France-Vers une dégradation de la situation des retraités

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* Vers un départ effectif à la retraite à 64 ans * Le COR confirme l'hypersensibilité du système à la conjoncture PARIS, 15 décembre (Reuters) - Le système de retraite français ne pourra revenir à l'équilibre financier, à législation égale, qu'au prix d'une dégradation de la situation relative des retraités et d'un prolongement de la durée d'activité, estime le Conseil d'orientation des retraites (Cor) dans un rapport qui sera rendu public mardi. Les projections actualisées du Cor, dont Reuters a obtenu une copie, font apparaître des perspectives financières globales un peu moins négatives que ses prévisions de fin 2012, sur lesquelles le gouvernement s'est appuyé pour élaborer la réforme des retraites de janvier 2014. A court terme, le Cor prévoit, sur la base des prévisions macro-économiques du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015, un déficit de l'ensemble des régimes passant de 9,3 milliards d'euros en 2014 à huit milliards en 2018. Ce chiffre cache cependant d'importantes disparités : le déficit des régimes de base passerait de 3,6 milliards d'euros en 2013 à 1,4 milliard en 2018, alors que celui des retraites complémentaires continuerait à se creuser pour atteindre 5,5 milliards en 2018. (voir aussi le rapport alarmiste de la Cour des Comptes sur l'Agirc et l'Arrco ID:nL6N0TZ1RF ) L'amélioration du solde des régimes de base provient d'une légère hausse du taux de prélèvement global et de l'amélioration du rapport entre le nombre des cotisants et celui des retraités, du fait de l'allongement de la durée de cotisation. "Ces résultats ne doivent pas nécessairement conduire à la conclusion qu'il n'y aura pas de problème de retraite en cas de croissance économique soutenue", souligne cependant le Cor, qui prévoit au demeurant un besoin de financement de 0,3% à 0,5% de PIB pendant les années 2010-2020. HYPERSENSIBILITÉ Même dans le scénario retenu par le gouvernement pour la réforme de 2014, jugé optimiste, avec un chômage à 4,5% en 2030-2040 et une évolution de la productivité du travail de 1,5% par an, le retour à l'équilibre a un prix, souligne le Cor. Il ne serait envisageable à la fin des années 2020, à législation inchangée, qu'avec un relèvement de l'âge effectif moyen de départ à la retraite d'environ trois années, de 61 ans aujourd'hui à 64 ans à la fin des années 2030. Le prix en serait aussi une diminution de 22% du ratio entre pension et revenu d'activité moyens entre 2013 et 2060. Dans les scénarios les moins favorables, cette dégradation de la situation relative des retraités atteint même 31%. Le rapport confirme l'hypersensibilité du système français de retraites à la conjoncture économique. Selon les scénarios étudiés par le Cor, des plus optimistes aux plus pessimistes, les dépenses de retraites varient entre 11,3% et 14,9% du PIB à l'horizon 2060, au lieu de 14% en 2013, alors que les ressources du système se stabilisent entre 13% et 13,3% du PIB, contre 14% l'an dernier. Le Cor a en outre introduit dans ses projections des paramètres économiques plus conformes aux réalités constatées, dont l'hypothèse d'un chômage maintenu à 10% jusqu'en 2060, qui conduirait à une dégradation supplémentaire du solde du système des retraite de 0,5% du PIB en 2040 et de 0,3% en 2060. De même, un solde migratoire positif de 50.000 personnes par an au lieu de 100.000 entraînerait une dégradation du solde financier du système de retraite de 0,3 à 0,4 point de PIB vers la fin des années 2040, estime le Conseil. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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