France-Vers un léger rebond des emprunts des collectivités

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    * Les collectivités françaises ont réduit leurs emprunts en 
2015 
    * Un niveau de dette qui reste modéré au niveau 
international 
    * Une baisse des investissements qui se poursuit 
 
    PARIS, 10 février (Reuters) - Le recours à l'emprunt des 
collectivités locales françaises devrait légèrement progresser 
cette année, autour de 17,5 milliards d'euros, à la faveur d'une 
épargne brute un peu moins dégradée qu'anticipé, estime Standard 
& Poor's. 
    Il augmenterait encore à environ 19 milliards en 2017, 
prévoit l'agence de notation dans une étude publiée mercredi. 
    Elle constate que les collectivités françaises ont emprunté 
l'an passé 16,7 milliards d'euros, sensiblement moins que le 
montant de 18 milliards attendu à l'origine et qui était celui 
de 2014. 
    Selon S&P, les hausses attendues cette année et l'an 
prochain seraient dues pour l'essentiel au bloc communal 
(municipalités et intercommunalités), qui emprunterait 9,5 
milliards en 2016 puis 11 milliards en 2017 contre neuf 
milliards en 2015. 
    Avec des tombées annuelles d'emprunts qui devraient rester 
stables autour de 13 à 14 milliards d'euros sur la période, 
l'encours de dettes des collectivités françaises continuerait 
dès lors sa progression graduelle pour s'inscrire à 154-155 
milliards fin 2017. 
    Il représenterait alors 80% de leurs recettes de 
fonctionnement, contre 74% fin 2015, un niveau qui, par 
comparaison internationale, "resterait modéré", indique S&P. 
    En raison de la poursuite de la baisse des dotations de 
l'Etat, S&P anticipe des baisses des recettes de fonctionnement 
des collectivités locales françaises de l'ordre de 0,3% cette 
année puis 0,4% l'an prochain, alors qu'elles ont augmenté de 
1,2% sur la période 2012-2015 et de 3,6% entre 2008 et 2011. 
     
    LA CHUTE DES INVESTISSEMENTS SE POURSUIT 
    Cette prévision se fonde sur une hausse de 1% par an en 
moyenne de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, 
une des principales taxes perçues par les collectivités, et une 
"utilisation modérée" du levier fiscal. 
    Parallèlement, les exécutifs locaux poursuivraient leurs 
efforts sur les dépenses de fonctionnement, dont la progression 
serait proche de 1,5%, contre 2% estimé en 2015. 
    Dès lors, la pression sur l'épargne brute des collectivités, 
la différence entre les recettes et les dépenses de 
fonctionnement, devrait s'accentuer pour passer sous 10% du 
total des recettes en 2017, soit trois points de moins qu'en 
2015 et sept de moins par rapport au début de la décennie. 
    Mais S&P s'attend parallèlement à une aggravation de la 
baisse de leurs investissements qui devrait se poursuivre en 
2016 au même rythme que ces deux dernières années (-6%) avant de 
ralentir en 2017 (-3,5%). 
    Cette baisse permettra de limiter les tensions financières, 
plus sensibles au niveau de certains départements, l'échelon 
territorial pour lequel l'effet de ciseau budgétaire est le plus 
prononcé. 
    L'agence de notation anticipe enfin le maintien de 
conditions de financement favorables, avec sans doute un recours 
un peu plus fort (15% contre 12% en 2015) au marché obligataire 
maintenant que les obligations émises par les collectivités 
locales sont éligibles au programme de rachats d'actifs de la 
Banque centrale européenne. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet) 
 
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