François Hollande défend la "périlleuse" mission en Centrafrique

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LA "PÉRILLEUSE" MISSION EN CENTRAFRIQUE
LA "PÉRILLEUSE" MISSION EN CENTRAFRIQUE

par Elizabeth Pineau

CREIL, Oise (Reuters) - François Hollande a présenté mercredi ses voeux aux armées dans un contexte marqué par la "périlleuse" opération militaire française en Centrafrique, dont le président a justifié l'utilité tout en espérant une aide prochaine de l'Europe.

Sur la base militaire de Creil (Oise), le chef de l'Etat, chef des armées, a dit sa "satisfaction" devant le travail accompli depuis un an sur les théâtres d'opération extérieurs.

Il a relevé la "prouesse militaire et technique" constituée par le retrait des troupes d'Afghanistan et salué le "succès" de l'opération Serval engagée il y a un an au Mali, où les effectifs de 2.500 hommes aujourd'hui passeront selon lui à 1.600 mi-février avant de se stabiliser à un millier.

Le chef de l'Etat a de nouveau justifié l'intervention en République centrafricaine, où la France a déployé 1.600 soldats depuis le 5 décembre pour protéger la population des massacres perpétrés par des bandes armées.

Le président centrafricain Michel Djotodia, à qui Paris reproche de pas avoir su empêcher les exactions de ces derniers mois, devrait présenter jeudi sa démission sous la pression de ses pairs africains.

"Depuis un mois seulement, 1.600 soldats conduisent avec les Africains une mission périlleuse dans son exécution mais claire dans ses objectifs", a dit François Hollande à Creil.

La mission consiste à "rétablir la sécurité à Bangui et dans l'ensemble de la Centrafrique", à "éviter de nouveaux massacres" et à "permettre l'accès de l'aide humanitaire", a-t-il rappelé, disant comprendre les doutes que "ceux qui s'interrogent sur le bien-fondé de cette intervention" et sa durée.

"Quelle serait aujourd'hui la situation en Centrafrique si la France était restée indifférente à la dérive de ce pays ?", s'est-il interrogé, rappelant que Paris ne pouvait rester sans rien faire alors qu'elle avait des troupes dans des pays voisins comme le Gabon et le Tchad.

"L'EUROPE S'IMPLIQUERA DAVANTAGE"

"Non, il fallait que nous puissions être là avant qu'il ne soit trop tard car ce serait en milliers de morts qu'on aurait à compter les victimes de cette tragédie", a-t-il ajouté.

Le président a reconnu la difficulté de la tâche pour des militaires qui n'ont pas à faire face à un adversaire clair et doivent "s'interposer, désarmer, et c'est ce qu'ils font".

Il a dit compter sur la réunion des ministres européens de la Défense du 20 janvier pour obtenir une implication plus grande de l'Europe, essentiellement sur le plan humanitaire.

"L'Europe s'impliquera davantage", a-t-il assuré, rappelant aussi les décisions qui seront prises dans le cadre de l'Onu pour installer une force de maintien de la paix.

Devant des centaines de militaires réunis dans un hangar, François Hollande a salué la mémoire des neufs soldats français morts en 2013 au Mali et en Centrafrique.

Une dizaine de militants de la CGT ont manifesté aux abords de la base pour protester contre les coupes dans les effectifs de la Défense, qui devrait perdre 34.000 hommes d'ici 2019.

Le budget a été gelé pour la même période dans le cadre de la Loi de programmation militaire votée l'an dernier.

Edité par Yves Clarisse

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