François Delgorgue (Finance SA) : « Nous restons optimistes sans être naïfs »

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En reprenant quatre fonds de Robeco Gestions, Finance SA renforce son offre dans la gestion quantitative explique François Delgorgue, directeur général de Finance SA, qui reste confiant dans la capacité de rebond des marchés actions.

Finance SA vient d'annoncer la reprise de quatre fonds de Robeco Gestions : deux fonds éligibles au PEA (Robeco Small Cap Euro et Robeco Actions France) et deux fonds diversifiés « quantitatifs » (Robeco Sélection Dynamique et Robeco Active Quant Allocation) car Robeco préfère se recentrer en France sur des activités de distribution. La société que vous dirigez va doubler la taille de ses encours et comptera désormais sept fonds. Quel est l'intérêt de cette opération dans le contexte actuel ?

François Delgorgue : Historiquement, Finance SA exerce deux activités : la gestion de fonds et la gestion privée. Nous avons en particulier un savoir-faire reconnu en matière de gestion diversifiée et une démarche de précurseur en gestion quantitative. Or, les fonds de Robeco Gestions dont nous reprenons la gestion s'inscrivent bien dans notre volonté de renforcer le caractère quantitatif et systématique de notre gestion. A ce titre, Finance Patrimoine, l'un des premiers fonds diversifiés et flexibles en France créé en 2001, fait l'objet d'une évolution de son process de gestion. De discrétionnaire, il devient quantitatif et systématique. En effet, les méthodes quantitatives pointues permettent de mieux prendre en compte la volatilité des marchés.

La gestion quantitative serait-elle plus efficace pour protéger les portefeuilles en temps de crise ?

F.D : La gestion quantitative permet de mieux se prémunir contre le comportement de plus en plus erratique des marchés. A ce titre, Finance Patrimoine rebaptisé Patrimoine QUANT a pour objectif de réaliser une performance absolue moyen-long terme d'Eonia +4%.

En tant que gérant, quel est votre scénario principal face à la crise qui secoue les marchés ?

F.D : Nous restons optimistes sans être naïfs pour autant. Le risque d'une conflagration globale existe mais les dirigeants européens et les organismes supranationaux parties prenantes prendront les mesures proactives pour éviter une aggravation trop brutale de la situation qui n'est dans l'intérêt de personne. La solution ne peut être que globale, bien au-delà de la recapitalisation d'une partie du système bancaire européen.

Si l'on écarte le scénario catastrophe, faut-il se repositionner sur les marchés actions étant donné les faibles niveaux de valorisation ?

F.D: Effectivement, la valorisation des marchés actions est basse mais seulement dans la perspective d'un rebond de la croissance. A ce titre, les niveaux de PER n'ont pas grande signification si les perspectives bénéficiaires des entreprises venaient à chuter. Pour autant, certaines valeurs peu endettées disposent d'une visibilité relativement bonne, ce qui est propice aux opportunités d'investissement...

Des exemples ?

F.D : Je citerais Rubis, le stockiste de produits pétroliers et chimiques, qui a réussi son développement à l'international ainsi qu'Orpéa qui est prête, selon nous, à changer de statut boursier. L'exploitant de maisons de retraite dispose d'une taille critique pertinente au niveau européen pour capter le marché actuel des seniors. Or, Orpéa était jugée par les investisseurs comme une valeur trop endettée et offrant trop peu de création de valeur. Mais le changement est en train de s'opérer. Les cash flow générés vont mécaniquement permettre une diminution du gearing.

Et parmi les valeurs du CAC 40 ?

F.D : Nous restons très positifs sur des valeurs comme LVMH, Air Liquide ou Danone qui tirent profit de la croissance mondiale. Nous croyons aux valeurs de consommation qui vont bénéficier de la montée en puissance des consommateurs des pays émergents. A ce titre, il serait plus juste de parler de pays émergés.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • MAM34090 le mardi 19 juin 2012 à 19:06

    Seuls les résultats compteront. Rendement garanti supérieur au livret A ou pas ?