 1.000 recrutements dans la police, la gendarmerie et la justice, chiffre qui est jugé très faible par les syndicats compte tenu des retards français dans ce domaine.

C'est toujours par "redéploiements" que François Hollande propose de déployer des effectifs de police "renforcés" dans les quartiers difficiles qui seraient déclarés "zones de sécurité prioritaires".

Sur un autre sujet controversé à gauche, la vidéosurveillance, rebaptisée "vidéoprotection" par le maire de Dijon François Rebsamen, fidèle de François Hollande, le candidat PS, visitant les équipements locaux, a aussi marqué une adhésion limitée et très prudente, mais nouvelle à gauche.

Son équipe estime que c'est un "outil de dissuasion, en tout cas de surveillance, mais certainement pas de prévention". Elle souligne que les études montrent qu'elle permet une baisse des vols et cambriolages "réelle mais peu significative" mais n'a aucun impact sur les délits violents.

Parallèlement, le candidat PS, qui a tenu une table ronde avec des personnels de la Protection judiciaire de la jeunesse - service de la justice qui met en oeuvre les décisions judiciaires concernant chaque année près de 400.000 mineurs - a mis l'accent sur les principes plus traditionnels de la gauche.

Il propose de généraliser la signature entre l'Etat et les collectivités de "contrats locaux de prévention de la délinquance", où polices, services sociaux et diverses administrations siègent ensemble.

Le candidat PS s'estime plus à l'aise qu'en 2007 car tandis que 10.000 postes de policiers ont été supprimés depuis 2007, le bilan de Nicolas Sarkozy est très critiqué, du fait d'une forte progression des actes de violence sur les personnes.

Il y a plus de 10.000 viols déclarés en France chaque année et 340.000 cambriolages. La situation dans les banlieues pauvres est jugée par ailleurs préoccupante avec une violence endémique et un recours accru à des armes de guerre.

Edité par Patrick Vignal et Yves Clarisse

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  • M7732327 le lundi 6 fév 2012 à 18:33

    La photo n'est pas flatteuse. Il me fait penser au poltron d'un des films Jurassic Park, celui qui se sauve avec la jeep en pleine temête et finit par se faire bouffer par le méchant dynosaure.

  • M1386403 le lundi 6 fév 2012 à 17:49

    85 000 peines d'emprisonnement non exécutées faute de place dans les prisons : cherchez l'erreur. Où est la démocratie quand on n'exécute même pas les peines prononcées !!!!

  • M1386403 le lundi 6 fév 2012 à 17:48

    cela ne vient à personne l'idée de refaire travailler les policiers 41 h 30 par semaine pour gagner 25ù d'effectifs en plus : quand on travaille moins de 40 h (8x3= 24) dans un service d'urgence H24 , il faut 4 équipes au lieu de 3 . Actuellement pour avoir 2 pooliciers tout le temps il en faut 15: cherchez l'erreur !

  • M1386403 le lundi 6 fév 2012 à 17:45

    Cela ne vient à personne l'idée de refaire tra

  • M4841131 le lundi 6 fév 2012 à 17:44

    exprimant sa volonté de "protéger à la fois les jeunes (délinquants) et la société". question pourquoi faut protéger les délinquants, faudrait pas plutôt les mettre hors détat de nuire définitivement et protéger les honnêtes gens qui paient des impôts pour que la ra.caille soit au chaud, quelle honte !

  • bercam01 le lundi 6 fév 2012 à 17:20

    Et il a prévu quoi pour lutter contre la ...nerie ?

  • mjjmimi le lundi 6 fév 2012 à 16:10

    Mholande est coïncé entre le dogme de gôche "éducation-prévention" et la réalité de notre sociétéde venue plus violente. A s'asseoir le q entre deux chaises il va se prendre une gamelle!

  • dhote le lundi 6 fév 2012 à 15:13

    Il n'est pas gèné de proposer ce qu'il a combattu sous Chirac, il va sans doute reinstaurer la réprimande, la retenue et le rappel à la loi dans les quartiers difficiles.