François Fillon affiche ses ambitions pour 2017

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LA PRÉSIDENTIELLE 2017, POINT DE MIRE POUR FRANÇOIS FILLON
LA PRÉSIDENTIELLE 2017, POINT DE MIRE POUR FRANÇOIS FILLON

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - François Fillon, qui a fait jeudi étape à Strasbourg dans sa campagne de candidat à la présidence de l'UMP, a clairement affiché ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2017 assorties d'un programme de réformes "radicales".

L'ancien Premier ministre, qui avait déjà affirmé que le prochain congrès de l'UMP, fin novembre, constituerait des "primaires avant l'heure" pour le principal parti de droite a été encore plus clair dans la capitale de l'Alsace.

"Je parle le langage de la vérité et je refuse l'hypocrisie", a-t-il lancé sans citer son principal rival, l'actuel secrétaire général du parti, Jean-François Copé, qui refuse de donner un tel sens à la compétition sans cacher ses propres ambitions élyséennes.

"Tout responsable d'un parti politique a vocation à être candidat à une primaire à l'élection présidentielle. Ça a toujours été comme ça sous la Ve République", a ajouté François Fillon devant une centaine de parlementaires et de cadres du mouvement, dont une moitié l'accompagnaient depuis Paris en TGV.

"Diriger un parti politique, ce n'est pas un but en soi", a encore affirmé le député de Paris, délivré depuis la veille de son plâtre, dû à une fracture du pied, après une chute de scooter, fin juillet en Italie, mais non de ses béquilles.

François Fillon a atténué ses propos en rappelant qu'il y aurait des "étapes" : les élections locales de 2014 et les primaires au sein de l'UMP qu'il a promises "exemplaires" s'il était élu à la présidence de l'UMP.

Accueilli par Philippe Richert, l'un de ses soutiens et seul président UMP d'une région française, François Fillon s'est posé en rassembleur, voire en sauveur de la France, dans une posture gaullienne assumée.

REDRESSER UNE FRANCE EN DÉCLIN

Face à un parti socialiste qui n'a pas, selon lui, mesuré l'ampleur de la crise, "un moment de l'histoire de notre pays où la France et le continent européen sont en situation de déclin", il en a appelé à un rassemblement très large, au-delà des partis, pour mener des réformes "radicales".

"Ma seule ambition c'est de construire autour de l'UMP un grand rassemblement qui aille de ceux qui sont les plus à droite à ceux qui sont les plus au centre et même au centre gauche", a-t-il précisé.

"C'est comme ça que les choses se sont passées en 1958 (quand le général de Gaulle a été appelé à la tête de l'Etat, en pleine guerre d'Algérie). C'est comme ça qu'elles se sont passées chaque fois que la France a eu un vrai rendez-vous avec l'Histoire", a affirmé François Fillon.

L'ancien locataire de Matignon a également rappelé qu'il n'avait "pas d'adversaire" à l'UMP, personne n'occupant la présidence que le parti avait laissé vacante après l'accession de Nicolas Sarkozy au sommet de l'Etat.

"Je ne suis pas candidat au secrétariat national de l'UMP", a-t-il ironisé en promettant de débattre avec les autres candidats "d'une façon sereine et dans un esprit de franche camaraderie".

Outre Jean-François Copé, seuls Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l'Ecologie, et Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Agriculture, se sont à l'heure actuelle déclarés et tentent de réunir les près de 8.000 parrainages de militants requis. Ils ont d'ailleurs accepté le principe d'un débat télévisé sur France 2.

François Fillon, qui était notamment accompagné de ses trois lieutenants, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Eric Ciotti, a toutefois promis une accélération prochaine de sa campagne.

"Dans quinze jours, je vais marcher et donc, dans quinze jours, on va entrer à fond dans la campagne", a-t-il assuré.

Edité par Yves Clarisse

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