François Fillon critique l'abstention du PS sur le MES

le
0

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, François Fillon, a qualifié mardi de "faute grave" la décision des députés socialistes de s'abstenir lors du vote du texte ratifiant le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Les députés ont adopté par 261 voix contre 44 le projet de loi relatif au MES et par 256 voix contre 44 celui ratifiant la décision du Conseil européen de modifier l'article 136 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne qui concerne le mécanisme de stabilité pour les Etats membres dont la monnaie est l'euro.

Seuls les groupes UMP et du Nouveau centre ont voté ces deux textes présentés par Jean Leonetti, ministre des Affaires européennes.

Le groupe socialiste s'est abstenu alors que celui du Front de gauche (PC et Parti de gauche) et les élus écologistes ont voté contre de même que Nicolas Dupont-Aignan (divers droite, "souverainiste").

"Le MES est une étape, c'est un moyen mais comme il est conditionné dans son usage à la signature du traité, nous nous abstiendrons", avait indiqué Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS, dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

"Pour nous, ce qui est important, c'est que nous obtenions des garanties sur la manière de faire, sur l'orientation des politiques européennes, dans le sens de la croissance, du développement mais aussi de la solidarité", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre, qui était devant le groupe UMP, a aussitôt critiqué cette abstention des socialistes.

"Le refus des socialistes de voter le MES est une faute grave qui démontre leur sectarisme", a-t-il déclaré, selon plusieurs députés UMP. "Ils préfèrent fragiliser la zone euro que de voter avec la majorité", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement a répété ses critiques à l'adresse des socialistes un peu plus tard lors de la séance des questions au gouvernement.

"Ces traités sont de ceux qui font grandir la France et l'Europe. Ceux qui refuseraient ces avancées prendraient le risque de mettre en péril l'Europe et la France", a dit Jean Leonetti.

"Le mécanisme que vous nous proposez est une machine de guerre contre les peuples", a répondu Roland Muzeau (PC), le président du groupe du Front de gauche.

Les deux textes seront examinés par le Sénat, où la gauche est majoritaire, le 28 février. Ils seront définitivement adoptés par le Parlement français avant le 6 mars, date à laquelle députés et sénateurs suspendent leurs travaux pour cause de campagne électorale.

Emile Picy, édité par Marine Pennetier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant