François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, dans les studios d'Europe 1 à Paris, le 7 mars 2012

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Au lendemain de la longue intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, François Hollande s'est démarqué systématiquement du président sortant mercredi, sur le style comme sur les sujets de fond, l'accusant d'"incohérence" à propos de l'immigration.Invité de la matinale d'Europe 1, avant de donner à nouvau la réplique à son rival au 20 heures de France 2, le candidat socialiste à l'Elysée, favori des sondages, a vu dans la prestation de mardi soir une "émission de justification personnelle et politique" de M. Sarkozy, lui reprochant d'avoir "exhibé" sa vie privée (dîner du Fouquet's, croisière sur le yacht de Bolloré)."Je ne suis pas sûr que cela fasse partie de la campagne présidentielle (...) Lorsqu'on a des messages à passer on n'a pas besoin de 3h15", a critiqué le député de Corrèze, se décrivant aux antipodes du chef de l'Etat.Mardi soir, l'émission de France 2 "Des paroles et des actes" a battu un record en part d'audience, avec 5,6 millions de téléspecteurs en moyenne pour le président-candidat, un peu plus que M. Hollande le 26 janvier (5,5 millions). "Dans ma vie politique, j'ai fait des choix douloureux, difficiles", a assuré l'ancien patron du PS répondant aux critiques réitérées du chef de l'Etat sur son indécision supposée. Il a rappelé qu'en 2002, il n'avait "pas barguigné" ni "hésité" pour appeler à voter Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen, de même qu'en 2005 il s'était prononcé pour l'adoption du traité européen constitutionnel alors que le PS était divisé à ce sujet."C'est vrai que je n'ai pas la même démarche que Nicolas Sarkozy. Je ne décide pas de tout, sur tout, pour tous, j'ai le souci de dialogue, j'ai conscience que je n'ai pas forcément toujours la vérité. Je n'assène pas, je ne change pas d'opinion à mesure des circonstances (...) je ne mets pas 3 heures pour expliquer ce que je n'aurais pas dû faire", a-t-il asséné, reconnaissant du bout des lèvres "des qualitiés de combattant", à son adversaire.Récusant l'argument de l'expérience présidentielle invoqué par Nicolas Sarkozy, il a jugé qu'il n'avait "aucun sens dans une démocratie".M. Hollande s'est appliqué à critiquer systématiquement les propositions de Nicolas Sarkozy. La création d'un "impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes" du CAC 40' "C'eût été une meilleure idée de le faire dès 2007", a-t-il lancé. Reprochant au chef de l'Etat de ne pas avoir donné la "recette" de cette mesure, il a indiqué que, pour sa part, il instituerait trois taux d'impôt sur les sociétés, avec une progressivité fonction de leur taille. Il a aussi affirmé vouloir "en finir avec les niches fiscales pour les grandes entreprises".Il a surtout pris le contre-pied des propositions de M. Sarkozy visant à durcir la politique d'immigration, notamment pour les conjoints étrangers de Français. Jugeant "stupide" de fixer des objectifs en la matière, M. Hollande a indiqué qu'il resterait, s'il était élu, "sans doute dans le même ordre de grandeur" que les "30.000 régularisations" annuelles aujourd'hui accordées.Il a pointé "une nouvelle fois, une incohérence" chez le président sortant qui, "hier, souhaitait l'immigration économique" et "aujourd'hui veut la réduire".Donné gagnant face à M. Sarkozy dans toutes les enquêtes d'opinion, le député de Corrèze s'est montré prudent, martelant, comme la veille devant les parlementaires PS, que jusqu'au scrutin, "rien n'est fait, rien n'est acquis, rien n'est joué".Mercredi, outre une intervention à la soirée parisienne de "Féministes en mouvement", à la veille de la journée des femmes, François Hollande devait recevoir l'après-midi à son QG les représentants de plusieurs cultes, notamment musulman, en pleine polémique sur le halal et le casher.

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