François Hollande affronte la grogne des fonctionnaires

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LES FONCTIONNAIRES RÉCLAMENT UN GESTE SUR L'EMPLOI ET LES RÉMUNÉRATIONS
LES FONCTIONNAIRES RÉCLAMENT UN GESTE SUR L'EMPLOI ET LES RÉMUNÉRATIONS

PARIS (Reuters) - Pour la première fois depuis son élection, François Hollande est confronté à un mouvement de grève des fonctionnaires, une part importante de son électorat qui réclame un geste sur l'emploi et les rémunérations.

Les quelque 5,2 millions de fonctionnaires français sont appelés jeudi à cesser le travail et à manifester par trois syndicats : CGT, FSU et Solidaires. Une manifestation est prévue à 14H00 (13h00 GMT) à Paris, mais aussi dans plusieurs autres villes de France.

Les organisations syndicales demandent une revalorisation du point d'indice qui sert de référence pour le calcul des salaires dans la fonction publique. Il est gelé depuis 2010.

Ils réclament en outre un moratoire sur les suppressions de postes et l'abrogation du jour de carence sur les arrêts maladie.

Une réunion sur les carrières et les salaires est prévue le 7 février avec la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, mais cette dernière a d'ores et déjà écarté une hausse globale des salaires dans la fonction publique. La masse salariale de l'Etat devrait représenter 80,6 milliards d'euros en 2013.

"NOUS SOMMES SUR LE MÊME BATEAU"

Le gouvernement, qui s'est assigné pour objectif une réduction des déficits publics à 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2013, fait valoir ses "contraintes budgétaires".

"Les fonctionnaires le savent : nous sommes sur le même bateau. Si l'action publique devait être abîmée par des déficits trop importants, si nous perdions une part de souveraineté, les fonctionnaires seraient touchés également", souligne Marylise Lebranchu dans une interview publiée jeudi dans Le Télégramme de Brest.

Une revalorisation de 1% du point d'indice "revient à 700 millions" d'euros pour l'Etat, rappelle la ministre.

"Il n'y a pas de marge de man?uvre en termes de créations de postes puisque nous portons les priorités du président de la République à l'Éducation nationale, la police et la justice", explique-t-elle.

La ministre précise qu'elle s'attendait au mouvement de jeudi, mais assure que le "fossé" entre l'Etat et ses fonctionnaires "a été comblé".

Pour Thierry Le Paon, appelé à succéder en mars à Bernard Thibault à la tête de la CGT, c'est loin d'être le cas.

"Il y a un changement de gouvernement", mais "pour l'instant pas grand' chose" n'a changé "pour les salariés", a-t-il estimé sur RTL.

"C'est ce qui nécessite une mobilisation sans précédent des salariés pour que les questions ayant trait aux salaires, à l'emploi et au pouvoir d'achat puissent être sur le devant de la scène", a-t-il poursuivi.

"Je pense que la pression exercée sur ce gouvernement aujourd'hui, comme sur la patronat dans beaucoup d'entreprises, va permettre d'ouvrir de véritables négociations", a-t-il dit, n'abandonnant pas l'espoir d'une hausse du point d'indice.

"IL FAUT DES SIGNES"

Réponse de Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, sur i-télé : "Il est normal que les fonctionnaires nous disent 'Ne nous oubliez pas', mais "il faut demander à tous les acteurs publics des efforts pour le redressement des comptes publics".

"Nous pensons que les choix budgétaires doivent être faits aussi pour la fonction publique et pour ses agents", a plaidé pour sa part sur i>TELE Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU).

Elle affirme que les fonctionnaires ont perdu 13% de pouvoir d'achat depuis les années 2000.

"Vingt pour cent des agents de la fonction publique sont au smic, donc il y a une vraie question des salaires. En moyenne, les salaires de la fonction publique, c'est 2.200 à 2.700 euros pour des qualifications qui sont parfois assez élevées", a-t-elle expliqué.

Elle a précisé que 20% des agents étaient des précaires.

"On donne de l'argent aux entreprises pour relancer l'économie, dont acte, mais la fonction publique et les services publics participent aussi de cette relance du pays, de la cohésion sociale en période de crise", a insisté Bernadette Groison.

"Maintenant, a-t-elle ajouté, il faut des signes et des mesures concrètes. Nous voulons alerter le gouvernement sur son silence sur la fonction publique".

Sophie Louet

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  • M1945416 le jeudi 31 jan 2013 à 10:51

    toujours les mêmes qu'on entend , malgré les avantages de leurs régimes spéciaux... il y a égalité dans notre devise, c'est pour quand???

  • M2280901 le jeudi 31 jan 2013 à 10:22

    va t-il dégraisser le mammouth ?

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