France-Vers un compromis sur le dialogue social sans CGT ni FO

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* CFDT, CFTC, CFE-CGC, MEDEF et UPA se rapprochent * CGT, FO et CGPME campent sur leurs positions * Le gouvernement veut lever des verrous à l'embauche PARIS, 16 janvier (Reuters) - La voie d'un compromis sur la refonte du dialogue social, sans la CGT ni Force ouvrière, et peut-être sans le syndicat des patrons de PME, semblait se dessiner vendredi à la reprise des négociations entre les partenaires sociaux au siège du Medef. La séance a commencé avec retard pour permettre à la principale organisation patronale de mener des consultations et de peaufiner une nouvelle mouture de son projet d'accord. "Ça se décante", a estimé le vice-président de la CFTC, Joseph Thouvenel, après une réunion bilatérale avec le Medef. "A priori, certaines propositions écrites que nous avons apportées semblent recevables (par le Medef)", a-t-il ajouté. La négociatrice de la CFDT, Marylise Léon, qui a aussi rencontré en bilatérale les négociateurs du Medef a jugé Joseph Thouvenel "peut-être un peu optimiste". Elle a estimé qu'il y aurait certes des avancées dans le prochain texte patronal mais que ça ne serait sans doute pas le texte définitif. La CFDT, la CFTC, ainsi que la CFE-CGC, paraissent cependant prêtes à la fusion proposé par le Medef de toutes les instances représentatives du personnel (IRP) au sein d'un unique conseil d'entreprise dans les sociétés de 11 salariés et plus. Mais ces syndicats exigent que tous les moyens et prérogatives des IRP existantes soient transférés au CE et que cette fusion ne se solde pas par une réduction draconienne des représentants du personnel et des heures de délégation. Ils s'inquiètent notamment de ce qu'il adviendra des prérogatives du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), appelé à disparaître en tant que tel. Le négociateur du Medef, Alexandre Saubot, a promis que "l'intégralité des prérogatives et des moyens d'action des trois instances (existantes)" seraient "maintenues et transférées à l'instance unique". POUR LA CGPME C'EST "NON" Marylise Léon avait salué jeudi comme une "vraie victoire" le fait que le Medef envisage désormais une forme de représentation du personnel des très petites entreprises (TPE) de moins de 11 salariés. ( ID:nL6N0UU2BZ ) Cette évolution, exigée par les syndicats, se heurtait jusqu'ici à une forte résistance au sein du Medef, qui a finalement préféré prendre les devants plutôt que de laisser le gouvernement légiférer sur cette question. La CGPME, qui tient son assemblée générale le 21 janvier, change de président et est en concurrence pour représenter les PME avec le Medef, y reste en revanche catégoriquement opposée. "S'il y a des avancées (...) une fois de plus les contreparties seront données par les TPE-PME", a déclaré sa négociatrice, Geneviève Roy. "Si c'est le cas, c'est non." La CGT et Force ouvrière, qui n'ont pas eu de discussions bilatérales avec les négociateurs du Medef après la séance de jeudi, campent pour leur part sur leur rejet des propositions patronales, qu'elles jugent défavorables aux salariés. "Nous considérons qu'il y a un rejet de nos propositions", a déclaré la négociatrice de FO, Marie-Alice Medeuf-Andrieu. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a jugé sur LCI inacceptable en l'état celles du Medef. "Je ne vois pas aujourd'hui un syndicat signer cela sauf s'il adhère au Medef." Dans un document d'orientation envoyé fin juillet au patronat et aux syndicat, le gouvernement avait dit vouloir faire du dialogue social un outil "plus efficace au service de la compétitivité des entreprises". Mais l'exécutif, en quête d'une martingale pour enrayer le chômage, voit aussi dans sa simplification et sa refonte un moyen de "lever des verrous" à l'embauche. "D'un côté, le patronat doit comprendre qu'une meilleure représentation des salariés dans les PME est indispensable. De l'autre, chacun doit admettre la nécessité de lever un certain nombre de verrous et de réduire les effets de seuil", déclarait en août François Hollande, dans une interview au Monde. (Emmanuel Jarry, éditent par Yves Clarisse)

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