François Hollande accusé de déni de réalité sur le chômage

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LE CHÔMAGE EN FRANCE
LE CHÔMAGE EN FRANCE

PARIS (Reuters) - L'opposition a dénoncé vendredi le "déni de réalité" de François Hollande, qui estime que l'inversion de la courbe du chômage, promise avant la fin de l'année, est amorcée malgré la hausse du nombre de demandeurs d'emploi au mois de novembre.

Le nombre de demandeurs de catégorie A, sans le moindre emploi, a augmenté en novembre de 0,5%, en métropole, pour s'établir à 3.293.000. En tenant compte des personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), leur nombre recule toutefois de 0,1% (-6.900) à 4.876.100. Avec les départements d'Outre-mer, le total atteint 5.174.300.

En dépit de la hausse du nombre de demandeurs en catégorie A, le chef de l'Etat a estimé jeudi soir que "l'inversion de la courbe du chômage est bien amorcée" et que "la diminution durable du chômage est désormais à notre portée".

Lors d'une visite dans une agence Pôle Emploi à Lorient (Morbihan), aux côtés du ministre du Travail Michel Sapin, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a assuré devant la presse que la situation allait s'améliorer.

"Je comprends évidemment l'impatience des gens qui sont au chômage aujourd'hui et qui ne se contentent pas des statistiques et qui parfois sûrement s'irritent des débats", a-t-il dit.

"Ce qui est important c'est d'inscrire notre action dans la durée, la bataille de l'emploi est une bataille qui s'inscrit dans la durée. Est-ce que oui ou non la situation de l'emploi va s'améliorer ? Nous sommes convaincus que oui."

Un jeu sur les mots pour l'opposition, qui y voit un déni de réalité de la part du gouvernement et un manque de savoir-faire en terme de communication politique.

"Ce qui était absurde de (la) part (de François Hollande) il y a un peu plus d'un an, c'était de lancer un pari de ce type, il n'avait aucune maîtrise des clefs de l'économie française et surtout aucune politique susceptible d'améliorer la compétitivité de l'économie française", estime l'ex-ministre UMP de la Défense, Gérard Longuet, sur RTL.

"Nous dire 'ne vous inquiétez pas, dans six mois c'est mieux', c'est demain on rase gratis, c'est la dégradation de l'image de la parole politique dont malheureusement nous souffrirons tous", ajoute-t-il, parlant de "déni de réalité".

CLIGNOTANTS AU ROUGE

Dénonçant une stratégie de communication, les syndicats ont mis en avant des indicateurs qui, selon eux, ne trompent pas : la hausse du chômage des seniors de plus de 50 ans, celle des chômeurs de longue durée et des jeunes de moins de 25 ans.

"Tout ça c'est un peu de la communication, le problème de fond c'est que le chômage perdure avec des signes toujours inquiétants que reconnaît le ministre d'ailleurs", a dit le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly sur BFM TV-RMC.

"Un optimiste, c'est un pessimiste mal informé", a-t-il ajouté, ironisant sur les déclarations gouvernementales. "Sur le fond, on n'est pas dans une optique d'inversion de la courbe du chômage (...) Il y a des outils à changer, il y a des outils à remettre en place".

A la CGT, on partage le même constat.

"Les chiffres, on peut leur faire dire ce que l'on veut, quand ça nous intéresse on prend au mois, quand ça ne nous intéresse plus on prend au trimestre, après on prend à l'année", a dit Eric Aubin, membre de la direction du syndicat.

"Ce qu'il faut noter, c'est qu'on a des demandeurs d'emploi supplémentaires et qu'il faut regarder les causes", a-t-il ajouté Sur France Info. "Les causes pour nous, c'est une politique de l'emploi qui n'est pas bonne".

Un appel à un changement de politique économique qui fait écho à celui lancé dès jeudi soir par le président de l'UMP.

"Je demande à François Hollande de s'adresser aux Français pour prendre acte de son échec et annoncer immédiatement un changement de politique économique", demandait Jean-François Copé.

Dans son édition datée de samedi, Le Monde consacre son éditorial au "déni de François Hollande".

"M. Hollande n'est visiblement pas saisi par le doute. Faisant fi du scepticisme des syndicats, des coups de semonce du Medef et des interpellations de la droite et du Front de gauche, qui font déjà le procès de son échec, il persiste et signe", écrit le quotidien.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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  • puck le vendredi 27 déc 2013 à 14:42

    Tout cela est excellent il faut que les français soient dégouté du socialisme .

  • fbordach le vendredi 27 déc 2013 à 14:31

    la communication "optimiste" du gouvernement depuis le début de la semaine échoue sur la réalités des chiffres, malgré tous les efforts de présentation alambiquée des résultats de novembre. Il serait peut- être temps d'arrêter les effets de rhétorique et de "com" : la "baisse tendancielle de la dégradation", "l'amorce progressive de l'amélioration" et autres "c'est moins pire que si c'était plus grave" ne sont plus de saison.

  • M1531771 le vendredi 27 déc 2013 à 14:17

    Il est riche mais ne le sait pas, il est en plein nauffrage mais ne le voit pas...! Carton rouge pour ce Président c'est sur !

  • lorant21 le vendredi 27 déc 2013 à 13:38

    A la vue de la pyramide des ages (beaucoup de départs en retraite, peu d'arrivées), oui, la situation aurait du s'améliorer. C'est simplement retardé de quelques mois. De moins en moins de vrais emplois mais de moins en moins de chomeurs, ce sera la situation paradoxale.

  • M19160 le vendredi 27 déc 2013 à 12:29

    Inimaginable novlangue pratiquée par Sapin qui pulvérise la vitesse de la lumière de la langue de bois, une de ses spécialités. Il faut dire qu'il porte un nom prédestiné pour pratiquer cette langue... et on aimerait le voir revêtir le costume du même nom et rejoindre le panthéon des ign0bles hypocrites socialistes.

  • M931269 le vendredi 27 déc 2013 à 12:18

    Carton ROUGE a ce gouvernement et son Président