François Bayrou se donne le temps de la réflexion

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François Bayrou se donne le temps de la réflexion
François Bayrou se donne le temps de la réflexion

PARIS (Reuters) - L'heure du choix a sonné pour François Bayrou, qui, après un échec cinglant dimanche au premier tour de la présidentielle, promet qu'il prendra ses "responsabilités" dans le duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Donnera-t-il une consigne de vote ou optera-t-il pour la neutralité comme en 2007? Ses proches eux-mêmes affirment ne pas avoir la réponse.

Passée l'amertume du revers - le candidat centriste a divisé par deux, avec 9,13% des voix, son score de 2007 -, François Bayrou se donne le temps de la réflexion, à l'écoute des deux finalistes du scrutin.

"On va observer le déroulement de ce deuxième tour et puis ensuite, je prendrai mes responsabilités quand le moment sera venu", a réaffirmé le centriste lundi.

"Je ne sais pas quels événements nous pouvons vivre, mais il me semble que le débat du deuxième tour est un moment où on va découvrir des choses", a-t-il dit à des journalistes devant son QG de campagne.

Le débat entre François Hollande et Nicolas Sarkozy devrait se dérouler le 2 mai.

Le président du Mouvement Démocrate (MoDem) s'est engagé à porter une décision "collégiale" mais ses soutiens n'étaient pas en mesure d'éclaircir ses intentions dimanche soir.

Certains ont cru déceler dans sa brève allocution de dimanche l'assurance qu'il donnerait une consigne de vote d'ici au 6 mai, date du second tour, alors qu'il avait choisi de ne pas se prononcer en 2007 entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, entraînant la désertion de la majorité de ses députés. Il avait confié plus tard avoir voté blanc.

UNE LETTRE AUX FINALISTES

"Je vais m'adresser aux deux candidats sélectionnés pour le deuxième tour. Je vais leur dire ce qui est pour nous l'essentiel, en termes de valeurs, en termes d'actions à conduire", a expliqué François Bayrou dimanche soir.

Une lettre sera adressée à cet effet aux deux candidats, a indiqué par la suite Marielle de Sarnez, conseillère politique de François Bayrou.

En juillet 2011, le député béarnais, qui renvoie dos à dos les candidats UMP et PS, avait affirmé à des journalistes qu'il proposerait "un choix clair" en 2012 s'il n'était pas finaliste.

"Pour l'instant, je ne peux pas dire que l'un des deux m'ait convaincu qu'il avait la bonne trajectoire pour le pays", a-t-il commenté lundi.

Pour le député européen Jean-Luc Bennahmias, vice-président du MoDem, le choix est acquis : voter François Hollande, dont le programme économique est pourtant jugé "insoutenable" par le MoDem.

"François Bayrou a raison de prendre la position qu'il prend, c'est-à-dire de prendre du temps, car c'est un homme d'Etat. Moi, je redis que je voterai François Hollande. Pour moi, c'est très simple, c'est beaucoup plus compliqué pour François Bayrou", déclarait-il lundi à Reuters.

Au Mouvement Démocrate, la ligne dominante serait "voter blanc" - dont François Bayrou demande la reconnaissance - ou "voter Hollande".

PLUS HOLLANDE QUE SARKOZY?

Selon Le Nouvel Observateur, des élus centristes, sous l'égide d'Olivier Henno, membre du bureau exécutif du MoDem, s'apprêteraient à diffuser une lettre appelant à élire le candidat socialiste.

"Il faut le dire clairement : François Hollande est pour nous le président qu'il faut à la France pour retrouver ses valeurs, celles de la République, celle d'une grande démocratie humaniste", est-il écrit dans ce "document de travail".

D'après une enquête Ipsos réalisée à l'issue du premier tour, François Hollande bénéficierait au second tour de 33% des voix des électeurs bayrouistes, Nicolas Sarkozy de 32%. Trente-cinq pour cent de ces électeurs ne se prononcent pas.

Pour Jean-Luc Bennahmias, ancien secrétaire national des Verts, la balle est dans le camp de François Hollande.

"J'attends des paroles par rapport à ce qu'on a dit avec François Bayrou pendant la campagne sur l'idée de rassemblement d'une force réelle d'union nationale, au même niveau que ce qui a été fait à la fin de la guerre avec le Conseil national de la résistance", explique-t-il.

"C'est ça qui fait que François Bayrou accélèrera ou pas sa prise de position", juge l'eurodéputé.

Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, a écarté tout geste particulier à l'égard des trois millions d'électeurs qui ont voté pour François Bayrou, mais Pierre Moscovici, son directeur de campagne, a fait valoir lundi une proximité entre le socialiste et le centriste.

"Il me semble que dans le plus fort de ce que porte François Bayrou, cette exigence de moralisation, il y a quelque chose qui est radicalement incompatible avec le sarkozysme", a-t-il dit lors d'un point de presse.

François Bayrou, qui avait qualifié Nicolas Sarkozy d'"enfant barbare" dans son pamphlet "Abus de pouvoir" (2009), n'est pas amène avec le président sortant, même s'il a modéré ses critiques.

Des centristes le pressent pourtant de le rejoindre dans le combat contre la crise économique. Ainsi le président du Nouveau Centre Hervé Morin, un ancien compagnon de route, ou François Zocchetto, président du groupe centriste au Sénat, qui juge "impossible, dans un contexte de crise, de voter pour le candidat socialiste".

Réponse de Marielle de Sarnez à ces invites des deux bords: "Nous sommes indépendants, nous sommes libres".

Sophie Louet avec Elizabeth Pineau et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • xDamx le lundi 23 avr 2012 à 18:12

    @LeRaleur - Dire qu'il est "inutile" alors que près d'un électeur sur dix a voté pour lui, c'est vraiment un commentaire de cour de récréation. Il a fini 3ème en 2007, il a mis sur le devant de la scène des thématiques fortes à chaque présidentielle (produire en France, réduction de la dette, moralisation de la vie politique, place de la France dans le monde, etc.) : ce sont des sujets qui sont repris par les autres candidats à chaque fois, preuve qu'il n'est pas si inutile que cela...

  • M6784830 le lundi 23 avr 2012 à 17:50

    Bayrou pour qui se prend-t-il il n'a pas su tenir son camp, ses propositions sa moralisation, il fallait entendre les sarcasmes contre la droite, s'il veut vivre sur le passé, le centre ne pése rien.Il ne doit pas parler pour les gens de son partie. Il avait qu'à adhérer aux socialistes, qui ne lui aurait laisser aucune place.Sa médiocrité c'est qu'il en veut tellement à Sarkozy, qu'il est vert de rage.

  • M6437502 le lundi 23 avr 2012 à 17:41

    Il réfléchit beaucoup,mais n'agit jamais!

  • LeRaleur le lundi 23 avr 2012 à 16:40

    Bayrou l'inutile, MDR.