François Fillon le 10 février 2012 à l'Elysée à Paris

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François Fillon a à son tour accusé vendredi sur RTL le candidat socialiste, François Hollande, de mentir et l'a décrit comme "un conservateur" et comme le "défenseur des acquis".Le président-candidat Nicolas Sarkozy a accusé jeudi son concurrent socialiste François Hollande de "mentir matin et soir" aux Français, lors de son premier meeting de campagne à Annecy (Haute-Savoie)."C'est malheureusement vrai" que M. Hollande ment, a renchéri le Premier ministre vendredi matin sur RTL."J'entendais encore hier (jeudi) François Hollande dire qu'on avait fait 70 milliards d'euros de cadeaux aux plus riches: personne n'est capable de documenter cette affirmation, c'est juste un mensonge!" a lancé M. Fillon. "Quand on demande aux socialistes où sont ces cadeaux, ils mettent pêle-mêle la taxe professionnelle, comme si c'était un cadeau aux plus riches, la TVA sur la restauration, comme si c'était un cadeau aux plus riches, les heures supplémentaires...", a-t-il énuméré.Selon lui, "quand on veut être président de la République, on ne peut pas baser sa campagne sur des mensonges".M. Fillon a également souligné que "la tradition du Parti socialiste est d'être toujours très à gauche dans l'opposition et plutôt libéral au pouvoir, sur les retraites, les privatisations..." Il a décrit M. Hollande comme le candidat qui "ne propose que de conserver les choses en l'état". "C'est un conservateur, le défenseur des acquis", a-t-il déclaré.François Fillon a également estimé sur RTL que le "bouclier fiscal", mesure emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, avait été "une décision inadaptée" avec l'émergence de la crise économique et financière. Le Premier ministre a regretté par ailleurs la tournure du débat sur l'identité nationale.Interrogé au sujet des propos du chef de l'Etat reconnaissant des erreurs depuis 2007, M. Fillon a rétorqué qu'on "commet toujours des erreurs, surtout sur une durée de cinq ans". "J'ai dit moi-même qu'on avait sans doute trop hésité à engager la baisse du coût du travail pour se rapprocher de l' Allemagne et de sa compétitivité", a-t-il réaffirmé, faisant référence notamment à la réforme de la TVA dite "sociale" que le gouvernement a finalement décidé de mener dans la dernière ligne droite."On a rencontré un certain nombre de blocages qui nous ont conduits à faire des réformes moins ambitieuses que celles que l'on souhaitait", a dit le Premier ministre. Il a aussi justifié la volonté manifestée par Nicolas Sarkozy d'organiser des référendums s'il est réélu afin, "sur certains sujets stratégiques", de "dépasser ces blocages".Questionné sur le bouclier fiscal, François Fillon, qui comme d'autres responsables de la majorité s'efforce de lutter contre l'image de "président des riches" dont la gauche affuble le chef de l'Etat, a jugé qu'il ne s'agissait pas d'une "erreur dans le contexte d'avant la crise". Mais "c'était une décision inadaptée a partir du moment où la crise nous amenait à augmenter un certain nombre d'impôts, à supprimer un certain nombre de niches fiscales et où le bouclier fiscal risquait de rendre injuste l'ensemble de ces décisions", a-t-il souligné.Le Premier ministre a, enfin, estimé que cela n'était "jamais une erreur de débattre de l'identité nationale". "Après, la manière dont (...) certains s'emparent du débat, dont certains le caricaturent, c'est une question qu'on peut se poser". "Mais ça n'est jamais une erreur de débattre de son identité", a-t-il ajouté.M. Fillon a par ailleurs assuré qu'il n'avait aucun problème avec la tonalité du début de campagne de M. Sarkozy. "On parle avec le président de la République plusieurs fois par jour de la campagne", a-t-il assuré, ajoutant qu'il ne s'occuperait pas, contrairement à 2007, du programme. "Aujourd'hui, il faut trouver des gens qui ont un esprit plus libre que moi, qui ai gouverné pendant cinq ans", a expliqué le chef du gouvernement. "La seule chose que je dis, c'est que la question du retour à l'équilibre n'est pas technique mais fondamentale", a souligné M. Fillon. Avec le chef de l'Etat, "on a des débats ensemble", a-t-il poursuivi. "On est différent et chacun l'avait remarqué", a-t-il conclu.

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  • M3101717 le vendredi 17 fév 2012 à 11:09

    Courage, Fillon !!! Vite !!