France-Vers l'extradition du Kazakh Abliazov

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(Actualisé avec communiqué BTA et détails) PARIS, 4 mars (Reuters) - La Cour de cassation a rejeté mercredi les pourvois formés par l'oligarque et opposant kazakh Mouktar Abliazov contre un avis favorable à son extradition vers l'Ukraine et la Russie, ouvrant la voie à la partie administrative de la procédure. Le 24 octobre dernier, la cour d'appel de Lyon avait donné son feu vert à son extradition, avec une priorité à la demande russe, mais Mouktar Abliazov s'était pourvu en cassation. Son pourvoi ayant été rejeté, cet avis est définitif. Pour que son extradition ait lieu, il faudra toutefois qu'elle soit décidée par décret gouvernemental. Si un décret est pris, un recours devant le Conseil d'Etat sera par ailleurs possible, ce qui suspendrait la procédure. "Je suis extrêmement déçue parce que je pense qu'il y a un vrai problème si Monsieur Abliazov est renvoyé en Russie et en Ukraine", a déclaré à Reuters son avocate Me Claire Waquet. "Ceci dit, c'est un avis, la décision n'est pas prise, elle est entre les mains du gouvernement qui peut parfaitement prendre en considération ce que nous avons toujours fait valoir jusqu'ici, à savoir les risques réels, qui sont des risques factuels, pas des risques juridiques", a-t-elle ajouté. L'Ukraine et la Russie soupçonnent Mouktar Abliazov d'avoir détourné plus de six milliards de dollars lorsqu'il dirigeait la banque BTA BTAS.KZ , dont il a été l'actionnaire majoritaire avant que l'Etat la nationalise. Mais ses avocats, qui le décrivent comme "la dernière force d'opposition" au président Noursoultan Nazarbaïev, estiment que les deux pays agissent "en faux-nez du Kazakhstan". LA BTA SATISFAITE Mouktar Abliazov, qui a fui son pays en 2009 quand sa banque a été nationalisée et déclarée en faillite, nie toute fraude. La BTA a salué dans un communiqué la décision de la Cour de cassation, "essentielle" selon elle pour lui permettre "de retrouver les milliards de dollars détournés". L'avocat de la banque en France, Me Antonin Levy, a estimé que la Cour mettait ainsi un terme aux "tentatives" du Kazakh "d'échapper à la justice grâce à ses manoeuvres juridiques". C'est la deuxième fois que la plus haute juridiction française se prononce sur le sort de Mouktar Abliazov. En avril 2014, elle avait cassé un arrêt favorable de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, renvoyant son cas à Lyon. Après avoir quitté son pays, l'oligarque et opposant politique kazakh s'est d'abord réfugié en Grande-Bretagne, où il a obtenu l'asile politique, puis a fui en 2012 ce pays où il a été condamné à 22 mois de prison pour outrage à magistrat. Arrêté le 31 juillet 2013 dans les Alpes-Maritimes, il est depuis incarcéré en France. L'ancien champion du monde d'échecs et opposant politique russe Garry Kasparov l'a soutenu à plusieurs reprises, appelant la justice française à ne pas se faire "honte" dans cette affaire. ID:nL6N0S93X9 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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