France-Vers une nouvelle formation des imams

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    PARIS, 11 octobre (Reuters) - Trois universitaires ont été 
chargés mardi de remettre d'ici décembre au gouvernement des 
préconisations pour mettre en place une nouvelle offre de 
formation des imams de France, qui devrait voir le jour en 
septembre 2017.  
    La création de diplômes d'islamologie, pour aller au-delà 
des formations à la laïcité déjà proposées dans 17 grandes 
universités à de futurs imams et aumôniers, avait été annoncée 
fin août dans le cadre des travaux pour un "islam de France".  
    L'islamologue Rachid Benzine, l'historienne Catherine 
Mayeur-Jaouen et la juriste Mathilde Philip-Gay ont été reçus 
mardi au ministère de l'Intérieur par Bernard Cazeneuve et sa 
collègue de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.  
    L'objectif de leur mission est "d'améliorer l'offre de 
formation accessible aux imams de France au sein des universités 
françaises, dans le strict respect de la laïcité", écrivent les 
deux ministres dans un communiqué commun.  
    Après avoir soutenu la création de diplômes universitaires 
offrant des formations "civiles et civiques" (17 à ce jour), le 
gouvernement souhaite "franchir une nouvelle étape en suscitant 
la création, au sein des universités publiques, de centres ou de 
cursus d'excellence en islamologie", ajoute le texte. 
    "Ces formations devront notamment pouvoir être suivies par 
de futurs imams français en complément du parcours qu'ils 
accomplissent au sein d'instituts privés de théologie, mais 
aussi par tous les étudiants intéressés par ces questions dans 
une optique purement profane", ajoute-t-il.  
    Bernard Cazeneuve a lancé fin août des consultations avec 
des représentants de la communauté musulmane, de la société 
civile et des parlementaires pour donner un nouvel élan à la 
construction d'un "islam de France".   
    Une Fondation pour l'islam de France, présidée dans un 
premier temps par l'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre 
Chevènement, devrait voir le jour d'ici novembre, et une 
association cultuelle dirigée par des musulmans sera chargée du 
financement des mosquées et de la formation théologique des 
imams. 
    Souvent formés seuls ou à l'étranger, les imams de France ne 
parlent pas toujours français et ont des profils très 
hétérogènes. Des religieux respectés, formés dans les meilleurs 
instituts ou autodidactes, côtoient des prêcheurs 
"autoproclamés", l'imamat n'étant régi par aucun statut.  
    Plusieurs centaines d'entre eux sont envoyés en France pour 
de courtes durées par des Etats étrangers comme la Turquie, 
l'Algérie et le Maroc. 
 
 (Chine Labbé, édité par Jean-Baptiste Vey) 
 
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