François Hollande espère "un premier tour qui va emporter tout"

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FRANÇOIS HOLLANDE ESPÈRE "UN PREMIER TOUR QUI VA EMPORTER TOUT"
FRANÇOIS HOLLANDE ESPÈRE "UN PREMIER TOUR QUI VA EMPORTER TOUT"

par Elizabeth Pineau

LILLE (Reuters) - François Hollande a mobilisé ses troupes mardi à Lille en vue d'un premier tour "qui va emporter tout" mais les a mises en garde contre toute "euphorie" avant les résultats du vote.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle a tenu dans la capitale du Nord l'avant-dernier grand meeting de sa campagne de premier tour -une ultime réunion publique est prévue jeudi à Bordeaux à trois jours du vote, dimanche.

"C'est dans cinq jours que nous allons décider de notre destin", a-t-il dit devant environ 10.000 personnes réunies au Grand Palais de Lille. "C'est le premier tour qui va emporter tout, le mouvement qui va se lever, la conquête qui va s'annoncer."

A la foule qui scandait "On va gagner", François Hollande a répondu: "Vous êtes bien informés, il est possible que nous gagnions mais ce n'est pas sûr, sinon je ne serais pas là devant vous!"

"Il y a toutes les raisons de penser que le second tour, ce sera entre la gauche et la droite", a aussi dit le député, promettant toutefois de répondre "coup pour coup" entre les deux tours.

"Les Français vont se décider au dernier moment. J'ai fait tout ce qu'il fallait, je le crois, avec vous, pour montrer notre cohérence", a estimé François Hollande, mettant en garde contre les sondages "qui veulent aller et qui peuvent revenir".

"Gardez-vous de toute euphorie", a-t-il dit.

Dans une région ouvrière, l'élu socialiste a insisté sur la valeur travail, évoquant "le droit de faire de son travail une émancipation et une affirmation de sa condition".

"Le combat de 2012, a-t-il répété, (c'est) le combat engagé de ceux qui vivent de leur travail et dont le seul patrimoine s'appelle la Sécurité sociale, le combat de ceux qui attendent tant de la promesse républicaine pour leurs enfants."

Pour ce faire, son projet revient selon lui à "changer de logique" par rapport à celle de l'actuel exécutif, trop favorable à ses yeux au monde de l'argent.

"Il est temps que cette campagne se termine", a-t-il plaisanté à propos des dernières propositions de Nicolas Sarkozy sur le rôle de la Banque centrale européenne ou l'encadrement des loyers, qu'il juge volées à son camp.

CHALEUR DU NORD

Dans un registre plus politique, François Hollande a rappelé le nécessaire rassemblement de la gauche pour la présidentielle et les législatives en s'adressant aux électeurs tentés par le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon.

"Certains, je les entends, voudraient que la gauche se divise", a-t-il dit, ajoutant qu'il ne saurait y avoir "la gauche des cortèges contre la gauche des ministères".

"Il n'y a pas deux gauches, il y a une gauche qui veut gagner, qui veut diriger", a-t-il ajouté. "Je veux agir, je ne veux pas simplement contester, protester, résister."

Avant de monter sur scène, François Hollande a pris un long bain de foule, recueillant encouragements, roses rouges et embrassades de la part des militants. "Je savais la chaleur du Nord", a-t-il dit sur scène devant un public réactif armé de milliers de ballons et de drapeaux.

"Retrouver Lille et le Nord, pour le candidat socialiste que je suis, c'est retrouver ses racines", a ajouté le député de Corrèze, dont les grands-parents habitaient un village de la région.

Avant lui à la tribune, la maire de Lille Martine Aubry a salué la "force tranquille" de celui qu'elle avait affronté à la primaire socialiste.

"Laisse-moi te dire, François, combien ton engagement, ta détermination, ta force tranquille, ta dignité tout au long de cette campagne nous rend tous fiers d'être socialistes, d'être de gauche aujourd'hui", a-t-elle dit.

François Hollande a salué son travail de la première secrétaire du PS, qu'il a lui-même dirigé pendant dix ans. "Sans le Parti socialiste il n'y a pas de changement possible aujourd'hui en France", a-t-il dit.

Martine Aubry était assise au premier rang aux côtés du président du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet, du Premier ministre belge Elio Di Rupo, de la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, et de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Elizabeth Pineau, édité par Henri-Pierre André

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  • ahariga1 le mercredi 18 avr 2012 à 07:36

    En fin une parole réaliste: "Gardez-vous de toute euphorie". Pensant régler tous les problèmes en 1 mois (maximum); il faut prévoir l'annonce en septembre ou octobre, qu'il ne peut rien faire du fait de la dette, du déficit de notrre commerce extérieur, du déficit de la Sécu (accumulée depuis 30 ans et que la Gauche non plus résoudre, quand elle avait le pouvoir), de Bruxelles de Londres et de Wall Street, des méchants capitalistes.....