"Franche" discussion entre Kerry et Poutine à Sotchi

le , mis à jour à 20:38
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(Actualisé avec ministère russe des Affaires étrangères § 5-6-7) par Arshad Mohammed et Denis Dyomkin SOTCHI, Russie, 12 mai (Reuters) - John Kerry a eu mardi à Sotchi une discussion "franche" avec Vladimir Poutine au sujet du conflit ukrainien, de la Syrie et de l'Iran. Avant d'entamer son entretien avec le président russe, le secrétaire d'Etat américain a été reçu par le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, avec qui il a discuté pendant plus de quatre heures. "Discussions franches avec le président #Poutine & MAE #Lavrov sur des questions clés telles que #IranTalks (négociations sur le programme nucléaire iranien, ndlr), #Syrie, #Ukraine", écrit-il sur Twitter. "Important d'entretenir le dialogue entre les USA et la #Russie dans la gestion des grands problèmes mondiaux", ajoute-t-il. Le secrétaire d'Etat américain est le plus haut responsable américain reçu en Russie depuis le début des grandes manifestations en Ukraine fin 2013, qui ont entraîné le départ du président Viktor Ianoukovitch et précédé le conflit séparatiste dans l'Est. La crise a conduit Washington à imposer des sanctions à des personnalités et à des entités russes accusées de soutenir les rebelles. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères rapporte que Lavrov a déclaré à son interlocuteur que les "tentatives de pression (sur la Russie) via des sanctions menaient à une impasse". "La coopération n'est possible que sur la base de l'équité et de l'égalité, sans volonté de dicter ni de contraindre", a-t-il poursuivi. PARLER DU NUCLÉAIRE IRANIEN "Par le dialogue, il est possible de trouver le moyen de normaliser la situation et d'accroître la coordination sur les problèmes internationaux", a quant à lui déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, avant le début de la rencontre Kerry-Poutine. "La Russie n'a jamais été à l'origine du refroidissement des relations", a-t-il assuré. Les relations bilatérales se sont détériorées notamment depuis mars 2014, quand la Russie a annexé la péninsule de Crimée, qui était ukrainienne depuis 1954. Moscou, de son côté, accuse Washington d'avoir orchestré la chute du président prorusse Ianoukovitch et favorisé l'avènement de nouveaux dirigeants pro-occidentaux à Kiev. Depuis la conclusion des accords de Minsk II, à la mi-février, Washington reproche aux Russes de ne pas avoir retiré de l'est de l'Ukraine leur matériel lourd, comme des batteries antiaériennes, des chars et de l'artillerie. S'il n'y a pas actuellement de signes manifestes d'une évolution de la position russe dans les dossiers ukrainien et syrien, les autorités américaines espèrent que les récents revers militaires de l'armée syrienne pourraient conduire Moscou, allié au régime de Bachar al Assad, à changer d'attitude. Les insurgés syriens se sont emparés en avril de la ville de Djisr al Choughour, dans le nord-ouest de la Syrie, un mois après avoir pris celle d'Idlib, dans la même province. L'entourage de John Kerry estime en outre qu'il était important de rencontrer Vladimir Poutine pour discuter de l'état d'avancement des négociations sur le nucléaire iranien, qui visent à conclure un accord définitif au plus tard le 30 juin, dans la foulée de l'accord-cadre du 2 avril. (Eric Faye, Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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