François Hollande à Gandrange en candidat des promesses tenues

le
0
FRANÇOIS HOLLANDE À GANDRANGE EN CANDIDAT DES PROMESSES TENUES
FRANÇOIS HOLLANDE À GANDRANGE EN CANDIDAT DES PROMESSES TENUES

par Gilbert Reilhac

GANDRANGE, Moselle (Reuters) - François Hollande et Martine Aubry ont choisi mardi la Lorraine industrielle et Gandrange, symbole des "promesses non tenues" de Nicolas Sarkozy, pour effectuer leur premier déplacement commun de la campagne des élections présidentielles.

Signe du caractère symbolique de l'événement, 160 journalistes suivaient le déplacement des anciens rivaux de la primaire socialiste.

"Gandrange est devenu un lieu symbole de l'abandon de l'emploi comme priorité, symbole de l'absence d'une politique industrielle et symbole d'un manquement à la parole donnée", a affirmé François Hollande, à l'issue d'une rencontre à la mairie avec les syndicalistes d'ArcelorMittal.

"Je ne souhaite pas qu'à Gandrange il y ait une deuxième plaque qui soit apposée pour le président qui n'aurait encore pas tenu ses promesses", a-t-il ajouté, en allusion à la stèle apposée par la CFDT devant l'aciérie, à quelques centaines de mètres de là, et récemment dérobée.

Elle rappelait la promesse sans lendemain faite par Nicolas Sarkozy, le 4 février 2008, au sein même l'usine. Le président avait affirmé que l'Etat investirait sur le site "avec ou sans Mittal", l'actionnaire majoritaire, pour empêcher la fermeture des installations et la suppression de plus de 500 emplois.

"Je ne suis pas venu ici pour laisser croire que, dès l'élection présidentielle, tout sera possible, mais pour dire que tout sera engagé, tout sera fait pour que nous ayons la clarté dans les objectifs et la mobilisation des moyens", a dit François Hollande.

Les syndicalistes d'ArcelorMittal ont fait savoir qu'ils ne se contenteraient pas de promesses.

"Des promesses, on en a plein les valises. On n'a pas plus confiance en lui (qu'en un autre candidat). On veut des actes", a dit Edouard Martin, représentant de la CFDT au sein du comité de groupe européen de l'entreprise sidérurgique.

EMPÊCHER LES FERMETURES D'USINES RENTABLE

Alors que les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine, ceux d'ArcelorMittal à Florange, sont à l'arrêt depuis six mois pour l'un, trois mois pour l'autre, il a demandé une loi qui permette à l'Etat d'empêcher la fermeture d'une usine rentable.

François Hollande s'est dit prêt à étudier la question.

"J'ai dit que nous allions réfléchir à l'outil législatif qui permettrait qu'il y ait saisine d'un tribunal et, par un jugement, l'obligation qui serait faite de céder cette unité au prix qui serait bien sur celui de la valeur des actifs", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Le député de Corrèze et la maire de Lille avaient d'abord visité une aciérie en activité, celle du groupe suédois Acker, qui fabrique des rouleaux pour les laminoirs du monde entier avec un effectif de 220 salariés.

Le candidat socialiste en a profité pour souligner les éléments d'une politique industrielle contenus dans son programme, tels que la création d'une banque publique d'investissement ou le renforcement des mesures fiscales en faveur de la recherche.

Il a brocardé le projet de TVA sociale, une mesure supposée alléger le coût du travail qui pourrait être présentée mercredi aux partenaires sociaux lors du "sommet de crise" voulu par Nicolas Sarkozy.

"Bien sûr, il faut essayer de produire au meilleur coût", a affirmé François Hollande en dénonçant la "concurrence déloyale" provoquée sur les marchés par le bas niveau du dollar et la non convertibilité du yuan chinois.

"Mais laisser croire qu'en baissant les charges des entreprises et en relevant le niveau de la TVA il serait possible de remettre la compétitivité des entreprises au niveau recherché, c'est une illusion", a-t-il affirmé.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant