François Hollande appelle à transmettre le souvenir de Drancy

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INAUGURATION DU MÉMORIAL DE LA SHOAH DE DRANCY
INAUGURATION DU MÉMORIAL DE LA SHOAH DE DRANCY

DRANCY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - François Hollande a inauguré vendredi le mémorial de la Shoah de Drancy, d'où furent déportés plus de 60.000 juifs vers les camps de la mort, invitant à transmettre le souvenir de la déportation, ce "crime" auquel la France a participé.

Cube de béton à vastes fenêtres construit non loin du "wagon du souvenir" de Drancy, le mémorial est une antenne de celui du centre de Paris et se veut, comme lui, un lieu "d'histoire et de transmission" à destination du grand public et des scolaires.

De Drancy, "lieu d'un crime mais aussi d'un symbole : la mémoire nationale", François Hollande a lancé un appel à "faire que de la souffrance naisse une vigilance, la nôtre. Et que de la vigilance sorte une espérance : celle, toujours inachevée, de la République et de l'égalité".

En marge de cette visite, le président et plusieurs personnalités présentes ont répondu aux propos de la présidente du Front national, Marine Le Pen, réclamant l'interdiction du voile et de la kippa dans la rue.

"Tout ce qui déchire, oppose, divise est maladroit", a dit François Hollande, en appelant aux "valeurs de la République" contre "l'intolérance et la haine" tandis le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, qualifiait Marine Le Pen de "première des intégristes".

Dans son discours prononcé après la visite du mémorial, en présence de rares survivants et de leur famille, le président a insisté sur l'importance de "continuer la chaîne du souvenir".

"Il ne s'agit plus d'accuser. La justice est passée. Et parfois elle est arrivée trop tard. Il ne s'agit pas non plus d'établir la vérité mais nous en connaissons aussi l'horreur. Il s'agit de transmettre", a-t-il dit.

"LA TRANSMISSION, AVENIR DE LA MÉMOIRE"

"La transmission, là réside l'avenir de la mémoire", a-t-il insisté, invitant les plus jeunes à prendre le relais.

"Vous devez absolument continuer à parler aux survivants et ensuite transmettre à d'autres", a-t-il ainsi demandé à une dizaine de collégiens lauréats du concours de la Résistance et de la Déportation qui lui ont remis un DVD de leur travail.

Une rencontre organisée près du "wagon du souvenir" de Drancy, installé depuis 1988 près d'un monument de Shlomo Selinger, que François Hollande est allé fleurir.

"Comment comprendre, comment expliquer l'inexplicable ?", a dit le président dans son discours, évoquant un antisémitisme "qui était devenu progressivement une opinion, puis un enchaînement", de l'étoile jaune à Drancy.

"Rien n'est insignifiant. Tout propos, tout acte à caractère antisémite ou raciste est inacceptable", a-t-il dit. "Le devoir de ne rien admettre de ce qui est inadmissible".

Le chef de l'Etat a rappelé le rôle de la France dans la déportation des juifs, comme il l'avait fait le 22 juillet lors da la cérémonie commémorant le soixantième anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv.

"Drancy a été gardé par des gendarmes français, géré par des fonctionnaires français. Les enfants qui ont été amenés ici de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande avaient été arrêtés par des policiers français", a dit le président, évoquant "l'outrage à la France que fut la collaboration".

Entre mars 1941 et août 1944, environ 63.000 juifs ont été déportés du camp de Drancy parmi les 76.000 juifs déportés de France vers les camps de la mort nazis, d'où la plupart ne sont jamais revenus. "Un crime abominable", a dit François Hollande.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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  • M8444634 le vendredi 21 sept 2012 à 14:23

    La discussion sur les signes religieux ostentatoires n'a rien à voir avec Drancy. C'est un amalgame odieux quand on sait que ce sont les socialistes et non l'extrême droite (qui pour la plupart a soutenu De Gaulle dès le début) qui ont voté à 80% les pleins pouvoirs à Pétain. Si l'AFP faisait son travail au lieu de lécher les pieds du pouvoir, elle le dirait.