François Fillon enrôle Christian Estrosi pour conquérir l'UMP

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CHRISTIAN ESTROSI SOUTIENT FRANÇOIS FILLON
CHRISTIAN ESTROSI SOUTIENT FRANÇOIS FILLON

PARIS (Reuters) - L'ancien ministre Christian Estrosi a apporté mardi son soutien à François Fillon dans la course à la présidence de l'UMP, une prise de poids pour l'ancien Premier ministre qui est favori des sondages pour le scrutin des 18 et 25 novembre.

Déniant un ralliement, mot qu'il "déteste", le député-maire de Nice, qui envisageait d'être lui-même candidat, a salué la "loyauté exemplaire" de l'ancien Premier ministre envers Nicolas Sarkozy et affirmé qu'il était le mieux à même de favoriser "une vague bleue" aux élections municipales de 2014.

"Il y a des hommes qui mieux que d'autres incarnent l'idée que je me fais de l'Etat, de la Nation", a-t-il ajouté, sans jamais évoquer l'échéance présidentielle de 2017.

Dans cet échange d'amabilités, lors d'une conférence de presse conjointe à son siège de campagne, à Paris, François Fillon a rendu hommage au "militant gaulliste" qui mena plusieurs combats à ses côtés, notamment contre le traité de Maastricht.

"C'est un élu de terrain sur lequel je compte beaucoup pour engager (...) la reconquête des territoires", a-t-il dit après une nouvelle charge contre la "paralysie" du nouveau pouvoir.

"Nous avons estimé avec Christian que les problèmes de personnes, les nuances qu'il peut y avoir entre les uns et les autres, tout ça ne comptait pas face à cette question de l'intérêt national", a poursuivi François Fillon.

Dans une élection dont les adhérents à jour de cotisation (évalués à environ 264.000) détiennent la clé, le ralliement du secrétaire général de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, représente un avantage tactique pour le député de Paris.

La fédération UMP des Alpes-Maritimes, que dirigent Christian Estrosi et Michèle Tabarot, choisie avec Luc Chatel pour le "ticket" rival de Jean-François Copé, est en effet la troisième en termes de militants (12.500 en 2011) après Paris et les Hauts-de-Seine.

Christian Estrosi a apporté mardi avec lui les quelque 4.000 parrainages qu'il a recueillis sur les 7.924 nécessaires d'ici au 18 septembre pour pouvoir concourir. "C'est l'allié que j'accueille avec bonheur, pas ses parrainages", a souligné François Fillon.

François Fillon comptait déjà dans ses rangs le bras droit de Christian Estrosi, le député Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui avait créé la surprise en prenant les rênes de sa campagne. Les relations s'étaient depuis tendues entre Eric Ciotti, présent mardi, et son ancien mentor.

UNE CAUTION SARKOZYSTE

Christian Estrosi, 57 ans, qui fut le ministre de l'Industrie de François Fillon de juin 2009 à novembre 2010, confère en outre à l'ex-Premier ministre une caution sarkozyste opportune.

François Fillon est critiqué dans son camp pour s'être récemment démarqué de Nicolas Sarkozy, qui reste très populaire auprès des sympathisants UMP, alors que son principal adversaire Jean-François Copé se pose plus que jamais en héritier de l'ancien président.

La conférence de presse conjointe entre les deux nouveaux alliés a été convoquée en hâte mardi, le jour où le secrétaire général de l'UMP était invité à Neuilly-sur-Seine pour un "café politique" par Jean Sarkozy, le fils cadet de l'ancien président de la République, qui devrait convier les autres prétendants dans les semaines à venir.

Henri Guaino, qui s'est lancé lundi contre toute attente dans la course à la présidence de l'UMP pour faire pièce au "tête-à-tête" Fillon-Copé, reproche à l'ancien Premier ministre de prendre ses distances avec Nicolas Sarkozy, dont il fut la plume. Un "ticket" Guaino-Estrosi avait un temps été évoqué.

Autre ministre sarkozyste à avoir rallié François Fillon, Eric Woerth a estimé mardi sur Canal+ que François Fillon était "le premier des sarkozystes". Un titre que l'intéressé a dit mardi accepter "avec honneur".

On ignore pour l'heure quelle sera la place du maire de Nice dans le dispositif Fillon, dont le "ticket" devrait être constitué d'Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. François Fillon a assuré qu'il jouerait "un rôle très important dans la campagne".

Les adhérents éliront un président mais aussi un vice-président et un secrétaire général pour trois ans lors du congrès de novembre.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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