François Fillon entend neutraliser la concurrence à droite

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FRANÇOIS FILLON VEUT NEUTRALISER LA CONCURRENCE À DROITE POUR 2017
FRANÇOIS FILLON VEUT NEUTRALISER LA CONCURRENCE À DROITE POUR 2017

par Sophie Louet

ROUEZ-EN-CHAMPAGNE, Sarthe (Reuters) - François Fillon a confirmé mercredi sa détermination à s'imposer comme "le" présidentiable à droite pour 2017 alors que ses fidèles instillent en cette rentrée politique l'idée que "Sarkozy, c'est du passé" et "Copé, pas l'avenir".

"Copé n'est pas un sujet, Sarkozy n'est plus un sujet. L'essentiel aujourd'hui, c'est la marche de François Fillon vers 2017", affirme le député UMP Jérôme Chartier, porte-parole du candidat à la primaire de 2016.

Les soutiens de l'ex-Premier ministre, dont plusieurs parlementaires, avaient été conviés à un séminaire de réflexion dans le bocage sarthois, trois jours après l'offensive de "reconquête" du président de l'UMP Jean-François Copé, qui s'est affranchi de la tutelle de Nicolas Sarkozy pour faire valoir ses propres visées élyséennes.

François Fillon a réaffirmé à cette occasion sa "détermination à toute épreuve" à briguer la présidence de la République en 2017 pour redresser la France au prix d'"une thérapie de choc".

"On n'est pas là pour accrocher un trophée supplémentaire à une carrière politique", a-t-il répété, alliant le devoir à l'envie.

François Fillon est "aujourd?hui le premier opposant", plaide un parlementaire. "Il est dans la politique active, Sarkozy n'est plus dans la politique active".

Le député de Paris, qui se défend pourtant de "griller les étapes", a franchi de fait un palier cette semaine dans son "cheminement".

En un scénario à l'américaine, il consent dans Paris Match à une rare intrusion dans sa vie privée, avec force mises en scène photographiques, pour installer sa candidature dans l'esprit des Français, intervient sur France 2 et organise un meeting de rentrée vendredi à Saint-Raphaël, avant la réunion de l'association des "Amis de Nicolas Sarkozy" à Arcachon (Gironde).

Autant de "chapelles" que d'ambitions pour les primaires de 2016 qui morcellent et fragilisent le premier parti d'opposition français où jamais le mot d'"unité" n'a été autant prononcé.

Le vice-président de l'UMP Luc Chatel, "copéiste" qui donne des signes de rapprochement avec le camp Fillon, était présent à l'Abbaye de Champagne, un édifice des XIIe et XIIIe siècles censé favoriser la réflexion et la convivialité.

Pas en prise de guerre, mais en héraut de l'unité, a-t-il assuré, alors que des "fillonistes" évoquaient auprès de journalistes des tensions présumées au sein de l'équipe du président de l'UMP et de futurs rapprochements de poids à leurs côtés.

"Certains pensent que l'unité est un moyen, moi je pense que c'est un objectif", a déclaré Luc Chatel en mettant en garde contre les divisions.

"UNE AVANCE DE FOU"

L'exercice relève de l'équilibrisme pour les « fillonistes » qui se posent en vecteurs du rassemblement alors que nombre d'entre eux disqualifient Jean-François Copé ("Tout le monde se rend compte qu'il n'est pas le meilleur") et marginalisent Nicolas Sarkozy.

"Nous ne sommes pas dans la situation des spectateurs d''En attendant Godot', mais tout le monde peut être utile", a ainsi grincé le sénateur Gérard Longuet .

"Il n'y a pas des écuries en compétition, il y a d'abord un collectif. Il ne faut pas que les trajectoires individuelles prédominent d'ici à 2016", plaide sans ciller l'ancien ministre Eric Woerth, qui assistera avec Christian Estrosi, autre "filloniste", à la réunion des Amis de Nicolas Sarkozy.

Mais pour Jérôme Chartier, "l'UMP est devenue une machine électorale, comme le Parti républicain américain ; 2016, ce sera une bataille d'écuries et Fillon a pris une avance de fou".

L'ancien Premier ministre s'est engagé mercredi à donner à la droite républicaine et au centre "le corpus idéologique qui lui fait défaut", "une certaine idée de la politique faite de lucidité et de courage". Des ateliers thématiques sont prévus en octobre.

C'est au nom de cette "lucidité" et ce "courage" que François Fillon a de nouveau foulé le terrain miné de "l'inventaire" du quinquennat Sarkozy sur lequel Jean-François Copé a prudemment empiété à la mi-août.

"Nous avons souvent péché par prudence, par empirisme, par conviction aussi", a-t-il déclaré dans son discours d'ouverture .

L'ancien ministre des Finances François Baroin, qui a fait part de son soutien renouvelé à François Fillon, a fait pourtant entendre sa différence : "Je ne m'excuse de rien ce que nous avons fait. (?) Nous sommes allés aussi loin que possible", a-t-il jugé.

Le "chemin" de François Fillon ne se fera pas sans cahots.

Edité par Gérard Bon

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