François Hollande entame son examen de passage européen

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François Hollande entame son examen de passage européen
François Hollande entame son examen de passage européen

PARIS (Reuters) - Les négociations entre François Hollande et ses partenaires européens pour une réorientation politique susceptible de stimuler la croissance ont commencé mercredi par une rencontre à Paris avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

L'échange d'une cinquantaine de minutes, "positif, approfondi, constructif", a porté sur "toutes les dimensions de la zone euro", sur la crise grecque, la stratégie de croissance, a rapporté Pierre Moscovici, chargé de la transition.

"La discussion a été au fond des choses", mais "ne cherchons pas des signes qui n'existent pas", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse, précisant que le président élu n'entendait pas "anticiper sur la situation qui sera la sienne la semaine prochaine".

François Hollande, qui entrera officiellement en fonction le 15 mai, devait s'entretenir jeudi à 14h30 avec le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avant de se rendre à Berlin la semaine prochaine pour y rencontrer Angela Merkel.

Confronté à la résistance de la chancelière, qui rejette toute renégociation du pacte budgétaire européen, il entend trouver avec les partenaires de la France les voies d'une réorientation de la politique économique communautaire afin de sortir d'"une logique d'austérité", a réaffirmé mercredi Jean-Marc Ayrault, cité pour devenir Premier ministre.

Angela Merkel a consenti lundi des ouvertures sur un possible pacte de croissance tout en divergeant avec le nouveau président français sur les moyens d'y parvenir.

La coalition conservatrice allemande (CDU-CSU) craint de faire les frais des promesses du nouvel exécutif socialiste français, qui s'est notamment engagé durant la campagne électorale à créer 60.000 postes dans l'éducation nationale sur cinq ans, à relever le salaire minimum et à revenir sur le recul de l'âge légal de départ à la retraite.

"Il n'y a pas deux discours" de François Hollande, a souligné Jean-Marc Ayrault.

"Il faut qu'on sorte de cette logique d'austérité dans laquelle l'Europe s'enfonce et qui conduit à l'impasse, regardez la Grèce. Il faut trouver la voie pour redresser l'Europe et réorienter sa politique. Il (François Hollande) ne dira pas autre chose que ce qu'il a dit devant les Français", a ajouté le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

"UNE MAJORITÉ NETTE"

François Hollande devait recevoir Herman Van Rompuy à 16h00, puis Jean-Claude Juncker jeudi à une heure non encore précisée. Ce dernier a souligné dans une interview à la ZDF qu'une renégociation du pacte budgétaire était exclue mais que des éléments de croissance, "pas nécessairement sous la forme d'un traité", pourraient lui être adjoints.

Herman Van Rompuy a émis la même opinion.

Conscients de la partie ardue qui s'annonce, les socialistes français dramatisent l'enjeu des élections législatives des 10 et 17 juin à l'aune des impératifs européens.

Jean-Marc Ayrault, qui mènera campagne quelle que soit sa fonction future, a même invoqué mercredi l'exemple de la Grèce, de nouveau sous la menace de l'instabilité politique, pour mobiliser les électeurs.

"Il est important que le président dispose d'une majorité très nette à l'Assemblée pour la discussion avec nos partenaires européens, car elle ne fait que commencer", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'une réunion du groupe PS à l'Assemblée.

"Les choses bougent en Europe, c'est vrai, la France n'est pas n'importe quel pays, le vote des Français compte. Mais il ne comptera pleinement que quand les Français auront donné à François Hollande une majorité à l'Assemblée", a insisté Jean-Marc Ayrault, qui entretient de solides relations avec les partis sociaux-démocrates européens, notamment le SPD allemand.

Le PS accuse l'UMP, qui ambitionne d'imposer une cohabitation au successeur de Nicolas Sarkozy, de chercher à "déstabiliser" la France à un moment crucial. "Il est important que le vote législatif soit en cohérence avec le vote des Français".

La première secrétaire du PS, qui participait à la réunion du groupe socialiste, a lancé un appel à la mobilisation pour les législatives et exhorté l'opposition à l'unité.

Martine Aubry a précisé que les discussions avec le Front de gauche sur les circonscriptions "à risque" où la gauche pouvait être éliminée, étaient sur le point de se conclure. Elles concerneraient 55 circonscriptions.

"Cette réunion, c'est pour dire 'Nous sommes heureux', mais c'est aussi pour dire 'Au boulot!'", a-t-elle résumé.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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  • bigot8 le mercredi 9 mai 2012 à 19:38

    François Hollande entame son examen d URINE

  • M6437502 le mercredi 9 mai 2012 à 16:07

    La Grèce montrée en exemple par Ayrault!En marge du pouvoir depuis des années ils n'ont rien perdu de leurs nuisances.Et tous ces efforts pour faire face à la crise anéantis!Ils est vrai qu'ils ont occulté la crise.B