François Bayrou joue son va-tout à Pau

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FRANÇOIS BAYROU JOUE SON VA-TOUT À PAU
FRANÇOIS BAYROU JOUE SON VA-TOUT À PAU

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Après deux échecs en 1989 et 2008, le président du MoDem François Bayrou livre de nouveau bataille à Pau qu'il ambitionne de ravir à la gauche pour reprendre pied sur la scène nationale et, qui sait, se relancer pour la présidentielle de 2017.

L'ex-troisième homme de la présidentielle de 2007, désavoué sur ses terres aux législatives de 2012 après avoir voté François Hollande, veut croire à un retour face au député-maire socialiste de Mourenx David Habib qui prend le relais de Martine Lignières-Cassou - la maire sortante ne se représente pas.

Depuis qu'il a recommencé à arpenter les rues de la cité du roi Henri IV, François Bayrou mène une campagne locale, loin du déferlement médiatique des précédents scrutins que nombre de Palois lui reprochaient. En 2008, 342 voix le séparaient de Martine Lignières-Cassou.

Désormais, il est catégorique : s'il est élu maire de la capitale du Béarn lors des municipales des 23 et 30 mars, il le sera à "100%".

"L'élection présidentielle n'est pas dans mon viseur", souligne-t-il, sans convaincre David Habib, qui affirme que "les électeurs ne sont pas dupes".

Le socialiste, préféré au premier adjoint sortant André Duchateau après l'intervention du premier secrétaire du PS, Harlem Désir, estime être "l'homme de la situation" et ne cache pas des divergences avec Martine Lignières-Cassou en affirmant vouloir lutter contre "le déclassement" de Pau.

"Je suis persuadé que j'incarne le Béarn mieux encore que François Bayrou", dit l'élu issu d'une famille juive tunisienne.

Face à lui, le dirigeant centriste, fort des échecs et des malentendus passés, sait qu'une défaite à Pau signerait l'épilogue de sa croisade politique.

LE RALLIEMENT SURPRISE DU CANDIDAT UMP

Le destin, cet allié si versatile auquel il veut toujours croire, pourrait avoir décidé d'un nouveau chapitre. Son adversaire UMP à l'élection législative de 2012, Eric Saubatte, a renoncé à défendre ses couleurs pour rejoindre sa liste. Puis trois adjoints socialistes sortants ont fait alliance.

L'initiative a fait bondir Jean-François Copé qui reproche à François Bayrou, comme plusieurs responsables de l'opposition, ses diatribes contre Nicolas Sarkozy et sa "traîtrise" de la présidentielle de 2012.

Mis devant "le fait accompli", le président de l'UMP ignore ostensiblement le président du MoDem, qui a toutefois reçu le soutien des anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon.

"L'éveil de Pau va passer par François Bayrou", a lancé le 8 mars le maire de Bordeaux lors d'un meeting commun avec le candidat MoDem-UDI-UMP.

La capitale béarnaise a perdu 5.000 habitants en cinq ans.

Selon un sondage Ipsos-Steria diffusé le 6 mars, François Bayrou l'emporterait avec 55% des voix contre 45% à David Habib au second tour. Même dans l'hypothèse d'une triangulaire avec Yves Urieta, ancien maire socialiste de la ville et candidat sans étiquette, il s'imposerait avec 46%, contre 40% au socialiste et 14% à Yves Urieta.

Le représentant du Front national Georges Pachtère, crédité de 8% des intentions de vote, devancerait d'un point le candidat du Front de gauche Olivier Dartigolles et de deux points la candidate Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Eurydice Bled. Le candidat sans étiquette Mehdi Jabrane n'obtiendrait que 2%.

Pour François Bayrou c'est le signe que Pau, à gauche depuis 42 ans, "veut tourner la page" et que la ville "adhère à la volonté de changement" qu'il entend incarner.

(Edité par Sophie Louet)

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  • lompala le vendredi 14 mar 2014 à 12:28

    C'est cruel, mais moi aussi j'espère que monsieur "peut être bien que oui, peut être bien que non", va entrer au garage !!

  • blbryvsg le vendredi 14 mar 2014 à 12:14

    Il est grand temps de l'emmener chez le véto pour le faire piquer, celui-là. Une vraie calamité.

  • lilian92 le vendredi 14 mar 2014 à 12:08

    Celui qui avait appelé à voter pour Hollande, j'espère qu'il va perdre ! C'est un traître.Il a été ministre de l'éducation nationale, il n'a absolument rien fait.Qu'il prenne sa retraite, ce sera mieux pour les Français !

  • frede331 le vendredi 14 mar 2014 à 11:17

    On espere tous qu'il va perdre et qu'il tombe au plus vite dans les oubliettes de l'histoire d'ou il n'aurait jamais du sortir