François Chérèque quittera la tête de la CFDT fin novembre

le
0
FRANÇOIS CHÉRÈQUE QUITTERA LA TÊTE DE LA CFDT FIN NOVEMBRE
FRANÇOIS CHÉRÈQUE QUITTERA LA TÊTE DE LA CFDT FIN NOVEMBRE

PARIS (Reuters) - François Chérèque a annoncé mardi qu'il quitterait la tête de la CFDT fin novembre après dix années comme secrétaire général, pour laisser la place à son numéro deux Laurent Berger, qu'il présente comme le candidat "pressenti" pour lui succéder.

"La période me paraît propice à ce passage de relais", dit-il dans une lettre aux militants du syndicat.

"Une alternance politique a eu lieu en France. La CFDT a su imprimer sa marque dans les débats (...) le travail avec le gouvernement est maintenant bien lancé", ajoute-t-il dans cette lettre mise en ligne sur le site internet de la centrale.

François Chérèque n'avait pas caché son intention de ne pas aller au bout de son troisième mandat de secrétaire général, qui court jusqu'en 2014. Il a annoncé sa décision mardi matin devant le bureau national, a indiqué une porte-parole.

Il invoque aussi dans sa lettre des raisons personnelles : "Je ne voudrais pas faire l'année de trop, le match de trop comme disent les sportifs, au risque de ternir ces années passionnantes passées ensemble".

"Dix ans à la tête de la CFDT, c'est enthousiasmant, enrichissant mais également épuisant. A 56 ans, j'aspire aussi à évoluer professionnellement et à retrouver un peu de tranquillité personnelle et familiale", indique-t-il.

Le secrétaire général estime encore que "la CFDT va bien, sa cohésion s'est renforcée ces dernières années et elle est prête à se donner un nouveau porte-parole."

RÉÉLU À DEUX REPRISES

Fils de Jacques Chérèque, un ancien responsable de la CFDT devenu ministre de François Mitterrand, François Chérèque a succédé en 2002 à Nicole Notat comme secrétaire général après avoir dirigé la fédération santé du syndicat.

Il a été réélu à deux reprises, en 2006 et 2010, pour des nouveaux mandats de quatre ans.

L'annonce de son départ intervient au moment où la CGT, le grand rival de la CFDT, se déchire sur la succession de son secrétaire général, Bernard Thibault. En poste depuis début 1999, ce dernier aurait souhaité que Nadine Prigent, ancienne responsable de la fédération santé, lui succède en 2013.

Mais il a été mis en minorité en mai par la Commission exécutive nationale, le "gouvernement" de la CGT, plusieurs grandes fédérations appuyant la nomination d'Eric Aubin, le spécialiste des retraites de la centrale.

Faute de compromis entre les deux camps, l'idée d'un candidat tiers étranger au bras de fer en cours serait envisagé, le nom de Thierry Lepaon, ancien responsable de la CGT chez Moulinex, aujourd'hui au CESE (Conseil économique, social et environnemental), étant avancé dans la presse.

A la CFDT, Laurent Berger devrait être intronisé lors d'une assemblée générale prévue les 28 et 29 novembre. Secrétaire général adjoint depuis le printemps dernier, la candidature de cet ancien responsable CFDT dans les Pays de Loire, âgé de 44 ans, ne fait l'objet d'aucune opposition en interne.

François Chérèque l'avait mis en orbite comme successeur potentiel en le faisant entrer au bureau national en 2009.

Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant