François Hollande au pays des "Abenomics" et de Fukushima

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande entame jeudi un voyage de trois jours au Japon, troisième économie mondiale en passe de retrouver la croissance sous l'impulsion du gouvernement de Shinzo Abe, dont la France aimerait profiter pour se relancer elle-même.

Le faste impérial imprimera cette visite dite d'Etat, la première depuis Jacques Chirac en 1996, qui verra le président français et sa compagne, Valérie Trierweiler, reçus par l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko en leurs palais.

Le voyage durera trois jours et deux nuits, échappant aux critiques de la presse qui avaient émaillé la visite d'une trentaine d'heures à peine du chef de l'Etat fin avril en Chine.

François Hollande, à la tête de la deuxième puissance d'une Europe en crise, parlera économie avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont la politique de dopage de la croissance par la relance des dépenses publiques, surnommée "Abenomics", a mis fin à 15 années de déflation en ravivant toutefois le spectre d'une "guerre des monnaies" liée à la baisse du yen.

"Cette politique audacieuse donne un certain nombre de résultats, donc le président interrogera M. Abe sur son action, dont le volet monétaire n'est pas sans conséquences pour nos économies", souligne un de ses conseillers. "La reprise de la croissance nippone est un élément important pour les grandes économies, à commencer par l'économie européenne."

PARTENARIATS

Le "miracle japonais" a toutefois son revers dans un pays où la dette a atteint 220% du PIB en 2012 selon l'OCDE et Berlin craint de voir la France, sommée par toutes les institutions internationales de réduire ses dépenses, suivre le même chemin.

"C'est très inquiétant si la France prend le Japon en exemple", note un haut responsable allemand.

"Financer la croissance par l'explosion de la dette, ce n'est pas notre conception de la politique économique", ajoute-t-il, soulignant que "la solvabilité du Japon n'est plus assurée que par la Banque du Japon".

Comme en Inde et en Chine plus tôt cette année, une demi-douzaine de ministres et une quarantaine de chefs d'entreprises (Renault, PSA, Thales, Total, GDF-Suez ou encore Pierre Fabre) accompagnent François Hollande.

Paris entend réveiller les relations avec un archipel de 127 millions d'habitants dont le marché mêlant consommateurs exigeants et barrières non tarifaires a la réputation d'être assez fermé de prime abord, mais fidèle une fois séduit. Paris souhaite nouer un "partenariat d'exception" sur cinq ans, soit la durée probable du mandat de l'actuelle équipe au pouvoir, installée après sept années d'instabilité politique.

La France est troisième investisseur au Japon, lui-même premier investisseur asiatique en France avec plus de 440 implantations, soit 70.000 emplois.

"C'est un pays où l'entrée est difficile mais où les positions sont solides et durables", a expliqué à Reuters Louis Schweitzer, représentant spécial du ministre des Affaires étrangères français pour le partenariat franco-japonais.

"Le Japon est un Etat de droit, où les clients sont attachés à la qualité", ajoute l'ancien patron de Renault, qui avait supervisé la fructueuse alliance entre le constructeur français et son partenaire japonais Nissan.

Le Japon a entamé des discussions avec l'Union européenne en vue d'un accord de libre-échange qui pourrait voir le jour dans les deux à cinq années qui viennent.

ACCORDS AVEC AREVA

Malgré l'absence de contrats, le volet économique sera important à Tokyo avec la signature d'accords impliquant notamment Areva alors que le Japon redémarre ses centrales nucléaires arrêtées il y a deux ans après l'explosion de celle de Fukushima.

La France, dont 78% de l'électricité est d'origine nucléaire, a lancé un programme de révision de ses centrales après la catastrophe japonaise.

Paris donne volontiers en exemple l'accord signé début mai pour la construction d'une deuxième centrale nucléaire en Turquie par le consortium franco-japonais composé de GDF Suez, Mitsubishi Heavy Industries et Itochu Corporation. Areva fournira les réacteurs.

La France espère aussi développer des partenariats et améliorer ses exportations dans les domaines du ferroviaire et de l'agroalimentaire, au-delà des seuls vins et spiritueux.

Des frémissements se font sentir dans l'aéronautique, la presse nippone s'étant fait récemment l'écho de l'intérêt des compagnies nationales nippones, jusqu'ici fidèles à Boeing, pour l'A350 d'Airbus.

Paris espère aussi collaborer avec Tokyo en matière de nouvelles technologies et de robotique, notamment au service des personnes âgées dans un Japon où une personne sur quatre a plus de 65 ans.

Au chapitre international, la France soutient la candidature du Japon, qui présidera le G8 en 2016, au titre de membre permanent du Conseil de sécurité de l'Onu.

Le terrorisme et la prolifération nucléaire sont d'autres sujets de préoccupation communs avec le Japon, qui connut le feu nucléaire en 1945, et est en première ligne face aux ambitions atomiques de la Corée du Nord voisine.

Le volet culturel n'est pas négligé, à l'heure où 700.000 touristes japonais visitent chaque année la France, où étudient 3.500 jeunes nippons - contre 750 étudiants français au Japon.

Edité par Yves Clarisse

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  • iparleau le jeudi 6 juin 2013 à 08:24

    LA FRAU...D´...EUSE aurait du etre le titre du livre ! en concubinage notoire depuis plus de 6 ans cf art 515-1 du code civil elle aurait du faire une déclaration d ISF avec Mr XH ( censure sinon ! ) cf art 885-a du CGI ! ou est cette déclaration depuis plus de 6 ans ??