François Hollande, à ses risques et périls

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François Hollande, arrivant au sommet européen, à Bruxelles, le 20 octobre.
François Hollande, arrivant au sommet européen, à Bruxelles, le 20 octobre.

Le chef de l’Etat n’est ni naïf ni suicidaire… Pourtant, en se confiant à l’excès aux journalistes, il provoque des dégâts inconsidérés. Comment l’expliquer ?

François Hollande est décidément un animal politique très singulier. A la fin de l’été, déjà, les Conversations privées avec le président d’Antonin André et Karim Rissouli (Albin Michel), puis le Ça n’a pas aucun sens, d’Elsa Freyssenet (Plon) avaient surpris : ces deux ouvrages de journalistes esquissaient la chronique du mandat en cours à partir de nombreuses rencontres avec le président de la République.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux confrères du Monde, ont poussé l’exercice beaucoup plus loin : les 660 pages de leur volumineux « Un président ne devrait pas dire ça… » (Stock), revisitent la plupart des événements qui ont marqué ce quinquennat et le font avec l’entière complicité du chef de l’Etat qui a reçu les deux auteurs une soixantaine de fois depuis le printemps 2012 jusqu’à l’été 2016, soit une centaine d’heures de conversations enregistrées.

Il s’agissait donc d’une entreprise délibérée, parfaitement assumée, ritualisée en quelque sorte. Qu’il pleuve ou qu’il grêle, et il n’a pas manqué de grêler depuis son entrée à l’Elysée, François Hollande a maintenu cette « séance » mensuelle d’entretien avec les deux journalistes.

Le résultat est saisissant, à plus d’un titre. C’est peu dire que cette avalanche de confidences, d’analyses et de commentaires délivrés par le président a jeté le trouble. D’abord, c’est inévitable, chez tous ceux – ministres, responsables politiques, collaborateurs – qui se trouvent bien souvent épinglés comme des papillons, au fil des év...

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