François Fillon invite les centristes à l'unité

le
0

ISSY-LES-MOULINEAUX, Hauts-de-Seine (Reuters) - François Fillon a lancé lundi un appel à l'unité de la majorité en proposant au Nouveau Centre (NC), dont le président Hervé Morin entend se présenter à la présidentielle de 2012, de travailler "le moment venu" à une plate-forme commune avec l'UMP.

Invité de la journée des parlementaires du NC, le Premier ministre a reconnu que le Centre avait le droit d'"établir en conscience une stratégie à l'approche de cette échéance" et de s'interroger sur une candidature, pour ajouter toutefois :

"On ne m'ôtera pas de l'idée que plus la majorité s'éparpille, plus l'électorat s'éparpille ; plus la majorité se cloisonne, moins ses réponses sont rassembleuses."

"Je recommande à ceux qui parmi vous militent pour une candidature Nouveau Centre de ne pas se précipiter, d'évaluer les défis qui pèsent sur la France, de jauger la situation électorale et l'évolution des rapports de force, de peser le poids des extrêmes, bref de s'assurer en tous points que le choix qui sera fait sera utile à la victoire", a-t-il encore dit.

Il s'est fait fort de souligner que l'ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, dont de nombreux centristes souhaitaient la présence à la présidentielle, avait «choisi de privilégier l'unité politique» en se retirant de la course à l'Elysée.

Le renoncement du président du Parti radical a changé la donne au sein de la majorité dans la mesure où Hervé Morin, qui plafonne à 2% dans les intentions de vote pour le premier tour, est handicapé par un sérieux manque de notoriété.

TENIR LA LIGNE

Plusieurs cadres du NC hostiles à sa candidature, comme le numéro deux du parti Jean-Christophe Lagarde, s'étaient rangés derrière Jean-Louis Borloo quand celui-ci était en lice.

Sans changer de position sur le fond, ils ont maintenant accepté qu'un congrès de la formation valide fin 2011 ou début 2012 la candidature qu'Hervé Morin devrait rendre publique en novembre, à charge pour lui de parvenir à décoller d'ici là dans les sondages.

François Fillon n'en a pas moins brandi une nouvelle fois la menace d'un « 21 avril à l'envers » où la droite ne serait pas présente au second tour de la présidentielle.

"Je ne sais pas si un 21 avril est possible. Mais ce que je sais, c'est que nous avons le devoir de tout faire pour le rendre impossible", a-t-il dit en soulignant que c'était surtout sur le fond sur les idées que les Français attendaient les partis politiques.

"Vous y travaillez, l'UMP y travaille aussi. Il faudra donc, le moment venu, engager un vrai débat pour fixer les lignes d'une plate-forme commune", a indiqué le Premier ministre, qui s'en est pris au programme "économiquement dangereux et socialement chimérique" des socialistes pour 2012.

A propos du deuxième tour de la primaire PS pour la présidentielle entre François Hollande et Martine Aubry, il a évoqué le risque d'une radicalisation de leur discours, déclarant : Nous verrons bien cette semaine si ceux qui se réclament de la social-démocratie ont le cran de tenir leur ligne ou s'ils sont prêts à céder aux surenchères de l'aile gauche."

Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant