France-Vaste escroquerie aux fausses assurances vie

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STRASBOURG, 5 février (Reuters) - Un nouveau type d'escroquerie faisant miroiter le legs d'une assurance vie à des proches d'un défunt se développe en France? où une centaine de victimes ont été recensées depuis 2012, a-t-on appris auprès de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Nancy. Soixante-dix d'entre elles ont mordu à l'hameçon et versé sur un compte ouvert à l'étranger des sommes requises au titre de 'cotisations' pour bénéficier de l'argent promis. Le préjudice total déclaré se monte à 1,2 million d'euros. "Les victimes sont contactées par téléphone par une personne se présentant comme avocat spécialisé dans le droit des successions. L'escroc annonce à son interlocuteur qu'il est bénéficiaire d'une assurance vie souscrite à l'étranger par le défunt, d'un montant de l'ordre de 200.000 à 300.000 euros", précise la Jirs dans un communiqué. Le stratagème est élaboré. "C'est un peu la même chose que l'escroquerie aux faux ordres de virement visant les entreprises, rapporté aux particuliers", souligne le vice-procureur Mathieu Fohlen. S'agissant des faux ordres de virement, des comptables d'entreprise sont contactés au téléphone par de prétendus membres de leur direction générale, société mère ou avocat conseil à son service, avant d'être enjoints de virer une somme d'argent en urgence à l'étranger. Dans le cas des assurances vie, le pseudo-avocat affiche un nom fleurant le plus souvent la vieille France tel que Marc de la Villardiaire, Charles de la Roche ou Gérald de Courcheville. FAUX SITES INTERNET Il dispose d'un site internet tout aussi faux que son patronyme et s'est renseigné sur la personnalité du défunt et de son héritier. La future victime est invitée à lui fournir par fax ou par mail divers documents d'identité, puis à ouvrir un compte bancaire dans un pays limitrophe de la France. Une fois mis en confiance, le présumé bénéficiaire doit effectuer des virements, sous prétexte de cotisations, sur d'autres comptes à l'étranger pour des montants qui sont allés de 6.000 à 100.000 euros selon les cas. La victime est d'autant plus vulnérable qu'elle hésite à évoquer la situation avec ses proches ou à dénoncer les faits à la justice. "Vous fraudez le fisc français et vous lésez vos frères et s½urs qui pourraient prétendre à l'héritage", explique le magistrat. Le nombre de victimes réelles -- dont aucune ne sera poursuivie, précise-t-il -- pourrait dès lors être plus important. Quant aux escrocs, qui s'expriment dans un français parfait et sans accent, l'enquête, ouverte depuis l'été 2014 à Nancy, n'a pas encore permis de les localiser. Tout juste sait-on que certaines adresses internet utilisées sont passées par des serveurs israéliens. (Gilbert Reilhac, édité par Yann Le Guernigou)

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  • rodan3 le jeudi 5 fév 2015 à 15:48

    incroyable le nombre de neux-neux qu'il peut y avoir sur terre pour se faire avoir comme çà !! c'est dingue

  • M3064430 le jeudi 5 fév 2015 à 15:09

    L'Afrique de l'Ouest est très douée pour cela (Nigéria en premier)