François Hollande a reçu les dirigeants politiques à l'Elysée

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NICOLAS SARKOZY REÇU À L'ÉLYSÉE
NICOLAS SARKOZY REÇU À L'ÉLYSÉE

PARIS (Reuters) - Les responsables de gauche et de droite reçus dimanche par François Hollande ont défendu "l'unité nationale" après les attaques de vendredi, Nicolas Sarkozy marquant sa différence en demandant une inflexion sur la Syrie et la sécurité intérieure.

Le chef de l'Etat dira lundi à 16h00 au Parlement réuni en Congrès à Versailles quelles suites il donnera en matière de défense, de diplomatie et de sécurité, aux mesures décidées après les attaques qui ont fait au moins 129 morts.

Le président LR (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé après la rencontre de l'Elysée un examen rapide de la prolongation de l'état d'urgence.

Le président de l'UDI (centristes), Jean-Christophe Lagarde, a évoqué une durée d'"environ trois mois pour l'instant et sans doute prolongée ensuite".

Selon Le Figaro, un projet de loi prolongeant l'état d'urgence de trois mois sera présenté mercredi en conseil des ministres, ce que l'Elysée n'a pas confirmé dimanche.

Premier à être reçu, le prédécesseur de François Hollande, Nicolas Sarkozy, a demandé "une inflexion" de la politique étrangère française, des décisions au plan européen et des "modifications drastiques" de la politique de sécurité.

Aujourd'hui, les Français "ne se sentent pas en sécurité", a ajouté le président de LR, probable candidat à la primaire de son parti pour l'élection présidentielle de 2017. "Le risque que de tels événements se reproduisent est réel", a-t-il ajouté.

"Nous devons tirer les conséquences de la situation en Syrie. Nous avons besoin de tout le monde pour exterminer Daech, notamment des Russes. Il ne peut pas y avoir deux coalitions en Syrie", a-t-il estimé.

Il a aussi demandé une nouvelle politique européenne de l'immigration et un durcissement, en France, de la répression de "ceux qui consultent des sites djihadistes" et "font le djihad".

LE PEN FAIT UN LIEN ENTRE MIGRANTS ET TERRORISME

Le Premier ministre, Manuel Valls, a répondu peu après que "dans une guerre, ce qui est essentiel, c'est l'union sacrée".

"Nous sommes disposés à entendre toutes les propositions qui permettent, dans le cadre de cette union sacrée, d'être efficaces", a assuré le chef du gouvernement.

A trois semaines du premier tour des élections régionales, les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat, des groupes parlementaires et les dirigeants de plusieurs partis ont surtout insisté sur l'unité nécessaire du pays.

"Nous sommes rassemblés (...) face à ces actes de guerre qui sont contre toute la nation", a dit Gérard Larcher.

Le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, Christian Jacob, a estimé que "la solidarité nationale et l'unité nationale ne se discutent pas, elles s'imposent".

Mais, a-t-il ajouté, cette idée suppose que l'opposition soit entendue, en particulier sur la déchéance de nationalité des djihadistes ayant une autre nationalité et la possibilité d'interner les djihadistes qui reviennent en France.

"J'ai regretté que pendant ces 10 mois nos propositions n'aient pas été retenues", a-t-il ajouté en référence aux attentats de janvier.

Reçue après les parlementaires, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a dit avoir demandé le rétablissement permanent des contrôles aux frontières et des mesures fermes contre les personnes radicalisées et les structures qui soutiennent le fondamentalisme islamiste.

Elle a estimé qu'on ne pouvait séparer la question des migrants et le risque terroriste, jugeant que "la dissémination de ces migrants dans les villages, dans les villes en France, peut faire craindre l'existence de terroristes qui profiteraient de ces mouvements de population pour venir nous frapper".

L'état d'urgence doit quant à lui servir aussi à "désarmer les banlieues", a-t-elle ajouté.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Emmanuel Jarry)

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