France-Valls veut légiférer sur le salaire des patrons

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    * Valls estime que le code de conduite ne fonctionne pas 
    * Macron fait entendre une voix dissonante par rapport à 
Valls 
 
 (Avec Macron) 
    PARIS, 19 mai (Reuters) - Manuel Valls a déclaré jeudi qu'il 
fallait légiférer "maintenant" sur les salaires des dirigeants 
des grandes entreprises mais son ministre de l'Economie Emmanuel 
Macron a estimé que, s'il s'agit de les plafonner, ce serait un 
erreur de passer par la loi si la France agit seule. 
    "Nous avons fait le choix dans un premier temps de mettre 
les entreprises face à leurs responsabilités, en l'occurrence le 
patronat. Force est de constater que cela n'a pas été respecté, 
donc maintenant il faut légiférer ", a dit le Premier ministre 
sur RTL. 
    "Bien sûr", a-t-il répondu à la question de savoir s'il 
approuvait l'amendement adopté mercredi par la commission des 
Affaires sociales de l'Assemblée nationale visant à rendre 
obligatoire, dans le cadre d'un encadrement des rémunérations 
des patrons, le respect des votes des assemblées générales des 
actionnaires sur la question. 
    L'amendement, qui prévoit en outre de plafonner ces 
rémunérations, a été déposé par le député Front de gauche Gaby 
Charroux en réaction à la décision du conseil d'administration 
de Renault de passer outre à un vote négatif des actionnaires du 
constructeur automobile sur le salaire du PDG Carlos Ghosn. 
  
    La loi Sapin 2 sur la transparence de la vie économique, que 
le Parlement s'apprête à examiner, devrait comporter un autre 
amendement préparé par le rapporteur PS du texte, Sébastien 
Denaja, qui obligerait toute hausse de rémunération des patrons 
à être approuvée en assemblée générale. 
    François Hollande avait relancé le débat mardi en souhaitant 
une telle procédure  . 
    Libération publie jeudi un appel de 40 personnalités, parmi 
lesquelles le président de l'Assemblée nationale Claude 
Bartolone, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger et 
celui de la CGT Philippe Martinez, ou encore Nicolas Hulot qui 
demande au gouvernement de légiférer pour qu'un patron ne 
perçoive pas plus de 100 Smic. 
     
    "UN MAUVAIS SUJET POUR LA LOI" 
    Manuel Valls a souligné la nécessité d'éviter les risques 
d'"inconstitutionnalité" en la matière, ajoutant : "Mais cet 
appel montre bien le chemin qu'il faut prendre."  
    "Il faut donner aux actionnaires davantage de pouvoir pour 
que ceux qui s'augmenteraient ces rémunérations puissent devant 
leurs actionnaires revenir sur ces décisions si c'est 
nécessaire", a-t-il encore dit.  
    Emmanuel Macron a estimé pour sa part que le plafonnement 
des rémunérations des grands patrons était "un mauvais sujet 
pour la loi", surtout si la France se lançait seule sur la 
question. 
    "On vit dans un pays où les gens sont sensibles à ça. Je 
pense que c'est un vrai sujet, il faut que ça continue à être un 
sujet de débat (...) mais je pense que c'est un mauvais sujet 
pour la loi", a dit le ministre, qui s'exprimait devant les 
professionnels du capital investissement. 
    "Je ne pense pas que le législateur dans un seul pays puisse 
dans un monde ouvert considérer qu'il y a un plafond de 
rémunération. Je pense que cela reste la décision de 
l'entreprise et des actionnaires (...) simplement il faut que ça 
se passe dans des conditions de gouvernance satisfaisantes", 
a-t-il ajouté . 
    "Le mettre dans la loi est une voie qui, si elle n'existe 
qu'en France, n'est pas soutenable". 
    Mais le ministre a indiqué que, passer outre au vote des 
actionnaires sur un tel sujet, "est décridibilisant pour toute 
la place". 
    "Ma conviction est que le monde économique a des 
responsabilités qui ne sont pas que financières (...) c'est au 
monde économique de montrer qu'il est à la hauteur de cela sinon 
celles et ceux qui proposent aujourd'hui une loi seront 
légitimes dans quelques temps à la faire". 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • M999141 il y a 7 mois

    Tant qu'il y est, qu'il s'occupe des rémunérations des politiques, qui cumulent les mandats et sont payés, même quand ils sont absents. Qu'il en profite pour aligner leur régime de retraites sur celui des sans dents

  • M940878 il y a 7 mois

    qu'il légifère sur les régimes spéciaux qui , eux, sont entrain de couler la France