France-Vote d'une indemnisation pour les mineurs grévistes de 1948

le
2

PARIS, 28 octobre (Reuters) - L'Assemblée nationale a voté mardi une indemnisation des mineurs du Nord-Pas-de-Calais licenciés à la suite d'une grève dure en 1948, comme s'y était engagée la garde des Sceaux Christine Taubira. Un amendement en ce sens a été adopté dans le cadre de l'examen par les députés des crédits de son ministère pour 2015, qui reconnaît le caractère "discriminatoire et abusif" de leur licenciement. Le texte a été voté par l'ensemble de la gauche. Des élus de l'opposition comme l'UMP Etienne Blanc, rapporteur des crédits de la justice, ont regretté que ne soient pas évoqués dans cet amendement les mineurs du Pas-de-Calais qui avait mené en 1941 une grève durement réprimé par les forces d'occupation allemandes. Une trentaine de survivants, pour la plupart nonagénaires, ou leurs ayants droits vont pouvoir ainsi bénéficier d'allocations réparatrices qui seront fixées par l'Agence nationale de garantie des droits des mineurs. En octobre 1948, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais s'étaient mis massivement en grève pour protester contre des décrets relatifs à leur statut et à leur salaire minimal. Le ministre de l'Intérieur socialiste de l'époque, Jules Moch, avait fait appel aux forces de l'ordre pour réprimer le mouvement, qui s'était soldé par plusieurs morts dans les rangs des grévistes et plus d'un millier de condamnations à des peines de prison pour "atteinte à la liberté de l'industrie et du travail". Près de trois mille avaient été licenciés et expulsés de leurs maisons appartenant aux Houillères du Nord et du Pas-de-Calais. Les grévistes ont été amnistiés en août 1981 et ont récupéré des droits à pension en 1984. L'amendement voté prévoit notamment une allocation forfaitaire de 30.000 euros pour chacun des mineurs survivants et de 5.000 par enfant. La ministre de la justice a précisé que cette mesure allait entrainer un surcoût de 700.000 euros pour l'Agence nationale de garantie des droits des mineurs. Les crédits de la justice, y compris l'amendement sur les "gueules noires", seront examinés dans le courant du mois de novembre par le Sénat. (Emile Picy, édité par Yann le Guernigou)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M6197799 le mercredi 29 oct 2014 à 12:38

    Et si Jules Moch avait eu raison ?

  • charleco le mardi 28 oct 2014 à 20:53

    Et les victimes de la Saint-Bartélémy?