François Fillon franchit le Rubicon mais continue de négocier

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FRANÇOIS FILLON OFFICIALISE SON GROUPE À L'ASSEMBLÉE NATIONALE
FRANÇOIS FILLON OFFICIALISE SON GROUPE À L'ASSEMBLÉE NATIONALE

PARIS (Reuters) - Le dialogue se poursuit entre Jean-François Copé et François Fillon pour tenter de résoudre la crise à l'UMP mais la défiance persiste, comme en témoigne l'entrée en scène mardi du groupe parlementaire dissident de l'ancien Premier ministre.

Le président proclamé de l'UMP et son adversaire, qui conteste une élection entachée selon lui d'irrégularités, ont entamé des négociations lundi, deux semaines après le scrutin du 18 novembre, pour trouver un compromis sur les modalités d'un nouveau vote.

Après deux rencontres en tête-à-tête dans le bureau du député de Paris à l'Assemblée, les rivaux se sont retrouvés mardi à 19h00 à l'abri des médias.

La discussion a duré environ une heure, a-t-on précisé de sources parlementaires, mais rien n'en a filtré, comme la veille. Un nouveau rendez-vous est prévu mercredi ou jeudi, a-t-on ajouté de mêmes sources.

"Ils ne parlent pas à leurs équipes", a expliqué à Reuters un proche de Jean-François Copé.

Le député européen Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, se veut optimiste. "Plus ils se voient, plus les positions se rapprochent et plus il y aura une solution qui sera proposée", a-t-il dit sur BFM TV. "Il y a depuis 48 heures des signaux positifs".

Jérôme Chartier, l'un des porte-parole de François Fillon, a déclaré lundi que "tout" était mis sur la table, s'agissant notamment du fonctionnement interne de l'UMP.

Si les deux hommes s'accordent sur la nécessité d'un nouveau vote, leurs positions paraissent irréconciliables sur le calendrier.

Jean-François Copé propose de remettre son mandat en jeu après les élections municipales de 2014. François Fillon juge cette échéance trop lointaine. Il souhaiterait un nouveau scrutin dans les trois mois.

UNE DIRECTION PARITAIRE?

L'idée d'une direction collégiale paritaire, qui refléterait le score serré du 18 novembre dans la répartition des postes, est désormais avancée par des fillonistes, dans l'attente d'une nouvelle consultation.

Les négociations devraient durer plusieurs jours et les deux parties ne se sont pas fixé de date-butoir, dit-on dans les deux camps, alors que la journée de mardi avait été présentée comme l'échéance de la dernière chance.

La "ligne rouge" redoutée et dénoncée par les "copéistes" a de fait été franchie par François Fillon, qui s'est installé à la tête de son groupe "Rassemblement-UMP", fort de 72 députés.

Nicolas Sarkozy avait enjoint vendredi aux deux adversaires de sortir de l'impasse dans les meilleurs délais. Mais il ne leur a pas posé d'ultimatum, dit-on dans son entourage.

Les 72 membres du "R-UMP" et les 122 de l'UMP n'ont pas fait "chambre à part" mardi comme les "fillonistes" le menaçaient. Ils se sont assis côte à côte mardi dans l'hémicycle et conserveront leurs places à l'avenir.

François Fillon a toutefois participé mardi matin à la conférence des présidents, où ont été entérinés temps de parole et autres modalités au bénéfice du "R-UMP".

Christian Jacob, le chef de file des députés UMP, avait multiplié les appels pour éviter à l'opposition de droite "le ridicule" d'une scission face aux railleries de la majorité de gauche. En vain.

LES "NON-ALIGNÉS" VIGILANTS

Lors de la séance des questions au gouvernement, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a manié l'ironie en réponse à une question de Christian Jacob.

"Monsieur le président du groupe UMP, c'est bien ça, je ne me suis pas trompé?", a-t-il lancé.

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée, a dénoncé une "manipulation des institutions".

François Fillon a assuré que son groupe, qu'il considère comme un outil de pression pour obtenir gain de cause, sera dissous dès qu'une solution acceptable sera trouvée.

Le "R-UMP" va désormais "vivre sa vie", a déclaré le député Lionel Tardy, soutien de l'ancien Premier ministre.

La rupture sera consommée mercredi, puisque le "R-UMP" a obtenu de poser deux questions en son nom, au détriment du groupe UMP qui ne pourra plus en poser que quatre.

"Il y aura un partage du temps de parole entre le groupe UMP et le groupe R-UMP avec une légère augmentation du temps pour les textes dans le cadre des discussions générales", a précisé le président de l'Assemblée, Claude Bartolone.

Le groupe dit des "non-alignés", emmené par Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, publiera mercredi dans Le Figaro un appel à la dissolution du "R-UMP".

Ces députés ont réclamé mardi un nouveau vote "dans les meilleurs délais" dans des conditions définies par le comité des Sages de l'UMP.

"Il faut faire attention à ce que cette crise ne se résolve pas, comme on en a eu l'habitude par le passé, par un petit arrangement entre amis", a déclaré Bruno Le Maire.

Emile Picy et Chine Labbé, édité par Sophie Louet

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  • nandfer le mardi 4 déc 2012 à 22:29

    ce combat ridicule finit par n'intéresser plus personne. Plus que de l'éceurement, devant les errements ds politiciens qui montrent bien leur face cachée. D'abord moi, avant l'intéret de mon groupe, et avant celui des citoyens qui les supportent.