France-Victoire du "oui" à Notre-Dame-des-Landes

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    * Une participation de plus de 51% 
    * L'avis est consultatif mais l'Etat a promis de le suivre 
    * Les opposants "zadistes" veulent continuer la lutte 
 
 (Avec résultats définitifs, réactions) 
    par Guillaume Frouin 
    NANTES, 26 juin (Reuters) - Le "oui" au transfert de 
l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, au nord de 
l'agglomération, l'a emporté dimanche lors de la consultation de 
la population de Loire-Atlantique, selon les résultats 
définitifs communiqués par la préfecture. 
    Les partisans du projet ont recueilli 55,17% des voix, avec 
une participation de 51,08%.  
    Sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, le "non" est arrivé 
en tête avec 73,57% des 1.150 suffrages exprimés. Mais dans une 
des deux communes qui accueillent l'actuel aéroport, 
Saint-Aignan-de-Grandlieu, la proportion est pratiquement 
inversée. 
    Quelque 967.000 électeurs du département étaient appelés à 
donner leur avis. Un avis "consultatif" selon la loi mais que le 
chef de l'Etat, François Hollande, et le Premier ministre, 
Manuel Valls, se sont engagés à suivre. 
    Le président socialiste du conseil départemental de 
Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, a appelé Europe 
Ecologie-Les Verts, qui milite pour l'abandon du projet, à 
respecter le résultat de cette consultation inédite. 
    "J'attends de savoir où seront les vrais démocrates", a dit 
le président Les Républicains du conseil régional des Pays de 
Loire, Bruno Retailleau, autre partisan du transfert. 
    "La volonté démocratique qui vient de s'exprimer doit 
permettre la réalisation de ce transfert dans la sérénité, la 
sécurité et le respect de l'État de droit", a renchéri la maire 
socialiste de Nantes, Johanna Rolland, qui a qualifié ce projet 
d'"essentiel" pour le développement économique de la région. 
    Les occupants de la "zone d'aménagement différé" (ZAD) 
réservée à ce projet d'aéroport, qu'ils ont rebaptisée "zone à 
défendre", avaient pour leur part annoncé qu'ils ne partiraient 
pas, quel que soit le résultat de la consultation.  
    Position confirmée dimanche soir dans un communiqué du 
mouvement anti-aéroport, après les résultats du vote. 
     
    LES "ZADISTES" VEULENT CONTINUER LA LUTTE 
    "Le cadre, le processus et le contenu de cette consultation 
étaient fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une 
série de mensonges d'Etat et radicalement inéquitable", lit-on. 
"Il ne s'agissait pour nous que d'une étape dans la longue lutte 
pour un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes." 
    "Cette lutte se poursuit dès ce soir", ajoutent les 
"zadistes", qui jurent de continuer à habiter, cultiver et 
protéger la zone "avec la plus grande énergie" et appellent à un 
rassemblement "massif" sur place les 9 et 10 juillet. 
    La victoire du "oui" pourrait malgré tout entraîner une 
révision du projet pour faire passer le futur aéroport de deux à 
une piste. Mais pour le gouvernement, une victoire du "non" 
aurait eu des implications beaucoup plus lourdes. 
    Le groupe Vinci  SGEF.PA , dont la filiale Aéroports du 
Grand Ouest (AGO) a obtenu la concession, entend en effet 
obtenir des compensations en cas d'abandon du projet. 
    La convention passée entre l'Etat et AGO en décembre 2010 
prévoit le versement d'indemnités au concessionnaire en cas de 
résiliation du contrat. 
    Ces indemnités, précise la convention, devraient notamment 
comprendre l'intégralité des dépenses engagées par Vinci, les 
indemnités que le groupe devrait verser à ses prestataires et le 
manque à gagner pour cause d'abandon du projet. 
    "Tout cumulé, ça peut faire 15 à 20% du coût de 
l'infrastructure", déclarait en février un spécialiste du droit 
public des affaires, sous couvert de l'anonymat. 
    La convention entre l'Etat et AGO évalue le prix de revient 
de l'aérodrome de Notre-Dames-des-Landes à 408 millions d'euros, 
toutes dépenses confondues et hors taxe, valeur janvier 2009. 
    Cela ferait donc, rien que pour Vinci, une indemnité de 60 à 
80 millions d'euros. A quoi il faudrait ajouter celles, de 
moindre importance, à verser aux autres entreprises impliquées. 
 
 (Avec Sybille de La Hamaide, édité par Emmanuel Jarry) 
 

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