François Hollande à "l'offensive" sur le front européen

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FRANÇOIS HOLLANDE DÉCLINE UNE ?OFFENSIVE? À L?ÉCHELLE EUROPÉENNE
FRANÇOIS HOLLANDE DÉCLINE UNE ?OFFENSIVE? À L?ÉCHELLE EUROPÉENNE

PARIS (Reuters) - François Hollande s'est porté jeudi à "l'offensive" sur le front européen en s'engageant, à l'unisson d'Angela Merkel, à donner corps à une union politique dans les deux ans avec le renfort d'un gouvernement économique de la zone euro.

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait lors de la seconde conférence de presse de son quinquennat un an après son arrivée au pouvoir, a souhaité que le délai de deux ans accordé par Bruxelles pour la réduction du déficit public français à 3% du PIB soit l'occasion d'"un rebond", via le plan d'investissements sur dix ans que Jean-Marc Ayrault devra présenter en juin.

"Ce n'est pas un répit, c'est un rebond, une opportunité pour une reprise plus rapide en France et en Europe", a-t-il plaidé. "L'an II, ce doit être l'offensive".

Frappé par une désaffection sans précédent dans la Ve République à ce stade du mandat présidentiel, François Hollande a assuré prendre la mesure des doutes, de la "détresse", des Français dans un contexte de récession, mais il a réaffirmé sa foi en une inversion de la courbe du chômage d'ici fin 2013, un objectif que les économistes jugent intenable.

Soucieux de "vérité" à l'égard de l'opinion, il a toutefois concédé que "la bataille" ne se gagnerait pas sans croissance. Une croissance qu'il pronostique "nulle" en 2013, voulant "croire" à 1,2% en 2014.

LE COUPLE FRANCO-ALLEMAND "INDISPENSABLE"

"L'enjeu, c'est la croissance, c'est la sortie de la crise, c'est la fin de la récession", a-t-il souligné, défendant les "réformes essentielles" engagées depuis un an pour restaurer "la crédibilité budgétaire" du pays.

Jugeant durablement amorcée la "remise en ordre" de l'économie nationale, François Hollande a décliné son "offensive" à l'échelle de l'Union européenne, dont il a fait le point d'orgue de son discours liminaire alors que la majorité se fracture sur les enjeux européens et la relation avec Berlin.

Le président français a voulu rassurer sur la solidité du moteur franco-allemand, qui hoquète depuis un an, en faisant finalement écho aux propositions d'Angela Merkel sur l'Europe politique. Le couple franco-allemand, a-t-il dit, est "indispensable - je dis bien indispensable" à l'Europe.

"Mon devoir, c'est de sortir l'Europe de sa langueur (...) et de réduire la désaffection des peuples", a-t-il déclaré, adoptant une posture européenne résolue sans équivalent depuis son élection et marquant son ambition de "montrer la voie".

Ainsi a-t-il proposé un plan de relance pour l'Europe sur plusieurs fronts, après avoir répondu par le silence jusqu'à présent aux appels à l'union politique lancés par l'Allemagne.

"La France, a-t-il poursuivi, est disposée à donner un contenu à cette union politique", se donnant deux ans pour y parvenir, sans préciser ses contours. "Ce n'est plus une affaire de sensibilités politiques, c'est une affaire d'urgence".

HOLLANDE CROIT EN L'INVERSION DE LA COURBE DU CHÔMAGE

Il suggère aussi l'instauration d'un gouvernement économique de la zone euro se réunissant tous les mois avec pour mission l'harmonisation fiscale et la lutte contre la fraude fiscale. La zone aurait aussi une capacité budgétaire et la possibilité de lever l'emprunt. Berlin reste opposé à ces euro-obligations.

L'avènement d'une communauté européenne de l'énergie et le déblocage de fonds européens pour l'insertion des jeunes seront prônés par Paris à l'occasion des prochains Conseils européens.

Affirmant ne "chercher aucune défausse ni sur le passé ni sur l'extérieur", le chef de l'Etat entend concentrer l'offensive intérieure sur la préparation de l'avenir et l'emploi. "C'est en voyant loin que l'on change la perception du présent et que l'on redonne espoir", a-t-il justifié.

"Il n'y aura pas d'espérance possible tant que le chômage n'aura pas entamé sa décrue" et "la courbe du chômage peut s'inverser d'ici la fin de l'année", a-t-il réaffirmé.

Le Premier ministre présentera en juin un plan d'investissements décennal dans les domaines de l'énergie, de la santé, du numérique et des transports. Il sera financé par des crédits européens, la Caisse des dépôts et la BPI, des partenariats privés et des cessions de participations publiques.

François Hollande a confirmé une réforme de l'assurance-vie pour financer les entreprises, un plan d'épargne en actions (PEA) visant les petites et moyennes entreprises, ainsi que la révision de la taxation des plus-values de cession.

"Il n'y aura pas de zig-zags, il n'y aura pas d'allers-retours", a-t-il assuré au nom de "la confiance".

"La France n'est pas le problème, la France, c'est la solution", a-t-il lancé.

Sophie Louet, avec service France, édité par Yves Clarisse

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  • cyrgod le vendredi 17 mai 2013 à 11:32

    Moi Président, je serai un président récessif, racolleur, pro-européen certes mais certainement pas pro-français vu le vote pour tous annoncé. Moi Président, je ferai de la France une République bananière. Allez vive la République !

  • cyrgod le vendredi 17 mai 2013 à 11:30

    La mariage pour tous aujourd'hui, le vote pour tous demain et à quand le travail pour tous, le pouvoir d'achat pour tous, les bénéfices pour tous ? Ah le PS quel beau miroir aux alouettes et quelle belle bandes de défroqués et d'incompétents !

  • cyrgod le vendredi 17 mai 2013 à 11:27

    Il veut faire la leçon en Europe mais il n'est pas capable de la faire dans son propre pays ... Il a touché à la fiscalité (hausse d'impôts, TVA, CSG, CRDS, etc., en veux-tu en voilà alors qu'il affirmait ne pas en faire une seule pendant ses promesses présidentielles mais par contre il ne sait pas comment faire pour revoir les niches fiscales inefficaces et coûteuses, preuve de son incompétence charismatique et j'en passe ...

  • pversaul le jeudi 16 mai 2013 à 20:04

    Il a bel mine le François, aujourd'hui il faut qu'il explique aux français que ce qu'il a combattu au coté des syndicats, à savoir la réforme des retraites prônée par Sarkozy, allait revenir au premier plan ... en pire!

  • andrehub le jeudi 16 mai 2013 à 19:45

    j'ai lu le titre et ... MDR !!!!vous les jour na leux de la république démocratique de France RDF vous etes vraiment des bip !

  • chatnour le jeudi 16 mai 2013 à 18:40

    Quel bel oxymore, ce titre !

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